April 29, 2015 / 6:38 AM / 3 years ago

La maire de Baltimore vivement critiquée après les émeutes

BALTIMORE (Reuters) - La maire de Baltimore est sous le feu des critiques pour la lenteur de la réaction policière aux émeutes dans la principale ville du Maryland, lundi, qui ont vu des magasins pillés, des immeubles détruits et 20 policiers blessés.

Devant la mairie de Baltimore. La maire de Baltimore s'est retrouvée mardi sous le feu des critiques pour la lenteur de la réaction policière aux violentes émeutes de la veille dans la principale ville du Maryland, où des magasins ont été pillés, des immeubles détruits et 20 policiers blessés. /Photo prise le 28 avril 2015/REUTERS/Sait Serkan Gurbuz

Le gouverneur républicain du Maryland, Larry Hogan, qui a décrété l’état d’urgence dans Baltimore, a dit avoir appelé lundi plusieurs fois la maire, la démocrate Stephanie Rawlings-Blake, mais qu’elle avait attendu trois heures après le début des violences pour demander la Garde nationale.

Elles ont été déclenchées à l’occasion des funérailles d’un jeune Noir de 25 ans, Freddie Gray, décédé le 19 avril des suites d’une fracture des vertèbres cervicales survenue lors de son arrestation par la police de Baltimore.

La mort de Freddie Gray a relancé l’indignation du public qui s’étaient déjà ému l’an dernier après la mort de plusieurs noirs non armés, notamment à Ferguson dans le Missouri et à New York.

Pendant près d’une semaine après la mort de Freddie Gray, les manifestations avaient été pacifiques. Mais lundi, la nuit de violences et d’incendies s’est soldée par la destruction de 19 bâtiments, 144 véhicules. Une personne est dans un état grave.

Selon un bilan fourni par la police de Baltimore le nombre de policiers blessés depuis lundi se monte à 20. Il a été procédé à 250 interpellations, dont au moins 34 de mineurs.

La police n’est pas tout de suite intervenue, se contentant dans un premier temps de regarder quand les émeutiers ont commencé à mettre le feu à des véhicules.

Mardi, les manifestants, en majorité pacifiques, se sont massés devant les rangs des forces de l’ordre. Un accès de violence d’un homme isolé a été contré par du gaz poivre de la police. Le rassemblement s’est ensuite dispersé.

Les écoles étaient fermées mardi à Baltimore, ainsi qu’un certain nombre d’administrations et d’entreprises. Des bénévoles armés de balais nettoyaient les rues sous le regard de dizaines de policiers en tenue anti-émeute tandis que des pompiers travaillaient à éteindre les braises.

En fin de journée, comme annoncé la veille, le couvre-feu nocturne est entré en vigueur et policiers et membres de la Garde nationale sont intervenus pour disperser quelques centaines de manifestants rassemblés à un carrefour de l’ouest de la ville qui avait été le théâtre d’émeutes lundi.

La petite foule a répliqué en lançant des bouteilles et en huant les policiers qui commençaient à avancer dans leur direction. Au-dessus d’eux, des hélicoptères de la police appelaient eux aussi à la dispersion.

EXAMEN DE CONSCIENCE

Barack Obama a annoncé s’être entretenu avec le gouverneur du Maryland et la maire de Baltimore. “Il n’y a pas d’excuse pour le genre de violence que nous avons vu hier”, a déclaré le président des Etats-Unis. “C’est contre-productif.”

Le chef de la Maison blanche a également indiqué que les problèmes constatés à Baltimore et ailleurs n’étaient pas nouveaux et qu’ils concernaient toute la population.

“Nous ne pouvons nous contenter de laisser faire la police. Il me semble qu’il y a des services de police qui doivent faire leur examen de conscience. Je pense qu’il y a certaines communautés qui doivent faire leur examen de conscience. Mais, nous, en tant que pays, devons (aussi) faire notre examen de conscience. Ce n’est pas nouveau. Cela dure depuis des décennies”, a dit Barack Obama.

Le couvre-feu nocturne que la maire a décidé doit rester en place une semaine.

“C’est un exercice d’équilibre très délicat, où nous devons nous assurer que nous gérons les problèmes mais que nous ne les aggravons pas”, a déclaré Stephanie Rawlings-Blake, mardi à la presse. Cette Afro-américaine de 45 ans a grandi à Baltimore, ville de 620.000 habitants située à 65 km environ de Washington.

Selon les spécialistes de la sécurité, la ville aurait dû être mieux préparée à une flambée de violence.

“Dans ces circonstances aussi tragiques que celles avec M. Gray, je pense que la ville devait s’attendre à quelque chose de grave”, a déclaré Michael Balboni, un ancien de la sécurité intérieure.

Freddie Gray a été arrêté le 12 avril alors qu’il tentait de s’enfuir. Il a été transporté dans les locaux de la police à bord d’un fourgon. C’est à ce moment-là qu’il a été blessé. Selon un avocat de la famille Gray, sa colonne vertébrale a été à 80% fracturée à la hauteur du cou alors qu’il était en détention.

Six policiers ont été suspendus. Le ministère de la Justice a ouvert une enquête.

La Garde nationale a annoncé qu’elle allait avoir 2.000 hommes sur le terrain à Baltimore et qu’elle pourrait en avoir 3.000 autres si nécessaire pour mercredi. Les Etats voisins de Pennsylvanie, du New Jersey et le District of Columbia (Washington) ont envoyé plusieurs centaines de policiers.

Avec Jim Bourg, Laila Kearney, Suzannah Gonzales, Steve Holland et Bill Trott, Danielle Rouquié et Eric Faye pour le service français

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