May 28, 2014 / 3:28 PM / 5 years ago

Barack Obama répond aux critiques sur sa politique étrangère

WEST POINT New York (Reuters) - Barack Obama a répondu mercredi aux critiques sur sa politique étrangère, en soulignant que la diplomatie, plutôt que l’action militaire, portait ses fruits dans des dossiers comme la crise ukrainienne ou le nucléaire iranien, tout en annonçant un renforcement de l’aide à l’opposition syrienne.

Dans un discours prononcé à l'Académie militaire de West Point, Barack Obama a affiché son intention de renforcer l'aide à l'opposition modérée syrienne, hors formations islamistes extrémistes. /Photo prise le 28 mai 2014/REUTERS/Kevin Lamarque

Dans un discours prononcé à l’Académie militaire de West Point à l’occasion de la remise des diplômes aux élèves-officiers, le président américain a défendu sa vision du rôle des Etats-Unis dans le monde, celle d’une puissance s’appuyant sur la diplomatie et le multilatéralisme pour atteindre ses objectifs, de préférence à une action unilatérale.

Barack Obama a redéfini la stratégie américaine de lutte contre le terrorisme en tenant compte d’une menace plus disparate, moins focalisée sur l’Afghanistan, et en déployant de nouveaux moyens dans des régions comme l’Afrique du Nord.

La menace la plus directe à l’encontre des Etats-Unis, a-t-il dit, vient des “filiales” décentralisées d’Al Qaïda et des extrémistes.

Le président américain a également confirmé la création d’un fonds de lutte contre le terrorisme doté de cinq milliards de dollars (3,7 milliards d’euros) pour former et équiper des pays partenaires contre “l’extrémisme violent et l’idéologie terroriste”.

Sur la Syrie, le président des Etats-Unis a affiché son intention de renforcer l’aide à l’opposition modérée, hors formations islamistes extrémistes.

“En tant que président, j’ai pris la décision de ne pas envoyer de troupes américaines au coeur de cette guerre de plus en plus religieuse, et je suis sûr que c’est la bonne décision”, a-t-il dit. “Mais cela ne signifie pas qu’il ne faut pas aider le peuple syrien à se soulever contre un dictateur qui bombarde et affame son propre peuple.”

Le gouvernement américain, a-t-il dit, augmentera ses efforts pour aider les groupes qui “offrent la meilleure alternative aux terroristes et aux dictateurs” et pour soutenir les pays voisins de la Syrie - Jordanie et Liban, Turquie et Irak - qui accueillent des dizaines de milliers de réfugiés.

“UNE INDÉCISION QUI INQUIÈTE”

La volonté de Barack Obama de privilégier la diplomatie et de sortir le pays de ses conflits à l’étranger lui vaut de vives critiques de la part de ses opposants républicains et de certains spécialistes de politique étrangère, qui préféreraient le voir opter pour une approche plus énergique.

“Il y a une indécision et une prudence extrêmes qui ne font qu’inquiéter”, estime le sénateur Bob Corker, le plus haut représentant du Parti républicain à la commission sénatoriale des Affaires étrangères.

“Je ne suis pas pour qu’on fasse la police dans le monde entier mais notre absence de leadership a créé un vide où des problèmes se sont engouffrés”, ajoute-t-il.

Mais dans son discours, le président américain s’est livré à un plaidoyer en faveur des institutions multilatérales, citant en exemple les menaces de sanctions à la Russie dans le cadre de la crise ukrainienne ou la possibilité d’un succès dans les négociations entre l’Iran et les grandes puissances.

Barack Obama a déclaré qu’un accord avec l’Iran sur le contentieux nucléaire était encore lointain mais il a estimé qu’il existait une véritable chance d’y parvenir. Il a également évoqué le sujet du réchauffement climatique, promettant que les Etats-Unis seraient “à l’avant-garde” pour tenter de parvenir à un accord global en 2015.

Les adversaires d’Obama lui reprochent de ne pas être intervenu plus fermement en Syrie, en Ukraine lors de l’annexion par Moscou de la péninsule de Crimée, ou dans les différends territoriaux qui opposent la Chine à ses voisins en mer de Chine du Sud.

A la Maison blanche, on rejette ces accusations, notant que la solution que sous-entendent les détracteurs du président est l’action militaire, majoritairement rejetée par l’opinion après plus de dix années de guerre en Irak et en Afghanistan qui ont coûté la vie à des milliers de GIs.

Avec Steve Holland, Susan Heavey et Jeff Mason; Jean-Stéphane Brosse pour le service français

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