July 4, 2014 / 2:53 PM / 4 years ago

CGT et FO menacent de bouder la conférence sociale

PARIS (Reuters) - La CGT et Force ouvrière (FO) ont à leur tour menacé vendredi de ne participer qu’à une partie de la conférence sociale de lundi et mardi, alors que le Medef a au contraire confirmé sa venue, après avoir agité le spectre d’un boycott.

La CGT et Force ouvrière (FO) ont à leur tour menacé vendredi de ne participer qu'à une partie de la conférence sociale de lundi et mardi, alors que le Medef a au contraire confirmé sa venue, après avoir agité le spectre d'un boycott. /Photo d'archives/REUTERS/Gonzalo Fuentes

La CGT décidera lundi de sa participation en fonction de la réponse de François Hollande à ses inquiétudes concernant le respect des engagements pris dans le cadre du dialogue social, a déclaré son secrétaire général, Thierry Lepaon.

“La CGT a pour principe d’être présente partout où les intérêts des salariés sont en jeu”, a-t-il dit sur France Info. “Mais je vous avoue que la manière dont Manuel Valls s’est comporté à l’encontre des engagements qui avaient été négociés entre les syndicats de salariés et les syndicats d’employeurs (...) forcément perturbe profondément notre organisation”.

Son homologue de FO, Jean-Claude Mailly, a pour sa part déclaré à Reuters que son organisation participerait à la première journée mais entendait “marquer le coup”, après les déclarations du Premier ministre aux Echos mercredi dernier.

“Les déclarations du Premier ministre changent la donne” sur la méthode comme sur le fond, a-t-il expliqué. “Nous prendrons une décision lundi. Je n’exclus rien, y compris une éventuelle non participation le deuxième jour.”

“Nous marquerons le coup, dans tous les cas de figure. On ne peut pas laisser passer. On n’est plus dans le même contexte qu’avant l’interview”, a-t-il ajouté.

Sept tables rondes animées par huit ministres sont prévues mardi sur l’emploi, l’insertion professionnelle des jeunes, l’agenda économique et social européen, l’investissement, le pouvoir d’achat, la politique de santé et la réforme de l’action publique. Manuel Valls doit conclure la journée.

Le Premier ministre a suscité la colère des syndicats en annonçant, notamment, le report partiel de la prise en compte de la pénibilité du travail dans le calcul des droits à la retraite et à la formation et en souhaitant des négociations sur “les simplifications possibles du code du travail”.

LE MEDEF CONFIRME SA PARTICIPATION

Un geste d’apaisement à l’adresse du patronat perçu par les syndicats comme une “rupture” dans le dialogue social prôné par l’Elysée.

“J’attends de François Hollande le respect des engagements pris dans le cadre du dialogue social”, a dit Thierry Lepaon, qui a précisé avoir écrit au chef de l’Etat. “Nous déciderons lundi matin de notre présence à la fois au discours de Manuel Valls (et) dans les tables rondes en fonction de la réponse que nous fera François Hollande”.

La réponse du chef de l’Etat à cet “ultimatum” n’a pas tardé. Dans une courte missive, dont Reuters a obtenu copie, François Hollande assure que les nouvelles modalités de mise en oeuvre du compte pénibilité “ne sont en rien contradictoires” avec sa volonté de faire du dialogue social une “priorité”.

“Sur un plan plus général, ma conception du dialogue social, comme celle du Premier ministre Manuel Valls, repose évidemment sur le respect de l’ensemble des partenaires sociaux” et des engagements pris dans le cadre de leurs négociations, écrit-il.

Son entourage se dit “zen” tandis que celui du ministre du Travail, François Rebsamen, en appelle à la responsabilité.

“Il y a depuis quelques jours un jeu de ‘je viens, je viens pas’. Chacun est libre de ses mouvements et doit avoir le sens des responsabilités sur son rôle dans l’exercice, sur les propositions a apporter”, dit au ministère du Travail.

Le conseil exécutif du Medef a au contraire jugé que les déclarations de Manuel Valls “étaient de nature à répondre en partie aux inquiétudes des chefs d’entreprises” et a approuvé vendredi la participation de l’organisation patronale.

Il a cependant souhaité dans un communiqué que la conférence sociale intègre une “dimension économique plus poussée” et ouvre la voie à une simplification de la législation sociale.

Marine Pennetier, Elizabeth Pineau et Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

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