June 7, 2014 / 2:13 PM / 4 years ago

Porochenko investi, les combats continuent dans l'Est ukrainien

SLAVIANSK/LOUHANSK Ukraine (Reuters) - Les séparatistes pro-russes ont ignoré samedi la main tendue du nouveau président ukrainien Petro Porochenko, poursuivant les combats dans l’est du pays.

Lors de son discours d'investiture à Kiev, la capitale ukrainienne, le président Petro Porochenko a appelé les rebelles à déposer les armes et à ouvrir un dialogue, promettant à "ceux qui n'ont pas de sang sur les mains" qu'ils ne seraient pas poursuivis. Les séparatistes pro-russes ont ignoré samedi la main tendue, poursuivant les combats dans l'est du pays. /Photo prise le 7 juin 2014/REUTERS/Anastasia Sirotkina/Pool

Lors de son discours d’investiture à Kiev, la capitale ukrainienne, Petro Porochenko a appelé les rebelles à déposer les armes et à ouvrir un dialogue, promettant à “ceux qui n’ont pas de sang sur les mains” qu’ils ne seraient pas poursuivis.

Mais des porte-paroles des rebelles de la “République populaire de Donetsk”, qui a déclaré son indépendance de l’Ukraine et veut son rattachement à la Russie voisine, ont déclaré à Reuters que le combat continuerait.

“Ce qu’ils veulent, en fait, est un désarmement unilatéral et que nous nous rendions. Cela ne se produira jamais”, déclare Fiodor Berezine, un représentant des séparatistes. “Tant que les troupes ukrainiennes seront sur notre sol, pour moi, ce que veut Porochenko c’est la soumission”, a-t-il déclaré par téléphone de Donetsk.

Depuis l’élection présidentielle du 25 mai, les forces gouvernementales ont lancé une campagne qualifiée d’”anti-terroriste” contre les séparatistes russophones de l’Est ukrainien.

Les rebelles ont riposté, transformant une partie de l’Est en zone de guerre. Vendredi, ils ont abattu un avion de l’armée et tué un membre des forces spéciales du ministère de l’Intérieur à Slaviansk, une de leurs places-fortes.

Les combats se sont poursuivis samedi autour de Slaviansk. De la fumée s’élevait au-dessus des forêts alentours.

Des véhicules blindés de transport de troupes ukrainiens et des véhicules de transport militaire étaient alignés le long de la route menant à la ville. Et, derrière des blocs de béton et des sacs de sable, des militaires orientaient leur mitrailleuses vers les voitures et les autobus sortant de la ville.

“On n’entend que pilonnages et bombardements. Hier, des maisons entières ont brûlé. Cela fait trois jours que nous nous cachons au sous-sol. Nous avons fini par nous décider à partir. Il n’y a pas d’eau et pas d’électricité”, raconte Inna, 38 ans, qui quitte la ville à pied avec sa mère et sa grand-mère. Elles emportent avec elle de l’eau, de la nourriture et des vêtements.

“C’EST NOTRE TERRE”

Dans son discours, le nouveau président s’est dit prêt à parler avec les citoyens pacifiques, non armés. Il a promis de garantir la mise en place d’un corridor pour permettre aux combattants russes de regagner leur pays.Son appel ne semble pas avoir été entendu.

“Nous avons atteint le point de non retour”, déclare Andreï Soukhanov, commandant de la milice séparatiste Kaskad (Cascade), aux commandes d’un barrage routier à Slaviansk.

Au moment où le gouvernement resserre l’étau autour de Slaviansk, désormais totalement encerclée par l’armée, il semble au contraire perdre du terrain dans la région de Louhansk, où les garde-frontières ont fui plusieurs bases après avoir été attaqués.

Quelque 200 personnes ont manifesté contre la cérémonie d’investiture de Petro Porochenko dans le centre-ville. Certains ont déposé des fleurs sur le trottoir en mémoire de huit personnes tuées lundi.

Les habitants racontent quelles sont mortes lors d’une frappe aérienne d’un avion ukrainien qui a fait un trou dans l’immeuble de l’administration régionale.

“Notre gouvernement est aux ordres de l’Amérique. Porochenko, nous te demandons de faire cesser cela; est-ce que tu veux vraiment faire couler le sang ?” criait une femme rousse sous les applaudissements.

Effrayé par les sirènes d’alerte aux bombardements qui déchirent la ville durant la nuit, Dmitri Grib, 20 ans, explique qu’il s’apprête à partir pour Moscou.

“Je suis venir faire un tour avant de partir, déclare-t-il. “Il (Porochenko) ne m’inspire pas confiance. Ce n’est pas moi qui l’ai élu.”

Olga Polovinka, qui travaille comme médecin dans une association pour les sans-abri, veut rester. “C’est notre terre. Pourquoi devrions-nous partir?” demande cette femme de 75 ans.

Le séparatiste Valery Bolotov, gouverneur de la “République populaire de Louhansk”, se veut lyrique devant les journalistes.

“Les Ukrainiens ont fait leur choix et ils doivent l’assumer. En ce qui concerne notre république, nous n’avons pas de relations diplomatiques avec l’Ukraine”, déclare-t-il lors d’une conférence de presse. “Aujourd’hui, l’Ukraine a un nouveau président. Maintenant, il aura sur la conscience le sang de notre peuple et celui des Ukrainiens.”

Danielle Rouquié pour le service français

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