June 15, 2014 / 11:39 AM / 4 years ago

La grève à la SNCF reconduite lundi, premier jour du bac

PARIS (Reuters) - La grève contre la réforme ferroviaire a été reconduite et entrera lundi, jour des premières épreuves du baccalauréat, dans son sixième jour, a annoncé la CGT Cheminots, l’un des deux syndicats qui poursuivent un mouvement dénoncé au sommet de l’Etat.

Gare de Lyon à Paris, dimanche. La grève contre la réforme ferroviaire a été reconduite et entrera lundi, jour des premières épreuves du baccalauréat, dans son sixième jour, a-t-on appris auprès de la CGT Cheminots, l'un des deux syndicats qui poursuivent le mouvement dénoncé par le gouvernement. /Photo prise le 15 juin 2014/REUTERS/Christian Hartmann

Sud-Rail, l’autre centrale engagée dans un bras de fer avec le gouvernement sur cette réforme qui doit être examinée à partir de mardi à l’Assemblée, avait fait savoir dès samedi que le mouvement était reconduit jusqu’à lundi par la plupart des assemblées générales.

La CGT et Sud-Rail sont décidées à poursuivre leur mouvement malgré les appels de François Hollande et du gouvernement à cesser la grève qui “n’a pas de sens” selon le ministre des Finances Michel Sapin, dernier à s’exprimer dimanche.

Ils disent s’inquiéter notamment des conséquences pour les près de 687.000 candidats au baccalauréat qui débute lundi et des souplesses horaires ont été décidées pour ceux qui arriveraient en retard faute de moyen de transport.

Le trafic était encore fortement perturbé dimanche et la SNCF ne prévoit qu’une légère amélioration pour lundi. Elle a en outre mis en place une “assistance exams” pour les candidats qui doivent emprunter le train pour aller passer le baccalauréat.

Elle liste sur son site internet une série de bus ou trains “garantis” en régions, a ouvert un numéro vert spécifique et distribuera des kits - autocollants, badges - qui permettront d’identifier les bacheliers comme voyageurs prioritaires.

La SNCF prévoit une “légère amélioration, notamment en matinée” mais maintient, dans un communiqué, “sa recommandation de reporter leurs déplacements à toutes les personnes qui en ont la possibilité”.

Un peu plus d’un TGV sur deux devraient circuler lundi avec un service normal sur les lignes internationales, deux TGV sur trois sur l’axe Est, un sur deux sur les Nord et Atlantique et un sur trois sur l’axe Sud-Est et de province à province.

Les liaisons Intercités et TER sont un peu plus touchées avec 40% du service assuré pour les premières et 50% pour les secondes. En Ile-de-France, quatre trains sur dix rouleront.

Le gouvernement assure être toujours ouvert à la discussion avec les deux organisations concernées, tout en excluant un report de l’examen du texte qui prévoit le rapprochement entre la SNCF et Réseau ferré de France (RFF).

Après François Hollande et le Premier ministre Manuel Valls, mais aussi le patron de la CFDT Laurent Berger, dont la centrale a signé le texte de modernisation du ferroviaire, Michel Sapin a à son tour appelé à terminer le mouvement entamé mardi soir.

“Je dis que cette grève n’a pas de sens, que le texte qui va être discuté et amélioré (au Parlement) est un texte de bon sens”, a dit le ministre des Finances lors du Grand Rendez-vous Europe 1-i>Télé-Le Monde.

“L’intérêt de ceux qui aujourd’hui prônent la grève est de considérer, comme on le dit depuis très longtemps, qu’il faut savoir arrêter la grève”, a-t-il insisté.

PARI SUR L’ESSOUFFLEMENT

“Il me paraît de l’intérêt de tous et tout particulièrement des personnels (...) parce que ce que nous préparons, c’est la SNCF de demain, une SNCF réunifiée”, a encore ajouté Michel Sapin, rappelant que la CGT avait pris part aux discussions sur le texte.

Selon le ministre des Finances, des aménagements au texte sont encore possible dans le cadre du débat parlementaire mais la grève n’influencera pas davantage le gouvernement.

L’exécutif mise sur l’essoufflement du mouvement et sur la division du mouvement syndical, avec lequel il a mené des négociations ces derniers jours pour désamorcer le conflit.

“Il y a toujours dans notre vie française un certain nombre de conflits. Elle est importante parce qu’elle est à la SNCF, elle est limitée par le nombre de personnes concernées. Dans une semaine, on parlera de la réforme”, a-t-il affirmé.

Les syndicats grévistes souhaitent un retour à la situation d’avant 1997, soit un seul et même établissement public alors que trois sont prévus par le projet de loi, et la reprise de la dette ferroviaire de 44 milliards d’euros par l’Etat.

Sud-Rail, troisième plus gros syndicat à la SNCF après la CGT et l’Unsa, accuse pour sa part le gouvernement d’ignorer les syndicats et affirme n’avoir pas été entendu.

“Depuis jeudi, nous n’avons eu aucun signe du gouvernement qui refuse de négocier”, a dit sur BFM TV la secrétaire Sud-Rail Nathalie Bonnet, citant trois revendications : entreprise unique, réglementation commune à tous les salariés et reprise de la dette globale de 40 milliards par l’Etat.

“Nous attendons un signe fort du gouvernement (...) Les cheminots ont fait plusieurs démonstrations cette année, des grèves d’une journée, une grande manifestation le 22 mai, donc maintenant nous n’avons plus que la grève pour nous faire entendre.”

L’Unsa et la CFDT ont, elles, signé cette semaine un accord sur les amendements que le gouvernement soutiendra lors de l’examen du projet de loi de réforme

Gregory Blachier

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