July 21, 2014 / 5:54 PM / 4 years ago

L'exécutif promet la fermeté face aux actes antisémites

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français a promis lundi la fermeté face aux actes “antisémites” qui ont émaillé des rassemblements pro-palestiniens non autorisés ce week-end à Paris et en Ile-de-France, soulignant que rien ne pouvait les justifier.

L'évêque de Pontoise, Mgr Stanislas Lalanne (à gauche), le président du Conseil français du culte musulman Dalil Boubakeur (2e à gauche) et le président du Consistoire central israélite de France Joël Mergui (à droite), ont été reçu lundi à l'Elysée par François Hollande. Le gouvernement français a promis la fermeté face aux actes "antisémites" qui ont émaillé des rassemblements pro-palestiniens non autorisés ce week-end à Paris et en Ile-de-France, soulignant que rien ne pouvait les justifier. /Photo prise le 21 juillet 2014/REUTERS/Philippe Wojazer

“Il est normal dans la République que l’on puisse manifester mais il est intolérable que l’on s’en prenne à des synagogues ou à des commerces parce qu’ils sont tenus par des Juifs”, a déclaré le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve à Sarcelles (Val-d’Oise), où des incidents ont été constatés dimanche.

“Rien ne peut justifier l’antisémitisme, rien ne peut justifier cette forme de violence, et cela sera combattu et puni car le droit doit passer en raison de la gravité des actes qui ont été commis”, a-t-il ajouté devant la presse, saluant au passage le travail des forces de l’ordre.

François Hollande a reçu à l’Elysée en fin d’après-midi les représentants des religions de France auxquelles il a promis une grande mobilisation contre l’antisémitisme.

“Il a été rappelé par le président de la République que la lutte contre l’antisémitisme sera une cause nationale avec des moyens qui seront adaptés”, a rapporté à la presse Joël Mergui, président du Consistoire central israélite de France.

“Au delà du ‘non’ qui est dit à l’antisémitisme au plus haut niveau de l’Etat, il est fondamental aujourd’hui que l’on trouve les moyens pour que ce soit toute la France qui dise non à l’antisémitisme”, a-t-il ajouté, demandant au président du Conseil français du culte musulman, Dalil Boubakeur, de relayer ce message à travers les mosquées de France.

“LA COMMUNAUTÉ MUSULMANE N’EST PAS ANTISÉMITE”

“Nous l’avons dit répété et nous le disons à chaque fois: la communauté musulmane n’est pas antisémite”, a assuré ce dernier, qui est le recteur de la Grande Mosquée de Paris.

Invoquant des risques à l’ordre public, François Hollande avait justifié la semaine dernière l’interdiction de manifestations malgré l’indignation des organisations propalestiniennes et d’une partie de la gauche.

Samedi, des incidents se sont produits dans le quartier de Barbès, dans le nord de Paris, à l’issue d’une manifestation pro-palestinienne également interdite, entre certains manifestants et des forces de l’ordre.

Dix-neuf personnes avaient été placées en garde à vue à la suite de ces débordements.

Quatre mineurs âgés de 15 à 17 ans devaient être présentés ce lundi à un juge en vue de leur mise en examen et quatre majeurs devaient être jugés en comparution immédiate. Un cinquième devrait être jugé dans les deux mois.

Ailleurs en France, des manifestations, qui avaient été autorisées, se sont déroulées pacifiquement dans une quinzaine de villes de province, dont Marseille, Lille, Lyon, Nîmes, Strasbourg, Nantes et Montpellier.

Pour les membres de la communauté juive, l’intervention israélienne à Gaza -qui a fait depuis le 8 juillet plus de 500 morts, dont de nombreux civils côté palestinien et 25 morts, dont deux civils, côté israélien- n’est qu’un prétexte.

“On parle souvent de l’importation du conflit israélo-palestinien mais il me semble qu’on utilise souvent ça plutôt comme prétexte pour attiser l’antisémitisme, la haine intercommunautaire et c’est tout à fait déplorable”, a dit Zvi Tal, ministre plénipotentiaire à l’ambassade d’Israël en France, sur France Info.

Un appel a été lancé pour un nouveau rassemblement samedi prochain dans la capitale et une autre demande de manifestation a été déposée pour mercredi, toujours à Paris.

Ces demandes vont être examinées à la lumière des risques potentiels en termes de respect de l’ordre public, a dit Bernard Cazeneuve, précisant qu’il n’y avait “pas d’interdiction générale des manifestations”.

Marine Pennetier, avec Chine Labbé, édité par Yves Clarisse

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