July 22, 2014 / 11:44 AM / 4 years ago

Hollande exclut plus d'économies pour arriver à 3% de déficit

PARIS (Reuters) - François Hollande n’ira pas au-delà des 50 milliards d’euros d’économies prévus sur trois ans, même si cela se révélait nécessaire pour ramener les déficits publics de la France à 3% du PIB en 2015, comme Paris s’y est engagé.

François Hollande exclut d'aller au-delà des 50 milliards d'euros d'économies prévus sur trois ans, même si cela se révélait nécessaire pour ramener les déficits publics de la France à 3% du PIB en 2015, comme Paris s'y est engagé. /Photo prise le 14 juiller 2014/REUTERS/Benoît Tessier

Le chef de l’Etat l’a déclaré lundi soir lors du dîner annuel de l’Association de la presse présidentielle.

Il a certes réaffirmé que la France respecterait la trajectoire de réduction des déficits envoyée à la Commission européenne, ce à quoi les économistes ne croient pas, compte tenu de l’atonie de la croissance économique française.

“Les 3%, c’est la perspective”, a-t-il déclaré. “Pour l’instant, il n’y a pas de raison de remettre en cause cette perspective (...) Si nous avons fait 50 milliards d’économies c’est bien pour être fidèle à nos engagements européens.”

“Est-ce à dire que nous ferons plus de 50 milliards d’économies ? Non”, a-t-il cependant ajouté. “Cinquante milliards d’économies sur trois ans, c’est ce que je pense être le bon dosage (...) pour à la fois réduire le déficit, permettre aux entreprises d’être plus compétitives et faire un certain nombre de baisses d’impôts.”

Ces 50 milliards doivent gager 41 milliards d’euros d’allègements de charges et d’impôts pour les entreprises et six milliards de baisse de prélèvements pour les ménages, ce qui ne laisse que trois milliards pour les déficits.

François Hollande et son gouvernement ne peuvent donc compter que sur une reprise énergique de la croissance pour respecter la trajectoire promise. Or cette reprise s’annonce pour le moment plus faible qu’initialement espéré.

FLEXIBILITÉ

Selon des économistes interrogés par Reuters entre le 10 et le 16 juillet, il faudra attendre 2016 pour que les déficits publics soient ramenés sous le seuil de 3% du PIB.

Ils anticipent une croissance limitée à 0,7% cette année, alors que le gouvernement s’en tient jusqu’ici à sa prévision initiale de 1,0%. (Voir [ID:nL6N0PR4NW])

Une perspective à laquelle François Hollande paraît se préparer, avec son corollaire, l’impossibilité d’atteindre la cible des 3% dès la fin de 2015.

“S’il devait se passer un ralentissement de l’économie, ce qui n’est pas impossible, nous utiliserions à ce moment-là les marges de flexibilité (prévu par le pacte de stabilité et de croissance européen)”, a-t-il déclaré.

Le pacte de stabilité révisé prévoit, si la croissance se détériore de manière imprévue, que des États membres dont le déficit public dépasse 3% du PIB puissent bénéficier d’un délai supplémentaire pour le combler, à condition d’avoir consenti les efforts structurels nécessaires.

Cela a été le cas en 2012 de l’Espagne, du Portugal et de la Grèce. La France a aussi bénéficié d’un délai de deux ans.

Pas question en revanche d’ajouter de l’austérité à la rigueur pour tenter d’atteindre la cible car “ce serait aggraver encore” la situation économique, a fait valoir le président. “Nous ferons les choses avec intelligence (...) On peut toujours essayer la bêtise mais, à un moment, elle peut être cruelle.”

Il est l’objet d’exhortations contradictoires, entre un patronat pour lequel il est encore trop loin du compte en matière de réduction des dépenses publiques et de baisses des charges et une partie de la majorité qui juge au contraire sa politique dangereuse pour le pouvoir d’achat et la croissance.

HOLLANDE RECARDE MONTEBOURG

Sans remettre en cause le principe d’un redressement des comptes de l’Etat et d’un soutien à la compétitivité des entreprises, le ministre de l’Economie a pour sa part plaidé pour un partage sensiblement différent de l’effort.

Arnaud Montebourg a proposé le 10 juillet une règle des trois tiers pour répartir les 50 milliards d’économies : un tiers pour la baisse des déficits, un pour allèger les charges des entreprises et un pour baisser les impôts des ménages.

François Hollande a certes confirmé qu’il entendait faire en 2015 “un geste supplémentaire” en matière de baisses d’impôt, suffisamment ciblé pour qu’il soit perceptible par les bénéficiaires, à destination des classes moyennes.

Mais il s’en tient pour l’essentiel au pacte de responsabilité et de solidarité tel qu’il a été défini et s’en remet à une reprise hypothétique de l’activité.

“Dans le pacte tel qu’il a été voté, il y a à peu près six milliards de baisses (pour les ménages)”, a-t-il dit. “Ce qui pourra être fait en plus pour les ménages en termes de baisses d’impôt c’est s’il y a des économies en plus - mais j’ai dit que nous n’avons pas pris la décision - et plus de croissance.”

“C’est la croissance qui, elle, devra être réparties, si elle revient à un rythme soutenu, en faveur des ménages”, a ajouté le chef de l’Etat, selon qui les propositions d’Arnaud Montebourg doivent s’inscrire dans cette perspective.

Avec Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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