December 21, 2014 / 10:14 AM / 4 years ago

Les Tunisiens aux urnes pour parachever la transition

TUNIS (Reuters) - Près de 5,3 millions d’électeurs sont appelés aux urnes ce dimanche en Tunisie pour départager Béji Caïd Essebsi et Moncef Marzouki au second tour de l’élection présidentielle qui clôt la transition près de quatre ans après le renversement de Zine ben Ali.

Le second tour de l'élection présidentielle a débuté dimanche en Tunisie, ici à Sousse, où près de 5,3 millions d'électeurs sont appelés à départager Béji Caïd Essebsi et Moncef Marzouki. Ce scrutin est la dernière étape de l'instauration d'un régime démocratique en Tunisie quasiment quatre ans après le renversement de Zine ben Ali. /Photo prise le 21 décembre 2014/REUTERS/Anis Mili

Au premier tour, le 23 novembre, Essebsi, candidat de l’alliance laïque Nidaa Tounès, a obtenu 39,4% des suffrages contre 33,4% à Marzouki, président sortant élu il y a trois ans par l’assemblée constituante. Moins de 200.000 voix les séparent.

Les bureaux de vote, qui ont ouvert à 08h00 (07h00 GMT), fermeront à 18h00. L’Instance supérieure indépendante des élections (ISIE) ne devraient communiquer aucun résultat préliminaire avant lundi.

Un important dispositif de sécurité a été mis en place pour assurer le bon déroulement de cette première élection présidentielle au suffrage universel direct que des islamistes ont menacé de perturber.

Tard samedi soir, un homme armé a été tué et trois autres arrêtés dans une fusillade avec des soldats devant un bureau de vote du gouvernorat de Kairouan, dans le centre du pays.

Agé de 88 ans, Béji Caïd Essebsi a été ministre d’Habib Bourguiba, qui a pris les rênes du pays en 1957 après l’indépendance négociée avec la France et les a conservées pendant trente années. Son parti Nidaa Tounès est arrivé en tête des élections législatives du mois d’octobre.

Ses adversaires l’accusent d’être une figure des régimes autocratiques du passé et voient dans sa candidature le risque d’un retour à l’”hégémonie d’un parti unique”.

Il doit surtout gommer le souvenir de son engagement dans le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) de Ben Ali après le coup d’Etat de novembre 1987 contre Bourguiba et son passage à la présidence de la chambre des députés en 1990 et 1991. Après cela, il s’était retiré de la vie politique.

“Essebsi n’est pas un démocrate. Il ne sait pas ce qu’est la démocratie”, a affirmé Moncef Marzouki lors de la campagne de l’entre-deux tours. En votant dimanche à Sousse, il a affirmé: “La révolution doit continuer. La Tunisie est un leader de la démocratie dans le monde arabe mais le retour à l’ancien régime pourrait mettre un terme à ce modèle.”

Mettant en avant son statut d’homme d’Etat expérimenté, Essebsi, qui a voté dans un bureau de vote de Tunis, se dit pour sa part le mieux à même de “rendre son prestige” à la Tunisie.

PAS DE CONSIGNE OFFICIELLE DE VOTE D’ENNAHDA

A l’inverse, Marzouki, 69 ans, se voit reprocher son alliance avec les islamistes d’Ennahda qui lui a permis d’être élu président de transition en décembre 2011.

Ancien opposant au régime de Ben Ali, exilé plusieurs années en France, il se présente lui comme le protecteur de la “révolution de jasmin” qui a déclenché le cycle des “printemps arabes”.

Le parti Ennahda, deuxième des législatives, avait choisi de ne pas présenter de candidat à la présidentielle et n’a donné aucune consigne de vote mais le camp Essebsi affirme que Marzouki a fait le plein des voix islamistes.

Depuis sa révolution de 2011, la Tunisie s’est distinguée par son souci du compromis contrairement à la Libye ou à l’Egypte, où le renversement de dirigeants autocratiques a ouvert des périodes de confrontations violentes et de chaos.

Au premier tour, la participation avait frôlé les 65%.

“Je ne voterai ni pour Essebsi ni pour Marzouki. Le premier n’a jamais été démocrate et nous connaissons son passé; le second ne sait rien faire d’autre qu’enterrer des policiers tués par des terroristes”, affirme Imed Jouini, un chômeur rencontré dans un café de Tunis.

Avant l’élection du parlement en octobre, la Tunisie s’est dotée en janvier d’une nouvelle constitution garantissant notamment la liberté de culte et l’égalité des sexes. Ce texte a été salué par les pays occidentaux comme un modèle pour l’instauration d’un régime démocratique et respectueux des droits de l’homme.

Il n’accorde que des pouvoirs limités au chef de l’Etat, notamment dans les domaines de la défense et des affaires étrangères. Le coeur du futur pouvoir devrait se trouver au parlement.

Avec Patrick Markey; Bertrand Boucey et Henri-Pierre André pour le service français

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