June 16, 2014 / 10:39 AM / 4 years ago

Les syndicats de la SNCM demandent des sanctions contre Corsica

MARSEILLE (Reuters) - Les syndicats de la SNCM demandent aux pouvoirs publics une enquête et des sanctions à l’encontre de la compagnie maritime concurrente Corsica Ferries, dont l’un des navires a effectué quatre voyages entre la Corse et le continent avec une déchirure d’une cinquantaine de mètres dans sa coque.

Les syndicats de la SNCM ont lancé un appel à une grève reconductible pour le 24 juin prochain pour protester contre l'incertitude sur l'avenir de leur entreprise en difficulté. /Photo d'archives/REUTERS

Ils ont parallèlement lancé un appel à une grève reconductible pour le 24 juin prochain pour protester contre l’incertitude sur l’avenir de leur entreprise en difficulté.

Le ferry Mega Express V a accroché un haut fond le 31 mai à la sortie du port d’Ile Rousse (Haute-Corse) et a poursuivi ses rotations sans déclarer l’incident dans des conditions de sécurité contestées par la CGT de la SNCM.

Une trentaine de marins ont manifesté lundi devant le bureau des Affaires Maritimes de Marseille pour réclamer une “totale lumière” sur cet incident.

“Nous dénonçons le comportement irresponsable de l’armateur qui fait peu de cas de la réglementation et aurait dû immobiliser le navire plutôt que de faire courir un risque aux 5.000 passagers transportés”, a dit à la presse le délégué CGT Frédéric Alpozzo.

Le syndicat, qui a toujours dénoncé le “dumping social et fiscal” pratiqué selon lui par la compagnie italienne, demande que les autorités maritimes “aillent au bout de cette affaire” avec la prise de “sanctions pénales et financières” pour l’armateur si l’enquête devait démontrer un “manquement aux règles de sécurité”.

Dans un communiqué, la CFE-CGC souligne que “tout navire à l’obligation de signaler immédiatement au Crossmed tout incident de navigation sous peine de sanctions pénales”, ce que n’aurait pas fait selon le syndicat la Corsica Ferries.

Le Mega Express V a effectué quatre rotations entre la Corse et le continent après son talonnage avec une déchirure de quatre centimètres de large sur cinquante mètres de long de sa coque.

Le navire a ensuite été acheminé vers un chantier naval de la Spezia, en Italie, avant de reprendre ses rotations entre Toulon et la Corse à compter du 9 juin.

L’appel à la grève lancé par la CGT et la CFE-CGC vise à mettre le gouvernement sous pression avant l’assemblée générale de la Société nationale Corse Méditerranée qui officialisera la prise en mains par Transdev, co-entreprise entre la Caisse des dépôts et Veolia, actionnaire à 66%.

Le départ de l’ancienne direction fait peser une grande menace sur le plan de restructuration dont elle était porteuse.

Transdev et Veolia, qui souhaite se désengager, ont dit ne pas vouloir mettre en oeuvre ce plan signé en 2013, qui prévoit l’achat de quatre nouveaux navires et la suppression de 500 emplois sur 2.600, après l’avoir pourtant approuvé.

L’avenir de la compagnie, qui doit rembourser 440 millions d’euros d’aides d’Etat jugées illégales par l’Union européenne, est désormais gravement compromis.

Le président de Baja Ferries a confirmé fin mai être intéressé par la reprise de la SNCM mais sans renouvellement de la flotte et avec des réductions de personnel.

Jean-François Rosnoblet, édité par Yves Clarisse

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