July 24, 2014 / 5:28 AM / 4 years ago

Près de 750 morts à Gaza, une trêve encore hypothétique

GAZA/JERUSALEM (Reuters) - Les forces israéliennes ont bombardé jeudi dans le nord de la bande de Gaza une école gérée par les Nations unies où des civils palestiniens avaient trouvé refuge, faisant au moins 15 morts et de nombreux blessés, a annoncé le ministère gazaoui de la Santé.

Impact dans la cour d'une école gérée par les Nations unies à Beit Hanoun, dans le nord de la bande de Gaza, où un bombardement jeudi a fait au moins 15 morts et de nombreux blessés parmi les civils palestiniens qui y avaient trouvé refuge. Depuis le lancement de l'offensive israélienne sur l'enclave palestinienne le 8 juillet, 747 Palestiniens ont été tués, en majorité des civils. /Photo prise le 24 juillet 2014/REUTERS/Finbarr O'Reilly

Selon Radio Israël, la plupart des morts sont des enfants.

Depuis le début des bombardements israéliens le 8 juillet, 747 Palestiniens ont été tués, en majorité des civils. Plus de 140.000 habitants de l’enclave ont été contraints de fuir leurs maisons en raison des combats.

Le porte-parole du ministère gazaoui de la Santé, Achraf al Kidra, a précisé que l’attaque contre l’école avait également fait 200 blessés, qui ont été évacués vers les centres de soins du secteur de Beit Hanoun. Le directeur de l’hôpital de Beit Hanoun, Ayman Hamdan, a parlé d’un “massacre”.

Laïla Al Chinbari, une femme qui se trouvait dans l’école au moment du bombardement, a raconté à un journaliste de Reuters que des familles entières étaient rassemblées dans la cour en attendant d’être évacuées par la Croix-Rouge.

“Nous étions tous assis quand soudain quatre obus sont tombés sur nous... Il y avait des corps allongés sur le sol, du sang et des cris. Mon fils est mort et tous mes proches sont blessés, y compris mes autres enfants”, a-t-elle précisé, en larmes.

Chris Gunness, porte-parole de l’Unrwa, l’agence de l’Onu chargée des réfugiés palestiniens, a confirmé l’attaque et critiqué Israël, soulignant que les abris mis en place par son organisation à Beit Hanoun avaient été clairement signalés à Tsahal.

VILLAGES INACCESSIBLES

“Nous avons tenté dans la journée de trouver avec l’armée israélienne une plage horaire pour évacuer les civils mais cela n’a pas été possible”, a-t-il déploré sur son compte Twitter.

Dans le sud de la bande de Gaza, deux villages, Khouzaa et Abassan, sont coupés de l’extérieur depuis plusieurs jours par les bombardements des blindés de Tsahal et les blessés ne peuvent être évacués.

Le Hamas a poursuivi jeudi ses tirs de roquettes sur le territoire israélien et affirme avoir tendu une embuscade meurtrière à une patrouille israélienne dans le nord de la bande de Gaza.

Depuis le début de l’offensive, 32 militaires israéliens ont péri et les tirs de roquettes sur Israël ont tué trois civils.

La Federal Aviation Administration (FAA), l’agence fédérale américaine de l’aviation civile, a levé son ordre de suspension de tous les vols opérés par des compagnies américaines vers l’aéroport Ben Gourion de Tel Aviv. La suspension était liée à un incident survenu mardi près de l’aéroport Ben Gourion, non loin duquel s’est écrasée une roquette palestinienne.

L’Agence européenne de sécurité aérienne (AESA) s’apprêtait également jeudi à lever son avis recommandant à l’ensemble des compagnies européennes d’éviter Tel Aviv. De nombreux transporteurs comme Air France ou Lufthansa ont suspendu leurs opérations vers l’Etat hébreu.

La suspension des vols a été saluée comme une “victoire” par le Hamas.

Au 17e jour des combats, aucun cessez-le-feu ne semble en vue, mais certains espèrent toutefois une trêve temporaire.

Israël dit avoir besoin de plusieurs jours encore pour mener à bien son opération de destruction des tunnels d’infiltration creusés par le Hamas à la frontière entre le territoire côtier et l’Etat hébreu.

POURSUITE DES EFFORTS POUR UN CESSEZ-LE-FEU

Le Hamas réclame la levée du blocus israélien de Gaza en échange d’un cessez-le-feu durable.

Encouragée par Washington, dont le secrétaire d’Etat John Kerry multiplie les entretiens dans la région, l’Egypte s’efforce d’obtenir une trêve humanitaire limitée.

Selon un responsable égyptien, cette trêve humanitaire pourrait entrer en vigueur ce week-end, à temps pour la grande fête musulmane de l’Aïd el Fitr, qui marque la fin du ramadan.

Mais un haut responsable américain a jugé peu probable la conclusion d’un cessez-le-feu d’ici le week-end, tout comme un ministre du gouvernement de Benjamin Netanyahu, selon qui la destruction des tunnels prendra encore au moins quatre jours.

“Je ne vois pas de cessez-le-feu dans les jours à venir”, a déclaré le ministre israélien des Sciences, Yaakov Peri, un ancien responsable de la sécurité, au site d’information Walla.

“Même en cas de trêve humanitaire, nous continuerions à nous attaquer aux tunnels”, a dit Yaakov Peri. “Je peux dire avec certitude que deux ou trois jours ne suffiront pas pour finir de détruire les tunnels.”

John Kerry est retourné en Egypte mercredi soir après avoir rencontré à Jérusalem et en Cisjordanie le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, le secrétaire général de l’Onu Ban Ki-moon et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Danielle Rouquié, Jean-Stéphane Brosse et Guy Kerivel pour le service français

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