July 2, 2014 / 9:29 AM / 4 years ago

Soutien prudent de l'UMP à Nicolas Sarkozy

PARIS (Reuters) - Plusieurs ténors de l’UMP sont sortis de leur silence mercredi pour apporter un soutien prudent à Nicolas Sarkozy, dont la mise en examen dans une affaire de trafic d’influence présumé pourrait compromettre le retour sur la scène politique.

Plusieurs ténors de l'UMP sont sortis de leur silence mercredi pour apporter un soutien prudent à Nicolas Sarkozy, dont la mise en examen dans une affaire de trafic d'influence présumé pourrait compromettre le retour sur la scène politique. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

L’annonce mardi matin du placement en garde à vue de l’ancien chef de l’Etat à l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales à Nanterre avait plongé le premier parti de l’opposition dans l’embarras.

A l’exception de quelques sarkozystes, les ténors du parti avaient soigneusement évité de se prononcer publiquement sur ce nouvel épisode judiciaire à l’heure où l’UMP est secouée par le scandale de l’affaire Bygmalion et où les appétits s’aiguisent en vue de la présidentielle de 2017.

La mise en examen pour recel de violation de secret professionnel, trafic d’influence actif et corruption active, prononcée dans la nuit de mardi à mercredi, semble avoir changé la donne même si la prudence reste de mise.

“Comme tout citoyen, il est présumé innocent. Il a indiqué que sa défense avait déjà apporté les preuves de cette innocence, donc que la procédure judiciaire se déroule”, a déclaré l’ancien Premier ministre et membre de la direction provisoire de l’UMP, Alain Juppé, lors d’une visite à Nantes.

Même tonalité chez François Fillon, candidat déclaré la présidentielle de 2017.

“ZONES D’OMBRES”

“Mis en examen, Nicolas Sarkozy est présumé innocent. Il est urgent que la lumière soit faite pour l’homme qui traverse une épreuve douloureuse comme pour le pays qui s’enfonce dans la crise de confiance”, écrit l’ex-chef de gouvernement sur son blog. “Ancien Président de la République, il a droit au respect.”

Il s’agit de la deuxième mise en examen, après celle dans l’affaire Bettencourt qui s’était soldée par un non-lieu, pour l’ancien président qui a perdu son immunité présidentielle après sa défaite en mai 2012 face à François Hollande.

L’information judiciaire qui lui vaut cette nouvelle mise en examen a été ouverte le 26 février sur la base d’écoutes téléphoniques qui l’ont visé, lui et son entourage, et qui sont entourées de “zones d’ombres” pour le député UMP de l’Eure Bruno Le Maire, qui s’est interrogé sur le rôle joué par l’exécutif.

“Quand le pouvoir en place a-t-il été informé de ces écoutes? Que savait-il du contenu de ces écoutes?”, a demandé l’ancien ministre de l’Agriculture sur RTL. “Tant que le président de la République et son gouvernement ne nous disent pas quel était le contenu de ce qu’ils savaient, cette affaire de justice peut devenir une affaire d’Etat”.

Dès mardi, le maire de Nice Christian Estrosi s’était élevé contre l’acharnement judiciaire dont est victime selon lui Nicolas Sarkozy. Mercredi, il a de nouveau accusé la justice de partialité, rappelant que Jérôme Cahuzac, l’ex-ministre socialiste du Budget mis en examen pour blanchiment de fraude fiscale, n’avait pas été lui mis en garde à vue.

“Je constate simplement qu’il y a des hommes politiques qui ont un traitement de faveur, d’autres qui n’en ont pas”, a-t-il dit sur France Info.

“ERREUR D’APPRÉCIATION” ?

Pour George Fenech, ancien magistrat et député UMP du Rhône, il s’agit désormais de mettre en place une audience publique le plus rapidement possible.

“Je ne comprends pas, je ne parle pas d’acharnement mais il peut parfaitement y avoir une erreur d’appréciation des juges, ça s’est déjà produit par le passé”, a ajouté l’élu, proche de Jean-François Copé, sur i>TELE, citant entre autres l’affaire Bettencourt et l’affaire Clearstream.

Les soupçons sont apparus en marge d’une enquête sur des accusations de financement libyen de sa campagne électorale en 2007, poussant la justice à placer deux téléphones utilisés par l’ex-chef de l’Etat sur écoute les 3 et 19 septembre 2013.

Ces interceptions auraient révélé que Nicolas Sarkozy et son avocat étaient bien renseignés sur la procédure alors en cours à la Cour de cassation sur l’affaire des soupçons d’abus de faiblesse aux dépens de la milliardaire Liliane Bettencourt.

Les juges cherchent à établir si Nicolas Sarkozy a tenté de faciliter une promotion à Monaco de Gilbert Azibert, lui aussi mis en examen en même temps d’un autre haut magistrat et l’avocat de l’ancien chef de l’Etat, en échange de renseignements sur l’avancée du dossier.

Marine Pennetier, avec Gérard Bon et Guillaume Frouin à Nantes, édité par Yves Clarisse

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