June 22, 2014 / 10:44 AM / 4 years ago

L'EIIL s'empare de trois villes de l'ouest de l'Irak

par Kamal Namaa

Combattants de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) à Mossoul, à la mi-juin. Des insurgés sunnites emmenés par l'EIIL se sont emparés dimanche de trois localités dans la province d'Anbar, dans l'ouest de l'Irak, selon des sources proches des services de sécurité. /Photo prise le 11 juin 2014/REUTERS

ANBAR Irak (Reuters) - Des combattants sunnites emmenés par l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) se sont emparés dimanche de trois localités dans la province d’Anbar, dans l’ouest de l’Irak, a-t-on appris auprès de témoins et des services de sécurité.

L’EIIL a pris également le contrôle d’un poste-frontière de la même province, à la frontière irako-syrienne, a-t-on déclaré de source proche des services de sécurité. Al Walid est le deuxième poste-frontière à tomber aux mains des insurgés en 48 heures, après celui d’Al Kaïm dans la nuit de vendredi à samedi.

Les insurgés de l’EIIL cherchent à mettre en place un califat s’étendant sur la Syrie et l’Irak, en effaçant la frontière tracée en 1932 par les puissances européennes qui exerçaient des “mandats” sur les pays de la région. La conquête de postes-frontière constitue une prise de taille car elle permet désormais aux insurgés sunnites de faire passer du matériel militaire des territoires qu’ils contrôlent en Syrie vers l’Irak. “L’armée s’est retirée de Raoua, Ana et Routba ce matin et l’EIIL a agi rapidement pour prendre entièrement le contrôle de ces villes”, a dit un responsable des services de renseignement militaires s’exprimant sous le sceau de l’anonymat.

L’EIIL contrôle une partie de la province d’Anbar, frontalière de la Syrie, depuis le début de l’année et il s’est emparé d’une partie du nord-ouest du pays depuis le 10 juin et la prise de Mossoul, la deuxième plus grande ville d’Irak.

Dans la nuit de samedi à dimanche, les combattants djihadistes ont attaqué la ville d’Al Alam, au nord de Tikrit, selon des témoins et la police.

Ils ont été repoussés par les forces de sécurité et des milices tribales, ajoutent ces mêmes sources qui font état de deux morts et deux arrestations parmi les assaillants.

La télévision publique a rapporté que les “forces antiterroristes”, en coordination avec l’armée de l’air, avaient tué 40 membres de l’EIIL et détruit cinq véhicules dans des combats à Tikrit même, fief de l’ex-président Saddam Hussein.

COMBATS ENTRE SUNNITES

Les affrontements ont momentanément cessé à la raffinerie de Baïdji, la plus grande du pays, située près de Tikrit, à 200 km au nord de Bagdad. Le site est le théâtre d’une bataille depuis l’assaut lancé mercredi dernier par les rebelles sunnites, qui ont été repoussés par des unités de l’armée irakienne et encerclent désormais les principaux points d’accès au complexe, d’où s’échappe de la fumée.

Au moins 17 soldats et auxiliaires de l’armée ont par ailleurs été tués lors de combats contre des hommes de l’EIIL dans le secteur de Saïed Gharib, au nord de Doudjaïl, soit à une cinquantaine de kilomètres au nord de Bagdad, a-t-on appris de sources militaires et médicales.

Et un kamikaze portant une ceinture d’explosifs a actionné ses charges à quatre kilomètres de Ramadi, dans la province d’Anbar, lors des obsèques d’un officier tué au combat samedi. Une voiture piégée a explosé quelques minutes plus tard, et au total, ces explosions ont fait six morts et 18 blessés, a-t-on déclaré de sources militaires et médicales.

Pour le troisième jour consécutif enfin, des combats ont opposé dimanche matin les combattants de l’EIIL à des tribus sunnites soutenues par l’armée de Nakchbandi, composée d’anciens officiers de l’armée et de partisans du Parti Baas et de Saddam Hussein.

Les affrontements, qui ont débuté vendredi soir, se déroulent à Haouidja, un bastion sunnite situé au sud-ouest de Kirkouk, et ils ont fait plus de dix morts, indiquent des sources de sécurité locales et des chefs de tribu.

Les violences n’épargnent pas les territoires tenus par les Kurdes: une bombe a explosé dimanche au passage d’une patrouille de peshmergas (combattants kurdes) près de l’entrée sud de Kirkouk, faisant deux morts et huit blessés, a-t-on déclaré de source proche de la police.

Avec Ahmed Rasheed à Bagdad et un correspondant à Tikrit; Bertrand Boucey, Jean-Stéphane Brosse et Eric Faye pour le service français

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