June 26, 2014 / 3:18 PM / 4 years ago

Le patronat menace de boycotter la conférence sociale

PARIS (Reuters) - Les présidents du Medef, de l’Union professionnelle artisanale (UPA) et de la CGPME, qui menacent de boycotter la conférence sociale des 7 et 8 juillet, ont rendez-vous mardi pour arrêter une position commune, a-t-on appris jeudi de sources patronales.

Le président du Medef, Pierre Gattaz. Les présidents du Medef, de l'Union professionnelle artisanale (UPA) et de la CGPME, qui menacent de boycotter la conférence sociale des 7 et 8 juillet, ont rendez-vous mardi pour arrêter une position commune. /Photo prise le 18 février 2014/REUTERS/Benoît Tessier

Ces organisations patronales font monter la pression à quelques jours de cette conférence sur laquelle François Hollande et son gouvernement misent pour relancer le dialogue social et engager de nouvelles réformes.

Elles dénoncent l’application à partir du 1er janvier 2015 d’un dispositif de compensation pour les salariés exposés à des travaux pénibles, financé par une taxe patronale, malgré des ajustements apportés par le gouvernement.

L’UPA parle de “formidable machine à compliquer la vie des entreprises” et de “bombe à retardement”.

Selon une source patronale, le Medef pensait avoir obtenu le report de l’application de ce “compte personnel de prévention de la pénibilité” à 2016 et “a l’impression de se faire avoir”.

La CGPME dénonce aussi l’entrée en vigueur, le 1er juillet, de la durée minimale de 24 heures de travail par semaine pour les contrats à temps partiel, qui découle pourtant d’un accord interprofessionnel de 2013 sur la sécurisation de l’emploi.

“L’impact sur les embauches à temps partiel sera désastreux, privant ainsi la France de plusieurs centaines de milliers d’emplois”, prédit-t-elle dans un communiqué diffusé jeudi.

“De nombreux chefs d’entreprise dont l’activité commande de recruter des salariés moins de 24 heures par semaine renonceront à embaucher”, explique la CGPME. Il est encore temps de bloquer cette mesure. Maintenant.”

PARTICIPER OU NON?

Quant au Medef, il continue de juger insuffisants les quelque 41 milliards d’euros de baisses de charges et d’impôts des entreprises programmés par le gouvernement sur les trois prochaines années, dans le cadre du pacte de responsabilité, et souhaiterait au moins un calendrier beaucoup plus ramassé.

Dans ce contexte, les trois organisations mettent en doute l’objectif même de la conférence des 7 et 8 juillet.

“Notre idée était de dire que c’était davantage un point d’étape pour regarder tous les textes dans les tuyaux ou entrant en application et pour voir comment corriger le tir”, explique à Reuters le secrétaire général de la CGPME.

“A une semaine de la conférence, sur deux points de blocage majeurs, on nous claque la porte sur les doigts en nous disant qu’on ne bougera plus”, poursuit Jean-Eudes du Mesnil. “Dialoguer dans ces conditions n’est pas simple.”

Enfin, selon ce dirigeant, les organisations patronales refusent que la conférence impose l’ouverture de nouvelles discussions susceptibles de déboucher sur des contraintes et des prélèvements supplémentaires pour les entreprises.

“Y a-t-il un quelconque intérêt à participer à la conférence sociale? C’est une vraie question”, s’interrogeait le Medef mardi soir sur son compte Twitter. Une question également posée quelques heures plus tôt par la CGPME.

La réunion de mardi au siège de la CGPME aura pour objet de fixer une “position patronale sur l’opportunité de participer ou non à la conférence”, confirme Jean-Eudes du Mesnil, qui juge à ce stade un boycottage effectivement possible.

“FRITURE SUR LA LIGNE”

A défaut, les trois organisations patronales pourraient décider d’un “autre mode d’expression”, souligne-t-on à l’UPA. “Tout est possible”, renchérit-on au Medef.

Les organisations patronales sont cependant loin d’être sur la même ligne sur tous les sujets. La CGPME ne suit ainsi pas le Medef dans sa position radicale sur le pacte de responsabilité, inspirée notamment par l’Association française des entreprises privées (AFEP), qui fédère les grandes sociétés.

Le Medef est lui-même loin d’être monolithique. Si son président, Pierre Gattaz, est plutôt sur une ligne dure et, selon une source patronale, partisan de bouder la conférence, son pôle social, conduit par Jean-François Pilliard, est plutôt partisan de ne pas rompre le dialogue avec le gouvernement.

Le gouvernement veut croire que la poussée de fièvre des derniers jours relève d’une mise en scène pré-conférence - qui n’est pas l’apanage du seul patronat - et d’une concurrence entre organisations, voire d’arrière-pensées politiques.

“La base de ces organisations est préoccupée par la vie des entreprises mais souvent aussi assez active dans des milieux qui ne veulent pas nécessairement du bien au gouvernement”, dit-on de source gouvernementale. “Tout ça crée, dans une situation économique et sociale complexe, de la friture sur la ligne.”

“Il n’y a pas de crainte particulière”, assure-t-on cependant de même source. “Il ne faut être ni négligent ni naïf. On est assez serein mais vigilant.”

Edité par Yves Clarisse

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