June 5, 2014 / 7:54 PM / 4 years ago

Ballet diplomatique à Paris avant les cérémonies du D-Day

par Elizabeth Pineau

Dîner dans un restaurant étoilé de Paris entre le président François Hollande et le chef de la Maison blanche, Barack Obama. Paris a été jeudi le théâtre d'un ballet diplomatique centré sur la crise ukrainienne, en tête des thèmes abordés par François Hollande et ses invités, Barack Obama et Vladimir Poutine, à la veille des commémorations du Débarquement allié de 1944. /Photo prise le 5 juin 2014/REUTERS/Christophe Karaba/Pool

PARIS (Reuters) - Paris a été jeudi le théâtre d’un ballet diplomatique centré sur la crise ukrainienne, en tête des thèmes abordés par François Hollande et ses invités, Barack Obama et Vladimir Poutine, à la veille des commémorations du Débarquement allié de 1944.

Après le G7 de Bruxelles, qui n’exclut pas de nouvelles sanctions contre la Russie, la France veut favoriser la désescalade exigée par les Européens et obtenir, au minimum, une poignée de main entre les présidents russe et ukrainien.

Le délicat agenda imaginé par les chancelleries a évité tout croisement dans la capitale française entre Barack Obama et Vladimir Poutine, qui ont partagé chacun un repas avec François Hollande : dîner dans un restaurant étoilé proche de l’Arc de Triomphe pour le président américain, souper à l’Elysée ensuite pour le chef du Kremlin.

Au terme de ces deux rencontres, on insistait dans l’entourage du président français sur les efforts à consentir de part et d’autre pour “engager les conditions d’une désescalade”.

“L’investiture du président ukrainien, samedi, sera l’occasion de messages”, a souligné un conseiller du chef de l’Etat français après le souper à l’Elysée.

François Hollande a rencontré mercredi en Pologne Petro Porochenko, qui sera son “invité personnel” vendredi en Normandie.

Les cérémonies marquant le 70e anniversaire du Débarquement feront de la France le “centre du monde”, selon les termes du chef de l’Etat.

La présence exceptionnelle de la plupart des dirigeants occidentaux transforme de facto ce rassemblement en sommet informel sur l’Ukraine, livrée au chaos depuis l’annexion de la péninsule de Crimée par la Russie en mars et l’éclatement de troubles séparatistes pro-russes dans l’Est.

RENCONTRE POUTINE-POROCHENKO ?

Vladimir Poutine s’est entretenu à Paris avec le Premier ministre britannique David Cameron, qui a dit lui avoir adressé “des messages fermes et très clairs” lui demandant de cesser de s’ingérer dans les affaires internes de l’Ukraine.

Il verra la chancelière allemande Angela Merkel en Normandie et n’a pas exclu de rencontrer son nouvel homologue ukrainien en marge des cérémonies du D-Day.

Les deux hommes se retrouveront à la même table pour un déjeuner au château de Bénouville, puis lors d’un spectacle prévu dans l’après-midi sur la plage de Ouistreham (Calvados).

Dans une interview diffusée mercredi sur Europe 1 et TF1, Vladimir Poutine a dit n’avoir aucune intention “d’ignorer quiconque” en France.

Le président ukrainien élu le 25 mai, dont l’investiture est prévue samedi, a lui aussi fait montre d’ouverture.

“Au point où nous en sommes, une rencontre entre Poutine et moi n’est pas envisagée, mais je n’exclus pas qu’elle ait lieu sous une forme ou sous une autre”, a dit Petro Porochenko.

Dans l’entourage de François Hollande, on reste prudent sur les possibilités d’une telle rencontre. “Si on en parle, ça ne marchera pas”, souligne-t-on.

“BOUTON PAUSE”

Partisans d’une ligne dure envers Moscou, les Etats-Unis ont émis des réserves sur la vente par la France de navires porte-hélicoptères Mistral à la Russie, une requête à laquelle François Hollande a adressé une fin de non recevoir.

Il eut été préférable pour Paris “d’appuyer sur le bouton pause”, a déclaré à Bruxelles Barack Obama, qui a toutefois dit comprendre les inquiétudes françaises, notamment en ce qui concerne le millier d’emplois liés à ce contrat.

Selon l’entourage de François Hollande, “rien de substantiel” n’a été dit sur ce dossier lors du dîner avec Barack Obama, qui a aussi été l’occasion de se pencher sur le cas de la banque BNP Paribas, accusée par la justice américaine d’avoir financé des opérations avec des pays sous embargo américain comme l’Iran et le Soudan.

François Hollande a abordé le dossier “dans le respect des institutions américaines évidemment, et dans le détail”, a rapporté son entourage.

A Bruxelles, le président américain avait insisté sur l’indépendance de la justice de son pays.

“Ma réponse est courte et simple : la tradition aux Etats-Unis est que le président n’intervient pas dans l’instruction judiciaire”, a-t-il dit. “Nous n’appelons pas le ministre de la Justice, je ne prends pas mon téléphone pour lui dire comment traiter une affaire.”

Les consignes de sécurité liées à la présence de multiples hôtes de marque dans la capitale ont compliqué jeudi la vie des Parisiens, qui ont aussi dû composer avec l’arrivée gare du Nord de la reine d’Angleterre, Elizabeth II.

En visite d’Etat pour trois jours, la souveraine âgée de 88 ans a présidé avec François Hollande une cérémonie à l’Arc de Triomphe avant un entretien à l’Elysée autour d’une tasse de thé.

Ambulancière durant la Seconde Guerre mondiale, elle aussi prendra vendredi le chemin des plages de Normandie.

Avec John Irish à Paris et Julien Ponthus à Bruxelles, édité par Pierre Sérisier

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