April 26, 2015 / 8:54 AM / 4 years ago

Le bilan s'alourdit au Népal, l'aide internationale s'organise

KATMANDOU (Reuters) - Les recherches se sont poursuivies dimanche au Népal pour secourir les victimes coincées sous les décombres de bâtiments détruits par le séisme qui a frappé la veille Katmandou et le centre du pays, alors que l’aide internationale commence à s’organiser.

Dans les ruines d'un temple à Katmandou. Selon un bilan encore provisoire communiqué dimanche par le ministère de l'Intérieur, au moins 2.460 personnes ont péri et près de 7.000 autres ont été blessées par la secousse d'une magnitude de 7,9 sur l'échelle de Richter. /Photo prise le 26 avril 2015/REUTERS/Adnan Abidi

Selon un bilan encore provisoire communiqué en fin de journée par le ministère de l’Intérieur, au moins 2.460 personnes ont péri et près de 7.000 autres ont été blessées par la secousse d’une magnitude de 7,9 sur l’échelle de Richter, également ressentie sur les pentes du mont Everest où une avalanche a partiellement détruit le camp de base, faisant au moins 17 morts.

Certaines zones montagneuses du Népal restent inaccessibles, les routes étant coupées, et le travail des secouristes est encore compliqué par le mauvais temps et les nombreuses répliques sismiques qui secouent le pays.

L’une d’elles, particulièrement forte (6,7 sur l’échelle de Richter), a été ressentie dimanche jusqu’à New Delhi, en Inde, et a déclenché de nouvelles avalanches sur les pentes de l’Everest et des sommets voisins, ont rapporté des témoins et l’institut de veille géologique américain (USGS).

A Katmandou, où 1.100 personnes au moins ont trouvé la mort, les secours creusent parfois à mains nues dans les décombres, ou munis de simples pioches, faute de pouvoir manoeuvrer les pelleteuses dans les rues étroites de la vieille ville.

Les autorités tentent de fournir des abris aux milliers d’habitants de Katmandou - la ville en compte en tout un million - qui s’apprêtent à passer une seconde nuit dans les rues dans un froid glacial et sous une pluie verglaçante.

Le gouvernement a prévu d’installer des tentes et de transformer écoles et bâtiments publics en abris pour les sinistrés, a déclaré Rameshwor Dangal, un responsable du ministère de l’Intérieur. Des routes vont être rouvertes et des hélicoptères doivent décoller pour venir en aide à des victimes situées dans des zones isolées.

MOBILISATION INTERNATIONALE

“Notre pays traverse une situation de crise, et nous allons avoir besoin d’un énorme soutien et de beaucoup d’aide”, a déclaré samedi le ministre de l’Information, Minendra Rijal.

Les Etats-Unis ont annoncé l’envoi d’une équipe de secouristes et promis le déblocage immédiat d’une aide d’un million de dollars pour “répondre aux besoins urgents”. L’Inde, qui a aussi subi les effets du tremblement de terre, a de son côté envoyé des avions militaires avec du matériel médical et des équipes de sauveteurs à bord.

La France, où des ONG comme Médecins du Monde ou Action contre la faim sont mobilisées, a annoncé le décollage dimanche pour Katmandou d’une première mission de onze secouristes ainsi que des produits de première nécessité.

“D’autres moyens seront rapidement acheminés en fonction des besoins et des demandes des autorités et des ONG”, ajoute le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, dans un communiqué diffusé par le Quai d’Orsay.

La Chine a envoyé 60 secouristes. L’armée pakistanaise va mobiliser quatre avions de transport C-130 et un hôpital de campagne.

La Grande-Bretagne va également envoyer des équipes de recherche et de secouristes.

HÔPITAUX SATURÉS

Le séisme est le plus grave survenu au Népal depuis celui de 1934 qui avait fait plus de 8.500 morts.

Son épicentre, localisé à mi-distance environ entre Katmandou et Pokhara, la deuxième ville du pays, était peu profond, seulement deux kilomètres selon l’USGS, ce qui a aggravé les conséquences.

“Ce ne sont pas seulement quelques régions du Népal qui sont dévastées. Pratiquement tout le pays est touché”, a déclaré de son côté Krishna Prasad Dhakal, chef de mission adjoint à l’ambassade du Népal à New Delhi.

Les hôpitaux de ce pays pauvre de 28 millions d’habitants ont été rapidement saturés, d’autant que les répliques sismiques ont conduit les responsables des structures de soins à ordonner des évacuations de patients, regroupés dans des tentes dressées à l’extérieur.

“Nous n’avons plus qu’un bloc opératoire ici. Pour être en mesure d’intervenir sans délai, il nous en faudrait quinze. Je ne peux pas faire face”, a déclaré le Dr Dipendra Pandey, chirurgien au National Trauma Centre de Katmandou.

AVALANCHE SUR LES PENTES DE L’EVEREST

Du fait des dégâts subis par les lignes de communication, les informations en provenance d’autres régions du pays circulent mal.

“Nous sommes totalement coupés de la plupart des régions du pays”, a dit Ram Narayan Pandey, de l’Autorité népalaise de gestion des catastrophes, l’agence qui coordonne les secours à partir de Katmandou.

Samedi, une avalanche provoquée par le séisme s’est déclenchée sur l’Everest, ensevelissant une partie du camp de base, à 5.500 m d’altitude sur le versant népalais.

Ang Tshering Sherpa, président l’Association népalaise d’alpinisme, a annoncé que 17 corps y avaient été retrouvés et que 61 personnes avaient été blessées dans la catastrophe. Une quinzaine de blessés graves ont pu être évacués dimanche par hélicoptère.

Selon des responsables du ministère népalais du Tourisme, un millier de personnes, dont quelque 400 alpinistes étrangers qui voulaient profiter de la période climatique réputée favorable à l’ascension, étaient présents aux abords du camp de base au moment de la catastrophe.

Une centaine d’alpinistes et de guides sont par ailleurs pris au piège dans les camps 1 et 2, situés au-dessus du camp de base, la cascade de glace du Khumbu étant impraticable, a précisé Ang Tshering Sherpa.

La forte réplique de dimanche y a en outre provoqué de nouvelles avalanches. “C’est l’horreur ici au camp 1 - avalanches venant de trois côtés”, a écrit sur Twitter l’alpiniste britannique Daniel Mazur.

LA FRANCE SANS NOUVELLES DE 674 RESSORTISSANTS

A cette époque de l’année, le Népal est très fréquenté par les touristes, attirés par les sommets de l’Himalaya et les circuits de trekking. Selon le ministère, 300.000 ressortissants étrangers séjournent actuellement dans le pays.

A Washington, le département américain d’Etat a fait état de la mort de trois ressortissants américains.

A Paris, le Quai d’Orsay a déclaré être sans nouvelles de 674 Français. “Nous avons localisé 1.098 personnes, nous sommes sans nouvelles de 674 autres”, a déclaré sur iTELE le porte-parole du Quai d’Orsay, Romain Nadal, en fin d’après-midi.

La secousse de samedi a également été ressentie à New Delhi et dans d’autres villes du nord de l’Inde, où le bilan est passé dimanche à 66 morts. Au Tibet, le bilan s’élève à 18 morts, selon un tweet publié par l’agence de presse Chine nouvelle. On dénombre par ailleurs quatre décès au Bangladesh.

avec Ross Adkin et Rupam Jain Nair et les bureaux de Reuters; Jean-Stéphane Brosse, Nicolas Delame, Tangi Salaün et Henri-Pierre André pour le service français

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