February 5, 2015 / 10:31 AM / 3 years ago

Le patron de la PJ parisienne déféré devant la justice

PARIS (Reuters) - Le directeur de la police judiciaire parisienne, Bernard Petit, a été déféré jeudi pour être présenté à un juge, une affaire qui éclabousse une fois de plus la prestigieuse institution.

Au 36 Quai des Orfèvres, siège de la police judiciaire parisienne. Le directeur de la PJ parisienne Bernard Petit, son directeur de cabinet et un agent de l'Association nationale d'action sociale (Anas) de la police ont été déférés jeudi pour être présentés à un juge, a-t-on appris de source judiciaire. /Photo d'archives/REUTERS/Christian Hartmann

Outre Bernard Petit, son directeur de cabinet et un agent de l’Association nationale d’action sociale (Anas) de la police ont aussi été déférés, a-t-on appris de source judiciaire.

La garde à vue de Joaquin Masanet, président de l’Anas, dans le cadre d’une enquête pour violation du secret de l’instruction, se poursuivait, a-t-on précisé.

Les quatre policiers ou ex-policiers sont soupçonnés d’avoir transmis au fondateur du GIGN Christian Prouteau des informations sur l’enquête dont il est l’objet dans le cadre d’un dossier de trafic d’influence visant un homme déjà mêlé à plusieurs affaires d’escroquerie aux Etats-Unis et en France, Christophe Rocancourt.

Cette affaire est la troisième à éclabousser la célèbre PJ parisienne en moins d’un an après le viol présumé d’une touriste canadienne dans les locaux de la brigade de recherche et d’intervention en avril, puis le vol de 52 kg de cocaïne dans les scellés trois mois plus tard.

Dans ce dernier dossier, la drogue n’a pas été retrouvée mais l’enquête sur ce vol rocambolesque s’est accélérée en début d’année avec huit nouvelles mises en examen, dont celles de six policiers.

En 2013, une autre affaire avait déjà ébranlé le “36 quai des Orfèvres” quand Christian Flaesch, le prédécesseur de Bernard Petit, avait été démis de ses fonctions pour avoir téléphoné à l’ancien ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux pour lui annoncer qu’il devait être convoqué à titre de témoin dans une affaire liée à Nicolas Sarkozy.

Christophe Rocancourt est accusé d’avoir extorqué plusieurs milliers d’euros à deux soeurs marocaines menacées d’expulsion contre la promesse d’obtenir leur régularisation. Les deux femmes, ne voyant rien venir, ont porté plainte.

CAZENEUVE PROMET UNE FERMETÉ ABSOLUE

Selon une source proche de l’enquête, l’escroc présumé, mis en examen le 9 octobre dernier, a dit avoir approché Christian Prouteau et l’ancien secrétaire d’Etat socialiste aux Affaires sociales et à l’Intégration (1991-1993) Kofi Yamgnane.

Le premier, a-t-il déclaré aux enquêteurs, devait intervenir auprès du préfet de police et le second auprès du ministre de l’Intérieur. Tous deux ont aussi été mis en examen.

Les liens entre Christian Prouteau et les quatre policiers, dont le patron de la PJ, ont été mis en évidence par des écoutes téléphoniques, indique Le Monde, daté de vendredi.

Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a assuré qu’il serait d’une “fermeté absolue” si, au terme des gardes à vue pour violation du secret de l’instruction, il devait être confirmé que des manquements graves ont été commis par des policiers ou anciens policiers.

“Il est temps maintenant de comprendre que tout ce petit jeu, qui consiste à communiquer en permanence des éléments d’enquête à l’extérieur, est complètement contraire aux règles qui doivent prévaloir lorsqu’on veut faire fonctionner correctement et la justice et la police”, a-t-il dit mercredi.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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