June 13, 2014 / 11:35 AM / 4 years ago

Jean-Marie Le Pen maintient la pression sur sa fille

PARIS (Reuters) - Jean-Marie Le Pen a publié vendredi une lettre ouverte dans laquelle il répond sans prendre de gants à sa fille Marine sur les critiques qui le visent dans son mouvement après qu’il a parlé d’une “fournée” d’artistes opposés au Front national.

Jean-Marie Le Pen a publié vendredi une lettre ouverte dans laquelle il répond sans prendre de gants à sa fille Marine sur les critiques qui le visent dans son mouvement après qu'il a parlé d'une "fournée" d'artistes opposés au Front national. /Photo prise le 20 mai 2014/REUTERS/Jean-Paul Pélissier

Le président d’honneur du FN dénonce comme une “injustice supplémentaire” la suppression de son journal de bord sur le site officiel du parti pour des raisons juridiques, mais a obtenu qu’un lien renvoie sur son blog personnel.

Le vice-président du FN, Florian Philippot, a appelé à “tourner la page” de cette affaire, soulignant que le “premier parti de France est attendu par les Français” sur le fond, comme la libéralisation du rail impulsée par l’Union européenne.

“Toute cette affaire est vide, il n’y a rien”, a-t-il dit sur BFM TV, minimisant les critiques formulées par Marine Le Pen envers son père.

Selon un sondage Polling Vox pour Valeurs actuelles, diffusé vendredi, le maintien de Jean-Marie Le Pen à la présidence d’honneur du FN est un “handicap” pour 81% des Français et 74% des sympathisants du FN.

Les propos de Jean-Marie Le Pen ont convaincu la secrétaire départementale frontiste dans le Bas-Rhin de démissionner d’un parti qu’elle avait rejoint en 2002 après avoir milité au RPR.

“C’est la goutte qui a fait déborder le vase”, a dit Pascale Ellès à Reuters.

Si elle dit n’avoir pas de reproches à faire à Marine Le Pen, cette restauratrice de 48 ans avait contesté le choix de Jean-Luc Schaffhauser, un ancien centriste membre de l’Opus Dei comme tête de liste aux élections municipales à Strasbourg.

Dans son courrier, Jean-Marie Le Pen n’hésite pas à rappeler à Marine Le Pen certaines de ses actions controversées.

“Vous-même, n’avez-vous pas été mise en cause par votre déclaration sur ‘l’occupation’ de rues par des fidèles musulmans ou encore par votre présence à Vienne, à un bal, réputé ‘nazi’ par nos ennemis ?”, écrit-il

“Vous estimez-vous donc fondée à sanctionner le fondateur et président d’honneur du Front National, en outre, député européen depuis 30 ans et brillamment réélu avec quatre colistiers ?”, ajoute-t-il en vouvoyant la présidente du FN.

CENSURE PRÉALABLE

Le député européen qualifie la dénonciation de ses propos de “campagne médiatique diffamatoire déclenchée par les sycophantes, chiens de chasse de l’antisémitisme, pour l’emploi du mot ‘fournée’”.

Il épingle Marine Le Pen, son compagnon et député européen Louis Aliot ainsi que le député mariniste Gilbert Collard, les jugeant responsables de l’ampleur prise par l’affaire.

“Cette dénonciation de mes propos est, hélas, banale et n’aurait pas pris d’ampleur (...) si cette calomnie odieuse n’avait été accréditée par les commentaires maladroits d’un responsable FN et celui d’un député, qui n’est pas membre du Front national, tout en lui devant son élection, mais surtout par votre condamnation d’une ‘faute politique’”, écrit-il.

“Vous me faites grief de n’avoir pas anticipé les éventuelles attaques dont je pouvais être l’objet, autrement dit, de ne pas m’être appliqué une censure préalable volontaire comme dans les pays totalitaires”, ajoute-t-il.

Jean-Marie Le Pen termine son courrier en réclamant à Marine Le Pen “la simple réparation d’un dommage injustifié”. “Dès lors, conclut-il, je considérerai dans l’intérêt commun que l’incident est clos”.

Le fondateur du FN avait indiqué jeudi soir lors d’un déplacement à Nice qu’il n’avait toujours pas eu de contact avec sa fille depuis le début de cette saga familiale et politique.

Marine Le Pen n’a pas réagi dans l’immédiat à l’appel de son père. Mais la création d’un lien sur le site officiel du parti renvoyant au blog personnel de Jean-Marie Le Pen, où figure son journal de bord - bien qu’il n’y en ait pas cette semaine - pourrait constituer un compromis.

Gérard Bon, avec Gilbert Reilhac à Strasbourg, édité par Sophie Louet

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