June 4, 2014 / 9:49 AM / 4 years ago

Kiev parle de 300 morts chez les rebelles ukrainiens

par Richard Balmforth

Séparatiste pro-russe tenant un barrage routier lundi près de Druzhkovka, dans l'est de l'Ukraine. Les autorités ukrainiennes ont fait état mercredi de plus de 300 morts chez les rebelles, ce que lesséparatistes pro-russes démentent. /Photo prise le 2 juin 2014/REUTERS/Gleb Garanich

DONETSK Ukraine (Reuters) - Les forces ukrainiennes ont poursuivi mercredi leur offensive contre les séparatistes pro-russes du sud-est du pays et ont affirmé leur avoir infligé de lourdes pertes, ce qu’ils ont démenti.

Selon un porte-parole de l’”opération anti-terroriste” lancée par Kiev, plus de 300 combattants rebelles sont morts et 500 ont été blessés dans des combats acharnés, ces dernières 24 heures, à Slaviansk et dans ses environs.

Les forces gouvernementales ont eu recours mardi à l’aviation, ainsi qu’à des hélicoptères et de l’artillerie lourde pour tenter de déloger les séparatistes qui tiennent Slaviansk depuis le début du mois d’avril.

“Le chiffre de 300 morts est faux. Il y a eu davantage de pertes du côté ukrainien que du nôtre”, a déclaré à l’agence russe Interfax Alexandre Borodaï, chef du gouvernement autoproclamé de la République populaire de Donetsk, faisant état de neuf morts et de 15 blessés dans les rangs séparatistes.

Selon le porte-parole de l’armée ukrainienne, Vladislav Zelezniov, les affrontements ont fait deux morts et 45 blessés dans parmi les militaires.

Les combats se poursuivaient mercredi à Slaviansk tandis que l’armée ukrainienne ratissait la ville voisine de Krasni Liman, dont elle a repris le contrôle mardi.

Le président ukrainien par intérim Alexandre Tourtchinov et le ministre de l’Intérieur Arsène Avakov se sont rendus sur place. Vêtus de gilet par-balles, ils sont allés exprimer leur soutien à des militaires postés à un barrage routier à l’extérieur de Slaviansk.

Le président élu, Petro Porochenko, a ordonné la reprise des opérations armées contre les séparatistes pro-russes au lendemain de sa victoire électorale du 25 mai.

LONDRES ET BERLIN MENACENT

Kiev accuse Moscou d’attiser les violences dans l’est du pays et de permettre à des combattants russes de rejoindre les rangs des rebelles séparatistes.

La Grande-Bretagne a repris à son compte ces accusations mercredi à la veille d’un entretien entre le Premier ministre David Cameron et le président russe Vladimir Poutine en marge des célébrations du 70e anniversaire du débarquement en Normandie.

“Nous avons entendu un tombereau de désinformation et de déclarations incendiaires (venant de Russie) qui alimentent l’agitation et provoquent des peurs infondées”, a dit le Foreign Office dans un communiqué.

“Nous avons constaté un renforcement du dispositif militaire (russe) et des manoeuvres à la frontière destinées à intimider”, a-t-il ajouté en rappelant que Moscou s’est refusé à condamner les agissements des rebelles.

Le commandant en chef des forces de l’Otan, le général Philip Breedlove, a lui aussi appelé la Russie à mettre fin à ses ingérences en Ukraine en soulignant que le retrait d’une partie des forces russes massées à la frontière entre les deux pays n’était pas suffisante.

“La Russie continue à déstabiliser l’Ukraine par d’autres moyens. Il y a des forces irrégulières russes, des forces appuyées par la Russie et des financements russes très importants dans l’est de l’Ukraine”, a-t-il déclaré à la presse en marge d’une réunion des ministres de la Défense de l’Otan à Bruxelles.

BASE ÉVACUÉE À LOUHANSK

Moscou continue de son côté à nier toute responsabilité et à appeler à l’arrêt des opérations militaires ukrainiennes et à l’ouverture d’un dialogue politique entre Kiev et les séparatistes.

La chancelière allemande Angela Merkel a toutefois prévenu Vladimir Poutine que l’Union européenne n’hésiterait pas à imposer de nouvelles sanctions à la Russie si la situation devait se dégrader encore davantage en Ukraine.

“Il est essentiel que le président Poutine use de son influence pour convaincre les séparatistes de renoncer à la violence et aux intimidations, de déposer leurs armes et de mettre fin à l’occupation (des bâtiments officiels)”, a-t-elle déclaré devant le parlement.

“Si cela ne se produit pas, nous ne reculerons pas devant de nouvelles sanctions”, a-t-elle mis en garde.

La situation dans l’est de l’Ukraine reste extrêmement confuse et il est difficile de mesurer si les forces gouvernementales ont réalisé de réels progrès.

Outre Slaviansk, les séparatistes contrôlent toujours un autre de leurs bastions, Louhansk, où les autorités ukrainiennes ont reconnu mercredi avoir dû évacuer une base des garde-frontières attaquée lundi par les rebelles.

Selon Kiev, les soldats se sont retirés avec leurs armes. Les séparatistes parlent à l’inverse de reddition et des témoins ont dit avoir vu les miliciens s’emparer d’armes et de munitions dans la base abandonnée.

Avec Thomas Grove et Pavel Polityuk à Kiev, Andrew Osborn et Kylie MacLellan à Londres, Adrian Croft et David Brunnstrom à Bruxelles, Noah Barkin et Stephen Brown à Berlin; Danielle Rouquié, Tangi Salaün et Jean-Philippe Lefief pour le service français

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