August 16, 2014 / 9:06 AM / 4 years ago

L'Ukraine accuse la Russie d'une incursion militaire

KIEV (Reuters) - L’Ukraine a affirmé vendredi avoir détruit une partie importante d’une colonne de blindés russes ayant franchi la frontière la nuit précédente.

Blindés russes dans la région de Rostov, non loin de la frontière avec l'Ukraine. L'Ukraine a affirmé vendredi avoir détruit une partie importante d'une colonne de blindés russes ayant franchi la frontière la nuit précédente, alors que la Russie a démenti toute incursion militaire de ce type. /Photo prise le 15 août 2014/REUTERS/Maxim Shemetov

La Russie a démenti toute incursion militaire de ce type, qui, si elle était avérée, ferait franchir un palier supplémentaire à la crise.

L’Union européenne a prévenu que “toute action militaire unilatérale en Ukraine de la part de la Fédération de Russie (...) y compris pour des motifs humanitaires sera considérée (...) comme une violation flagrante du droit international”.

Réunis à Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont souligné que les Vingt-Huit étaient prêts à imposer de nouvelles sanctions.

La déclaration ukrainienne sur la destruction partielle d’une colonne de blindés russes en Ukraine, moins d’une heure avant la clôture des Bourses européennes, a immédiatement provoqué un retournement des marchés financiers.

L’indice CAC 40, qui gagnait plus de 1% en milieu d’après-midi, a terminé en repli de 0,74% à 4.174,36 points.

Lors d’un entretien avec le Premier ministre britannique David Cameron, le président ukrainien Petro Porochenko a déclaré que l’information du journal The Guardian sur une incursion de blindés russes “était fiable et confirmée parce qu’une partie importante de ce matériel a été détruit dans la nuit par l’artillerie ukrainienne”.

Un porte-parole des forces ukrainiennes, Andriy Lissenko, a en outre déclaré que celles-ci avaient essuyé des tirs d’artillerie en provenance de Russie.

La Grande-Bretagne a convoqué l’ambassadeur de Russie pour lui demander sa version des faits.

David Cameron a exprimé sa profonde préoccupation et a exhorté la Russie à apporter la preuve de sa bonne volonté pour résoudre pacifiquement la crise dans l’est de l’Ukraine, où des séparatistes pro-russes ont pris les armes en avril.

LE FLOU PERSISTE SUR LE CONVOI HUMANITAIRE RUSSE

Sans parler d’intervention militaire, l’Otan a quant à elle fait état d’une “incursion russe” dans la nuit de jeudi à vendredi en Ukraine.

“Cela confirme simplement le fait que nous assistons à un flux continu d’armes et d’hommes en provenance de Russie dans l’est de l’Ukraine et il s’agit d’un signe manifeste d’une implication russe continue dans la déstabilisation de l’est de l’Ukraine”, a déclaré le secrétaire général de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen.

Au cours d’un entretien téléphonique dans la soirée, la chancelière allemande Angela Merkel a exhorté le président russe Vladimir Poutine à contribuer au dénouement de la crise en Ukraine en soulignant l’importance de mettre fin à l’afflux d’armes et de combattants dans l’est de l’Ukraine.

Dans un communiqué, le ministère russe de la Défense a assuré qu’”aucune colonne militaire russe n’a franchi la frontière russo-ukrainienne ni de nuit ni de jour”.

Le ministère russe des Affaires étrangères a pour sa part accusé les autorités ukrainiennes de tenter de perturber la mission humanitaire russe destinée à l’est du pays en intensifiant son offensive contre les séparatistes.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a invité Moscou et Kiev à trouver rapidement un terrain d’entente concernant le transfert de cette aide humanitaire russe, contenue dans un convoi de 280 camions arrivés jeudi à Kamensk-Chakhtinski, à une vingtaine de kilomètres de la frontière.

La Croix-Rouge distribuera elle-même cette aide à la population et aux centres de soins de la région, a précisé Laurent Corbaz au nom du CICR.

L’opération “prendra un certain temps” en raison des problèmes logistiques et des mesures de sécurité, souligne-t-il dans un communiqué.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères a annoncé qu’il rencontrerait dimanche à Berlin ses homologues russe, allemand et français.

Avec Maria Tsvetkova, Alexander Winning et Alissa de Carbonnel à Moscou, Alexei Anishchuk à Sotchi, en Russie, Alexandra Hudson à Berlin; Jean-Philippe Lefief, Agathe Machecourt et Bertrand Boucey pour le service français

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