July 5, 2014 / 9:24 AM / in 4 years

L'exécutif pour un redressement judiciaire de la SNCM

MARSEILLE (Reuters) - Le gouvernement considère samedi au douzième jour de la grève à la SNCM, qui paralyse le trafic vers la Corse et l’Afrique du Nord, que l’avenir de la compagnie maritime passe désormais par un redressement judiciaire.

Le secrétaire d’Etat aux Transports, Frédéric Cuvillier, estime samedi au douzième jour de la grève de la SNCM, qui paralyse le trafic vers la Corse et l'Afrique du Nord, que l’avenir de la compagnie maritime passe désormais par un redressement judiciaire. /Photo prise le 24 juin 2014 /REUTERS/Jean-Paul Pélissier

Interrogé à ce propos, Manuel Valls a confirmé qu’un tel scénario était selon le gouvernement la meilleure solution pour l’avenir de la SNCM.”C’est important de tenir un langage de vérité à l’égard de des acteurs économiques (...) mais surtout à l’égard des salariés. C’est sur cette voie qu’il faut construire l’avenir de cette société”, a déclaré le Premier ministre sur RTL.Il a souligné qu’il fallait “prendre en compte les réalités” de la SNCM, citant notamment les pénalités réclamées par la Commission européenne.

Dans une interview à la Provence, le secrétaire d’Etat aux Transports, Frédéric Cuvillier, dit avoir adressé un message en ce sens aux organisations syndicales.

“La situation décrite par la direction de l’entreprise laisse à penser que ce redressement passe par la voie du redressement judiciaire”, explique Frédéric Cuvillier dans le journal.

“La vérité est que la situation de la compagnie est grave et qu’avec cette grève elle s’aggrave de jour en jour”, ajoute-t-il.

Le secrétaire d’Etat estime que la trésorerie “pèse sur la pérennité de l’entreprise à court et moyen terme”.

“PAS LÂCHÉS MAIS TRAHIS”

Frédéric Cuvillier a nommé lundi Louis Gallois comme délégué interministériel chargé d’établir “un plan stratégique de soutien aux compagnies de transport maritime françaises” et Gilles Bélier comme négociateur dans le dossier.

Ce dernier devrait rencontrer les six syndicats grévistes de la SNCM lundi.

Mais l’annonce du gouvernement a provoqué la colère des représentants syndicaux, qui ont convoqué une assemblée générale samedi, dénonçant une “trahison”.

“Ce ministre (...) nous explique qu’on aurait le choix entre le redressement judiciaire, c’est-à-dire le démantèlement de la SNCM, ou la liquidation pour laquelle il était lui-même scandalisé quand il était dans l’opposition avec SeaFrance”, a déclaré à la presse Frédéric Alpozzo, secrétaire des marins CGT.

“Il faut écarter le redressement judiciaire de la SNCM, c’est une condition sine qua non. Nous ne sommes pas lâchés, mais trahis. Si les engagements signés au plus haut de l’Etat n’ont pas de valeur, on n’est plus en République”, a-t-il ajouté.

Les syndicats de la SNCM ont annoncé qu’ils allaient demander, via l’actionnariat salarié qui détient 9% de la compagnie, la saisine d’un juge d’instruction.

“Il y a des conflits d’intérêt dans ce dossier. Beaucoup de monde devrait être interrogé par la justice”, a déclaré Frédéric Alpozzo.

AIDES ILLEGALESLe plan industriel de la SNCM signé en juin 2013 prévoit la suppression de 500 emplois sans licenciement sur 2.600 et le renouvellement de la flotte avec l’achat de quatre navires, mais Transdev et Veolia, qui souhaitent se désengager, ont une nouvelle fois refusé de le mettre en oeuvre.

“L’entreprise n’est pas en mesure aujourd’hui de passer commandes de nouveaux navires. La situation ne le lui permet pas”, dit Frédéric Cuvillier dans La Provence.

“Plusieurs pistes et scenarii ont été établis pour renouveler la flotte. Dans tous les cas, il faut un investisseur et nous nous y employons”, ajoute-t-il.

La situation de la SNCM est notamment grevée par la décision de la Commission européenne de réclamer le remboursement de 440 millions d’euros d’aides d’Etat jugées illégales.

La compagnie maritime connaît sa troisième grève depuis le début de l’année après celles de janvier et de mars, qui ont respectivement duré huit et six jours.

François Revilla, avec Marion Douet à Paris, édité par Marc Angrand et Bertrand Boucey

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