September 16, 2014 / 6:58 AM / 4 years ago

Blocage à Air France, 60% des vols annulés mercredi

PARIS (Reuters) - La direction d’Air France prévoyait mardi soir une situation à peu près inchangée mercredi, au troisième jour d’une grève des pilotes de la compagnie, malgré une reprise des négociations dans l’après-midi.

La direction d'Air France prévoyait mardi soir une situation à peu près inchangée mercredi, au troisième jour d'une grève des pilotes de la compagnie, malgré une reprise des négociations dans l'après-midi. /Photo prise le 16 septembre 2014/REUTERS/Jean-Paul Pélissier

“Demain (mercredi), au moins 40% des vols seront assurés, compte tenu d’un taux de pilotes grévistes stable à 60%”, a déclaré à Reuters un porte-parole de la compagnie.

Mardi, 60% des vols ont déjà dû être annulés.

Les pilotes de la compagnie ont déposé un préavis de grève du 15 au 22 septembre pour protester contre la stratégie de développement de la filiale à bas coûts Transavia.

La direction a fait un geste en proposant de limiter à trente appareils la flotte de Transavia France jusqu’à 2019, au lieu des 37 initialement prévus.

Le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), majoritaire, a rejeté cette proposition, estimant qu’elle ouvrait la voie à une délocalisation de Transavia France.

A la Bourse de Paris, le titre Air France a poursuivi son repli avec une baisse de 3,33%, à 7,99 euros, après avoir déjà perdu 3,25% lundi.

Les vols Air France opérés par un avion d’une autre compagnie, dont HOP, KLM et Delta, ne sont pas concernés par la grève.

30 AVIONS

Le SNPL et le Syndicat des pilotes d’Air France (Spaf) réclament un contrat de travail unique pour l’ensemble des pilotes d’avions de plus de cent places au sein des trois compagnies, Air France, Transavia et Hop!, qui assure les liaisons régionales, au lieu d’un changement de contrat lors d’un passage d’Air France à Transavia.

Après plusieurs années de restructuration, Air France-KLM veut passer à une nouvelle étape de son développement avec un plan qui s’appuie notamment sur l’essor de Transavia, appelée à devenir à terme une grande rivale de Ryanair ou d’EasyJet en Europe.

“On a senti l’inquiétude des pilotes qui imaginaient que Transavia France pouvait soudain remplacer tout Air France sur la France”, a assuré le PDG d’Air France, Frédéric Gagey, sur Europe 1.

“Pour essayer de montrer que notre projet est clair, on a proposé que la flotte de Transavia soit limitée à 30 avions” jusqu’en 2019, taille équivalente à la flotte de Transavia Hollande, a dit le PDG d’Air France.

“Notre projet n’est sûrement pas de remplacer Air France par Transavia, notre projet est de compléter l’ensemble des outils d’Air France pour attaquer un nouveau marché qui est le marché loisirs”, a-t-il souligné.

Pour autant, une sortie de crise n’est pas en vue. “Non, pas encore, on continue à négocier” a poursuivi Frédéric Gagey.

La direction d’Air France, a-t-il indiqué, exclut une uniformisation des contrats.

“On a fait des calculs : le contrat d’Air France, quand on l’applique à Transavia, est plus coûteux que le contrat de Transavia”.

“Le contrat de Transavia existe aujourd’hui, pourquoi changer et rechanger à nouveau alors que ces choses-là ont été négociées il y a sept ans au moment de la création de Transavia ?” s’est-il interrogé.

“Aucun pilote n’est obligé d’aller voler chez Transavia”, a dit le PDG.

“UNE FUITE EN AVANT”

Jean-Louis Barber, président du SNPL, a déploré sur i>Télé “une fuite en avant” de la direction d’Air France et a assuré que les pilotes n’étaient pas hostiles à la réforme.

“Si on limite (...) Transavia France à trente appareils, qu’est-ce qui va se passer ? C’est l’accélération de la délocalisation vers Transavia Europe, vers ses contrats de dumping social, ses contrats de droit étranger. On ne veut pas limiter le développement de Transavia France”, a-t-il dit. “Pour l’instant, nous ne sommes pas entendus.”

“Ce n’est pas un combat de privilégiés ni un combat corporatiste”, a ajouté Jean-Louis Barber.

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a estimé mardi sur BFM TV que la grève était “hors de propos quand on connaît la situation du personnel d’Air France”. “On ne peut pas cumuler les avantages”, a-t-il dit.

Le PDG d’Air France estime que le mouvement coûtera entre 10 et 15 millions d’euros par jour à la compagnie.

Sophie Louet et Emmanuel Jarry

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below