March 22, 2015 / 7:08 PM / 5 years ago

Départementales: l'UMP devance le FN, le PS distancé

PARIS (Reuters) - L’UMP et ses alliés centristes se sont imposés dimanche en tête du premier tour des élections départementales, devançant le Front national, qui perd le pari du plébiscite, et le Parti socialiste, qui paye le prix de la désunion de la gauche.

L'UMP et ses alliés centristes se sont imposés dimanche en tête du premier tour des élections départementales, devançant le Front national, qui perd le pari du plébiscite, et le Parti socialiste, qui paye le prix de la désunion de la gauche. /Photo prise le 22 mars 2015/REUTERS/Stéphane Mahé

Le bloc de droite s’affirme, sous la direction de Nicolas Sarkozy, comme la première force politique (37,5%), devant le pôle de gauche (34,7%) et le FN (26,4%), qui progresse encore par rapport aux européennes de 2015 (25,47%) mais moins que l’espérait Marine Le Pen, selon une estimation Ifop-Fiducial.

La participation est supérieure à celle des cantonales de 2011 (où la moitié des Français avaient voté), aux alentours de 50%, selon des chiffres provisoires du ministère de l’Intérieur.

D’après Ifop-Fiducial, l’UMP alliée aux centristes de l’UDI et du MoDem recueille 29,7% des voix, devant le FN (26,4%) et le PS (20,9%). Les divers droite obtiendraient 7,8%, le Front de gauche 5,9%, les divers gauche 6,5%.

Europe Ecologie-Les Verts (EELV), qui ne s’était allié au PS que dans 20% des cantons et s’était rapproché de l’extrême gauche, s’effondre : il obtient 1,4%.

Selon une estimation CSA, l’UMP-UDI remporte 31% des suffrages, le FN 24%, le PS et ses alliés 19,70%, le Front de gauche 9,70%, les divers gauche 7,70%, les divers droite 6,60%.

Dans cette configuration, le bloc de droite est crédité de 38%, devant la gauche (37%) et le FN.

“Même si le Front national gagne plus de dix points par rapport aux cantonales de 2011, sa progression marque le pas, on semble avoir atteint un plafond”, a relevé le PDG de CSA, Bernard Sananès, sur BFM TV.

Au vu des estimations, ce scrutin intermédiaire, qui augure traditionnellement du rapport de forces pour la présidentielle, marque pour Nicolas Sarkozy une succès notable dans la perspective de la primaire de 2016 à droite.

Il s’agissait pour l’ancien chef de l’Etat du premier test électoral d’importance depuis son accession à la tête de l’UMP le 29 novembre dernier.

“SCORES HONORABLES”

“L’alternance est en marche et rien ne l’arrêtera”, s’est-il félicité lors d’une allocution au siège du parti d’opposition.

L’ancien chef de l’Etat a appelé à la mobilisation pour le second tour, le 29 mars, en s’adressant particulièrement aux électeurs du FN, dont il assure “entendre l’exaspération”.

Nicolas Sarkozy a réitéré son opposition à toute alliance locale ou nationale avec le FN, qui n’apportera aucune réponse aux difficultés des Français”, et réaffirmé la consigne — contestée — du “ni ni” (ni FN ni Front républicain).

Malgré une carte des départements virant nettement au bleu,

Manuel Valls, qui avait dramatisé la campagne en l’axant contre le “danger” du FN, a estimé que les formations républicaines avaient “tenu leur place” et s’est réjoui que l’extrême droite ne soit pas “la première formation de France”.

“Les candidats de la majorité ont réalisé des scores honorables”, a affirmé le Premier ministre lors d’une allocution à Matignon.

Il a exhorté au rassemblement au second tour “pour gagner le plus grand nombre de cantons et de départements” et a invité “tous les républicains à faire barrage à l’extrême droite”.

Marine Le Pen s’est félicitée des performances des candidats FN en dépit, a-t-elle dit, d’une “campagne ordurière et violente” de Manuel Valls. Le parti ne comptait qu’un sortant.

La présidente du FN a réclamé le départ du Premier ministre, qui doit “maintenant écouter le message des urnes et avoir la décence de présenter sa démission”.

Pour ce scrutin inédit, qui remplace les cantonales, quelque 43 millions de Français doivent élire un couple de conseillers dans 2.054 cantons pour renouveler les exécutifs départementaux, à l’exception de Paris, Lyon, Guyane et Martinique.

Le rapport de forces gauche-droite est actuellement de 61-41 sur les 102 départements que compte la France.

Sophie Louet avec Service France, édité par Yves Clarisse

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