September 8, 2014 / 5:18 AM / 4 years ago

Valls et des ténors PS veulent tenir, évoquent le péril FN

PARIS (Reuters) - Manuel Valls et des ténors du Parti socialiste appellent les membres de la majorité à serrer les rangs pour défendre François Hollande, qui a écarté toute idée de démission face à la défiance qui s’élève dans l’opinion à mi-quinquennat.

Les ténors du Parti socialiste appellent les membres de la majorité à serrer les rangs pour défendre François Hollande, qui a écarté l'hypothèse d'une démission. Des politologues considèrent que la marge de manoeuvre du président, qui peut, outre démissionner, dissoudre l'Assemblée nationale ou convoquer un référendum qui le relégitimerait, est faible, mais le Premier ministre Manuel Valls appelle les socialistes à "tenir". /Photo prise le 20 août 2014/REUTERS/Philippe Wojazer

Après une semaine dévastatrice pour le chef de l’Etat, marquée par le livre de son ex-compagne Valérie Trierweiler le présentant comme un homme de gauche n’aimant pas les pauvres, le Premier ministre a brandi la menace d’une arrivée au pouvoir du Front national.

“Je n’ai pas à me laisser impressionner par les débats internes, et encore moins par les demandes de démission ou de dissolution, et par une extrême droite qui se croit au bord du pouvoir”, a-t-il dit lors d’une rencontre à Bologne avec le chef du gouvernement italien Matteo Renzi.

“Elle est où l’alternative ? Aujourd’hui, si nous ne faisons pas attention, l’alternative c’est une droite dure ou l’extrême droite”, a-t-il ajouté. “On a besoin d’une crise constitutionnelle pour que le Front national soit aux portes du pouvoir ?”

Décrivant un régime “crépusculaire”, la présidente du Front national, Marine Le Pen, avait auparavant appelé une nouvelle fois le chef de l’Etat à dissoudre l’Assemblée nationale.

Selon une enquête de l’Ifop pour le Journal du dimanche (JDD), 85% des Français ne souhaitent pas que François Hollande postule à un second mandat et, surtout, l’idée d’une dissolution progresse, passant en moins de trois mois de 17% à 23%.

François Hollande, qui traverse une impopularité record, a rejeté vendredi toute idée de démission avancée par certains élus UMP et l’extrême droite, alors que le Front national semble progresser sondage après sondage.

“Il n’y a pas de sondage, aussi difficile soit-il (...) qui puisse interrompre le mandat que donne le peuple au président de la République”, a dit le chef de l’Etat lors d’une conférence de presse. “J’agis et j’agirai jusqu’au bout”.

Des politologues considèrent que la marge de manoeuvre de François Hollande, qui peut, outre démissionner, dissoudre l’Assemblée nationale ou convoquer un référendum qui le relégitimerait, est faible.

Mais Manuel Valls, qui semble entraîné dans la chute du président seulement cinq mois après son arrivée à Matignon, appelle les socialistes à “tenir”.

“Je ne crois pas que les Français souhaitent une crise institutionnelle qui se grefferait à la crise économique, sociale, qui dure depuis des années”, dit-il au JDD. “Il faut tenir”.

AUBRY VEUT UNE INFLEXION

Julien Dray, vice-président PS du conseil régional d’Ile-de-France et proche du chef de l’Etat, a dénoncé dimanche “la démocratie d’opinion” et les “orages médiatiques qui finissent par créer l’événement”.

“Je ne veux pas que s’établisse une sorte d’ébullition qui donnerait le sentiment que le pays est au bord du gouffre. Le pays n’est pas au bord du gouffre”, a-t-il dit au Grand Rendez-Vous sur Europe 1, i>télé et Le Monde.

La maire de Lille, Martine Aubry, a cependant fait entendre sa différence en annonçant qu’elle allait faire des propositions par écrit cette semaine au gouvernement pour obtenir une inflexion de la politique économique.

“Je pense qu’il y a des inflexions à faire dans la politique économique”, a-t-elle dit sur Europe 1. “Je parlerai dans quelques temps, les propositions je les ferai par écrit, pas dans les petites phrases”.

Pour Claude Bartolone, le président PS de l’Assembléee nationale, qui écarte lui aussi toute idée de dissolution, la crise actuelle montre que les institutions sont “dépassées”.

“L’idée de confier, tous les cinq ans, notre destin à un sauveur suprême est finie”, dit-il au JDD.

Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du PS, prône lui aussi une réforme institutionnelle, appelant la gauche à la raison alors que Manuel Valls doit demander la confiance pour son second gouvernement le 16 septembre.

“Je crois que la Ve République est en train de montrer qu’elle est finie (...) elle n’est plus adaptée ni au temps politique ni à la question du dialogue”, a également estimé Emmanuelle Cosse, la responsable d’Europe Ecologie-Les Verts au Forum de Radio J.

Gérard Bon

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