June 27, 2014 / 5:23 AM / 4 years ago

Le sommet européen s'ouvre dans l'ombre Jean-Claude Juncker

BRUXELLES (Reuters) - Les dirigeants européens ont ouvert leur sommet jeudi à Ypres, en Belgique, où ils ont participé à une cérémonie du centenaire de la Première Guerre mondiale avant d’entamer les hostilités sur le futur président de la Commission européenne.

Alors que les dirigeants européens ont ouvert leur sommet jeudi à Ypres, en Belgique, le Premier ministre britannique David Cameron a tout fait pour éviter que le démocrate-chrétien Jean-Claude Juncker (photo) ne soit nommé président de la Commission. /Photo prise le 26 juin 2014/REUTERS/François Lenoir

Le Premier ministre britannique David Cameron a tout fait, depuis les élections européennes du 25 mai, pour éviter que le démocrate-chrétien Jean-Claude Juncker ne soit nommé.

Mais il a été lâché par tous ses alliés, à l’exception du Hongrois Viktor Orban, y compris par ceux qui dénoncent un coup d’Etat institutionnel puisque l’ancien Premier ministre luxembourgeois est sur le point d’être désigné à la faveur de sa nomination par les députés de centre-droit.

David Cameron a refusé toutes les mains tendues et fait du rejet de ce candidat trop fédéraliste et pas assez neuf à ses yeux une question de principe, encouragé en cela par la poussée des souverainistes de l’Ukip lors du scrutin européen.

“Je pense que ce sera mauvais pour l’Europe. Je pense qu’ils font une erreur”, a-t-il dit dans des propos diffusés par son entourage, se disant prêt à défendre sa position à Bruxelles. “Ils renoncent au droit des chefs d’Etat et de gouvernement à choisir le président de la Commission, c’est une erreur.”

Il a réitéré sa volonté de renégocier les conditions de l’appartenance de son pays à l’UE avant un référendum sur son maintien dans le groupe des Vingt-Huit d’ici 2017.

Le sommet a débuté sur un symbole de réconciliation, David Cameron, la chancelière allemande Angela Merkel et François Hollande se tenant côte à côte à la Porte Ménin, à Ypres, où sont tombés 50.000 soldats du Commonwealth il y a un siècle.

La joute européenne, elle, n’a pas été au centre du débat qui a animé le dîner. Elle reprendra vendredi par un vote à la majorité qualifiée qui fera très probablement de Jean-Claude Juncker le candidat désigné et de David Cameron un dirigeant isolé.

GARDER LE ROYAUME-UNI DANS L’UE

Le Britannique a lui-même demandé ce vote pour ne pas renter à Londres en ayant donné l’impression d’abandonner. Certains, comme le président français, ont tenté de minimiser l’affrontement jeudi à son arrivée en Belgique.

“S’il y a une demande d’un vote, je suis pour le vote”, a dit François Hollande en marge de la réunion du Parti socialiste européen (PSE), rappelant que les sociaux-démocrates voulaient d’abord peser sur le programme de l’UE pour cinq ans.

“Il ne s’agit pas d’un choix qui va déterminer, pour un pays, son avenir, ce qui justifierait un veto (...) Ce qui compte, c’est la personne bien sûr, mais surtout les orientations qui vont être définies, le mandat qui va être confié au président de la Commission européenne.”

Sur ce plan, le projet de conclusions qui circulait jeudi laissait à penser que le centre-gauche, emmené par le président du Conseil italien Matteo Renzi, allait obtenir satisfaction.

Le document fait état d’un accord entre dirigeants pour user au mieux des souplesses offertes par le pacte de stabilité afin de soutenir la croissance, en prenant en compte les réformes structurelles dans l’évaluation des politiques budgétaires.

Si le projet ne ravit pas l’Allemagne, même si Angela Merkel a toujours dit qu’il fallait utiliser toutes les flexibilités déjà prévues par le pacte de stabilité, la présidence française se montrait jeudi soir relativement optimiste sur le contenu du document final.

Les conseillers étaient encore en train de finaliser les termes du document, tard dans la soirée, d’autant que l’Italie a demandé un langage très clair, selon des sources italiennes.

David Cameron n’a pas cherché la confrontation sur ce sujet puisqu’il est, lui, concentré sur le dossier de Jean-Claude Juncker.

Or tous les Européens, s’ils veulent avancer vite sur les personnes - un Conseil européen semble s’organiser pour le 17 juillet afin d’évoquer les noms des commissaires appelés à prendre leurs fonctions le 1er novembre -, ne veulent pas isoler totalement le Royaume-Uni.

Le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt, qui a tardé à soutenir Jean-Claude Juncker parce qu’il s’opposait à la prise de pouvoir des parlementaires, l’a rappelé jeudi.

“Nous sommes tous responsables, désormais, du maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne”, a-t-il dit. “Je ferai tout ce que je peux pour que les Britanniques restent dans l’UE.”

Gregory Blachier, avec Giselda Vagnoni, Luke Baker et Paul Taylor à Bruxelles, Francesco Guarascio à Ypres et Jan Strupczewski à Courtrai

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