August 7, 2014 / 2:08 PM / 4 years ago

L'avion d'Air Algérie est tombé en spirale à forte vitesse

LE BOURGET Seine-Saint-Denis (Reuters) - Le vol AH5017 d’Air Algérie qui s’est écrasé au Mali il y a deux semaines, faisant 116 morts, est tombé en spirale à forte vitesse, mais les enquêteurs ignorent pourquoi, d’autant que les conversations entre pilotes sont pour l’heure inexploitables.

Rémi Jouty, le directeur du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) français et N'Faly Cisse, président président malien de la commission d'enquête sur le vol MH5017 lors d'une conférence de presse au Bourget, jeudi. L'appareil affrété par Air Algérie qui s'est écrasé au Mali il y a deux semaines, faisant 116 morts, est tombé en spirale à forte vitesse, mais les enquêteurs ignorent pourquoi, d'autant que les conversations entre pilotes sont pour l'heure inexploitables. /Photo prise le 7 août 2014/REUTERS/Benoît Tessier

Le président malien de la commission d’enquête et le directeur du Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) français ont néanmoins pu détailler jeudi devant la presse les données de navigation du vol récoltées depuis la catastrophe.

La dernière information enregistrée à une seconde de l’impact révèle que l’appareil “volait à 380 nœuds (740 km/h) avec une vitesse verticale descendante extrêmement importante”, a précisé Rémi Jouty, le directeur du BEA.

Il a souligné que les enquêteurs n’excluaient à ce stade aucune hypothèse sur les raisons du crash de l’avion qui reliait Ouadagoudou à Alger, y compris celle d’une “action délibérée”.

Un rapport d’étape sera présenté à la mi-septembre, a précisé N’Faly Cissé, le président malien de la commission.

Rémi Jouty a confirmé que l’une des deux boîtes noires, celle qui enregistre les échanges entre les pilotes et avec les contrôleurs, était pour le moment “inexploitable”.

“Le signal sonore est inintelligible (...) Il est acquis que ce dysfonctionnement n’est pas le résultat du crash”, a-t-il dit, précisant que les experts tentaient néanmoins de continuer à exploiter les bandes magnétiques.

Pour pallier ce problème, les enquêteurs vont collecter des informations auprès des organismes au sol ayant eu des contacts avec l’avion et des autres appareils présents dans la zone.

“ÉCARTS DE ROUTE MODÉRÉS”

Les enquêteurs ont pu en revanche décrypter la seconde boîte noire contenant les paramètres de vol (vitesse, altitude) et déterminer une première trajectoire.

L’avion, loué auprès de la société espagnole SwiftAir, s’est désintégré en s’écrasant, avec des débris dispersés sur plusieurs centaines de mètres.

L’étude des paramètres de vol n’a pas confirmé à ce stade l’hypothèse d’un lien direct entre les mauvaises conditions météorologiques et l’accident, malgré “de fortes variations en assiette longitudinale et en inclinaisons”.

“Les écarts de route modérés ressemblent à un équipage qui cherche à cheminer au mieux pour éviter un système orageux”, a expliqué Rémi Jouty.

Après avoir atteint une altitude de croisière de 9.500 mètres à une vitesse de croisière de 280 noeuds (518 km/h), l’appareil diminue progressivement sa vitesse à 160 noeuds (296 km/h). “Au bout d’un certain temps, l’altitude diminue aussi légèrement”, a dit le directeur du BEA.

Sur la partie finale, au nord du Mali, l’avion part en virage à gauche et se met à perdre rapidement de l’altitude, puis continue à descendre tout en continuant à tourner jusqu’au point d’impact.

Rémi Jouty a infirmé la thèse d’une désintégration en vol, car les débris sont relativement rassemblés autour du point d’impact.

Il a précisé ne pas savoir si les pilotes ont fait une demande pour que l’avion soit dérouté, comme l’avait indiqué le ministre des Affaires Laurent Fabius.

Ce dernier avait ajouté que l’appareil avait rebroussé chemin, ce que démentent les cartes montrées jeudi.

Parallèlement, les gendarmes français envoyés sur la zone de l’accident sont revenus mercredi en France avec les restes humains prélevés à des fins d’identification des victimes. Ils espèrent pouvoir identifier la quasi totalité d’entre elles. Cinquante-quatre Français figurent parmi les victimes.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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