June 19, 2014 / 9:44 AM / 4 years ago

Felipe intronisé roi d'Espagne, sans faste

MADRID (Reuters) - Felipe VI a été intronisé jeudi roi d’Espagne lors d’une cérémonie sans ostentation alors que ses sujets continuent à souffrir de la crise économique et s’interrogent pour beaucoup sur le bien-fondé de conserver un régime monarchique.

Felipe VI dans les rues de Madrid. Le nouveau roi d'Espagne a été intronisé jeudi lors d'une cérémonie sans ostentation. /Photo prise le 19 juin 2014/REUTERS/Fernando Villar/Pool

Dans un pays en proie à des tensions séparatistes, notamment en Catalogne, le nouveau monarque a immédiatement mis l’accent sur l’unité de l’Espagne dans le respect des différences culturelles de chaque région. Il a conclu son discours par un “merci” décliné en quatre langues: castillan, basque, catalan et galicien.

Felipe, dont la nouvelle fonction est essentiellement protocolaire, succède à 46 ans à son père Juan Carlos, qui a annoncé le 2 juin son abdication après avoir été fragilisé par une série de scandales et des soucis de santé.

En tenue d’apparat militaire, le souverain a juré fidélité à la Constitution espagnole avant de consacrer une large part de son discours devant le Congrès des députés, la chambre basse des Cortes, au thème de l’unité nationale.

“Il y a une place pour chacun de nous dans une Espagne unie et diverse”, a-t-il déclaré devant un auditoire rassemblant les principaux dignitaires du pays, les anciens présidents du gouvernement et certains membres de la famille royale.

Aucun dirigeant étranger n’avait été invité.

Felipe a insisté sur le respect des diverses cultures et langues qui cohabitent en Espagne, adressant en cela un message aux habitants de Catalogne et du Pays basque, deux régions où les mouvements indépendantistes sont particulièrement vivaces.

Sa conclusion plurilingue a toutefois été accueillie sans enthousiasme par les dirigeants des exécutifs régionaux du Pays basque et de Catalogne, ostensiblement réservés dans leurs applaudissements.

JUAN CARLOS ABSENT

Contrairement aux intronisations pompeuses d’autres régimes monarchiques, cette cérémonie a pris des allures de formalité juridique. C’était le but recherché, dit-on au palais royal, dans un pays où plus d’un actif sur quatre est au chômage.

“Nous devons remporter la bataille de l’emploi, qui est la première préoccupation des Espagnols”, a dit Felipe.

Juan Carlos n’a pas assisté à cette intronisation afin que toute l’attention soit portée sur le nouveau monarque, a-t-on déclaré au palais royal. De même, le roi abdicataire et son épouse Sofia devaient rester à l’écart de la cérémonie prévue dans l’après-midi au palais royal pour laquelle ont été conviés 2.000 invités issus des milieux d’affaires, de la corrida, du sport ou encore des arts.

Après l’intronisation au Congrès des députés, Felipe a paradé dans les rues de Madrid avec son épouse Letizia, une ancienne journaliste, à bord d’une Rolls Royce décapotable escortée par des gardes montés. Le long du parcours orné de fleurs rouges et jaunes, les couleurs de l’Espagne, des milliers de personnes, dont des touristes, ont agité des drapeaux et scandé “vive le roi” au passage du cortège. Le couple, accompagné de ses filles Leonor, huit ans, et Sofia, sept ans, a ensuite salué la foule du balcon du palais royal, un édifice du XVIIIe siècle.

Felipe a été épargné par les scandales qui ont terni l’image de la monarchie espagnole récemment. Son beau-frère, époux de l’infante Cristina, est accusé du détournement de millions d’euros de fonds publics tandis que Juan Carlos lui-même a vu sa popularité s’effondrer depuis les révélations sur son safari au Botswana en 2012 en pleine crise économique en Espagne.

Cristina et sa famille n’ont pas non plus assisté à cette intronisation.

D’après les sondages, l’effacement de Juan Carlos au profit de son fils a été bien perçu par les Espagnols, qui sont toutefois environ deux tiers à approuver l’idée d’un référendum sur le maintien d’une monarchie constitutionnelle, selon une étude Metroscopia pour El Pais.

Les autorités de Madrid ont interdit aux républicains de manifester en cette journée d’intronisation. Des manifestants portant des drapeaux rouge, jaune et violet, les couleurs de la seconde république espagnole dans les années 1930, ont toutefois tenté de s’approcher du cortège, provoquant la colère de certains partisans de la monarchie.

Plusieurs centaines de personnes ont brièvement défilé sous la surveillance étroite de la police pour réclamer la tenue d’un référendum.

D’après les médias espagnols, trois personnes ont été arrêtées pour avoir tenté de franchir les barrières de police.

Avec Tracy Rucinski, Raquel Castillo, Tomas Cobos et Fiona Ortiz; Bertrand Boucey pour le service français, édité par Tangi Salaün

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