March 19, 2015 / 6:14 PM / 3 years ago

Toulouse honore la mémoire des victimes de Mohamed Merah

TOULOUSE (Reuters) - Trois ans après les assassinats commis en 2012 par Mohamed Merah, les Toulousains ont rendu hommage jeudi à ses sept victimes lors d’une cérémonie à laquelle participaient notamment Nicolas Sarkozy et Bernard Cazeneuve.

A Toulouse, en 2012, devant l'école juive où Mohamed Merah avait tué un professeur et trois élèves. Trois ans après les assassinats commis par Mohamed Merah, les Toulousains ont rendu hommage jeudi à ses sept victimes lors d'une cérémonie à laquelle participaient notamment Nicolas Sarkozy et Bernard Cazeneuve. /Photo d'archives/REUTERS/Pascal Parrot

L’ancien président et le ministre de l’Intérieur ont déposé une gerbe de fleurs au pied du magnolia planté le 19 mars 2013 sur la place du Capitole par François Hollande lors d’une visite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Ils se sont ensuite retrouvés à l’appel de la communauté juive pour honorer la mémoire de Myriam Monsonego, 8 ans, Gabriel et Arieh Sandler, 4 et 5 ans, et de leur père, Jonathan Sandler, assassinés le 19 mars 2012 dans une école juive.

Trois militaires -Imad Ibn Ziaten, Abel Chennouf et Mohamed Legouad- avaient auparavant été abattus les 11 et 15 mars 2012 à Toulouse et Montauban.

Deux mois après les attentats de janvier contre Charlie Hebdo et une supérette casher et au lendemain de l’attaque meurtrière au musée du Bardo à Tunis, cette journée de commémoration a pris une dimension particulière.

“Que reste-t-il des 11-15 et 19 mars 2012? Des émotions, du désarroi, du désespoir et une impression infernale de déni”, a déclaré en ouvrant la cérémonie Nicole Yardeni, la présidente régionale du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France), qui a organisé les événements avec la Communauté juive de Toulouse.

“Ce n’était pas un loup solitaire mais le tenant d’une idéologie mortifère”, a-t-elle dit de Mohamed Merah.

“C’est toujours la haine de la démocratie qui est à l’oeuvre”, a-t-elle poursuivi en évoquant les tueries de Toulouse et Montauban, les attaques du musée juif de Bruxelles et de Copenhague et les attentats de Paris et Tunis.

“IL A FALLU D’AUTRES TRAGÉDIES”

Dans une déclaration à Reuters, elle avait auparavant déclaré que lors de la précédente cérémonie, il y a un an, “nous avions l’impression que la prise de conscience de cette guerre déclarée contre la civilisation, la démocratie et les valeurs de liberté n’était pas totale dans l’opinion publique (...) Il faut espérer maintenant que chaque personne, individuellement, lutte à son niveau pour défendre les valeurs de la République.”

Arié Bensemhoun, président de la communauté juive de Toulouse, a lui aussi souligné la différence survenue depuis les attentats des 7 et 9 janvier contre Charlie Hebdo et la supérette Hyper Cacher de Paris, ainsi que la mort d’une policière municipale à Montrouge.

“Le 19 mars 2012, nous avons essayé de nous faire comprendre mais nous n’avons pas réussi à nous faire entendre. Il a fallu attendre d’autres tragédies pour qu’enfin la France se lève et dise non à la barbarie”, a-t-il regretté.

Venu de Nîmes, où il réside, Albert Chennouf-Meyer, le père d’un des militaires victimes de Merah, a souligné l’importance de cette commémoration. “Si l’on banalise ce qui s’est passé, c’est la fin du monde civilisé”, a-t-il dit. Mais cet homme né d’un mineur “berbère, laïc et athée” et d’une catholique alsacienne se dit “très pessimiste”. “Le nazislamisme, a-t-il dit, ne s’arrêtera que si l’on se lève et que l’on tape dans le tas en leur déclarant la guerre, car c’est bien une guerre dont il s’agit.

“On a trop longtemps laissé faire l’islamisme politique en France, il faut regagner du terrain et réaffirmer les fondements de la République et de la laïcité”, a-t-il poursuivi, appelant à “l’expulsion de tous les islamistes radicaux”.

Agé de 23 ans, Mohamed Merah, avait été abattu le 22 mars 2012 dans son appartement par les hommes du Raid au terme d’un siège de 32 heures au cours duquel il avait revendiqué les tueries de Toulouse et Montauban et s’était réclamé d’Al Qaïda.

“Ce tueur, trois ans après, je refuse de prononcer son nom (...) Ce tueur était un lâche”, a déclaré Nicolas Sarkozy, qui était alors président, avant de s’adresser aux juifs de France tentés par un départ vers Israël.

“Aucune loi n’attache un Français à la France (...) mais ce choix du départ doit être un choix libre (...) Quitter la France ce serait donner le dernier mot au démon, au diable absolu”, leur a-t-il dit. “Si vous partez, c’est la France qui se met à genoux. La France a besoin de vous pour résister.”

Edité par Yves Clarisse et Henri-Pierre André pour le service français

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below