June 12, 2014 / 7:33 AM / 4 years ago

CGT et Sud-Rail appellent à amplifier la grève à la SNCF

PARIS (Reuters) - La CGT et Sud-Rail ont appelé jeudi soir à amplifier la grève à la SNCF, reconduite pour une troisième journée malgré les progrès constatés plus tôt lors d’une rencontre avec le secrétaire d’Etat aux Transports, Frédéric Cuvillier.

La grève à la SNCF a été reconduite pour une troisième journée malgré les progrès constatés lors d'une nouvelle réunion, jeudi, entre le secrétaire d'Etat aux Transports, Frédéric Cuvillier, et des syndicats de cheminots opposés à la réforme ferroviaire. /Photo prise le 12 juin 2014/ REUTERS/Jean-Paul Pélissier

Les deux fédérations, opposées à la réforme ferroviaire et majoritaires à elles deux, jugent que “le projet de loi demeure fortement néfaste” et appellent en conséquence “à poursuivre et à amplifier le mouvement”, dans une déclaration commune.

La SNCF prévoit une amélioration du trafic vendredi, avec quatre trains Intercités sur dix en moyenne, un sur deux en moyenne sur le réseau régional, quatre sur dix en moyenne en Ile-de-France et un sur deux en moyenne pour les grandes lignes.

“On n’est pas loin, je l’espère, d’un accord”, avait auparavant déclaré le président François Hollande lors d’un déplacement en Andorre.

Frédéric Cuvillier juge quant à lui la réforme “indispensable” pour préparer l’ouverture à la concurrence et résorber une dette ferroviaire de 40 milliards d’euros.

Il a rencontré la CGT et Sud-Rail, qui ont ensuite décidé de reconduire la grève pour 24 heures, jusqu’à vendredi 19h00.

Frédéric Cuvillier, qui a également vu l’Unsa et la CFDT, s’était pourtant montré optimiste sur une reprise du travail.

“Je suis optimiste parce qu’il y a une attente du pays, des usagers, des collectivités, il y a une volonté du gouvernement, de l’Etat de répondre à ces attentes”, a-t-il dit.

“Quatre-vingt deux pour cent des Français disent être favorables à la réforme ferroviaire que je présente. Je ne veux pas qu’il y ait d’incompréhension entre cheminots et usagers.”

SYNDICATS DISPERSÉS

Les syndicats eux-mêmes avancent en ordre dispersé.

La CGT avait posé comme condition le report du projet de loi, qui prévoit de rapprocher la SNCF et Réseau ferré de France (RFF) en conservant trois établissements publics distincts.

Le texte sera examiné à partir du 17 juin à l’Assemblée.

Les syndicats souhaitent un retour à la situation d’avant 1997, soit un seul et même établissement public, et la reprise de la dette ferroviaire par l’Etat. Gilbert Carrel, secrétaire CGT cheminots, avait fait état d’avancées - notamment la convocation d’états généraux du dialogue social à la SNCF - qu’il a jugé insuffisantes. Sa position est moins dure que celle de Sud-Rail, dont les représentants ont écourté la réunion au ministère.

“Une fois de plus, le ministre n’a pas entendu les revendications des cheminots”, a dit la déléguée Sud-Rail Nathalie Bonnet sur BFM-TV après la rencontre. “Aujourd’hui, nous n’avons pas avancé d’un point sur nos revendications.”

L’Unsa et la CFDT, qui ont recueilli au total près de 38% des voix aux dernières élections, semblent plus enclines à négocier des aménagements et ont laissé la porte ouverte au travail des parlementaires, notamment sur le financement.

L’Unsa, deuxième organisation de la SNCF, a ainsi salué des progrès sur le caractère inséparable des futures entités, sur les statuts des personnels, sur la sécurité ou sur la tenue “rapide” des états généraux du dialogue social.

22,64% DE GRÉVISTES

Ce dernier point est en partie à l’origine de la crise, ce qu’a relevé Frédéric Cuvillier dans une forme d’avertissement à la direction de la SNCF. “Un certain nombre d’interrogations, de critiques concernent des questions internes à la SNCF. Je ne veux pas que cette réforme si importante soit fragilisée par des manquements à l’intérieur de l’entreprise”, a-t-il dit.

Le secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon, a abondé dans son sens en marge d’un déplacement à Mulhouse, où il a évoqué “un conflit qui était prévisible depuis un an et demi”.

“Les camarades cheminots ont raison aujourd’hui de faire irruption sur le terrain social. Quand le Medef demande quelque chose, il l’a dans les 48 heures. Quand les cheminots demandent à discuter de leur travail, de leur avenir et de celui de leur entreprise, il faut qu’on passe par un conflit social pour être entendu et peut-être écouté”, a-t-il dit.

Le ministre de l’Education, Benoît Hamon, a dit sur I>Télé avoir pris des mesures en cas de perturbation des épreuves du baccalauréat lundi. Les élèves en retard de moins d’une heure pourront ainsi voir leur épreuve prolongée, a-t-il dit.

Le trafic a été très perturbé jeudi malgré une amélioration “significative” par rapport à la veille, selon la SNCF, qui a annoncé 22,64% de grévistes contre 27,84% mercredi.

Jean-Baptiste Vey et Gregory Blachier, avec Julien Ponthus en Andorre et Patrick Genthon à Mulhouse

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