May 23, 2014 / 1:53 PM / 4 years ago

Percée des eurosceptiques en Grande-Bretagne, échec aux Pays-Bas

LONDRES/AMSTERDAM (Reuters) - Les élections européennes se poursuivent dans deux pays de l’UE vendredi après que les Néerlandais et les Britanniques ont donné jeudi le coup d’envoi d’un scrutin qui devrait sceller une progression des eurosceptiques et être boudé par une grande partie des 388 millions d’électeurs appelés à se prononcer.

Bureau de vote à Beechmount Avenue, à l'ouest de Belfast. Alors que les élections européennes se poursuivent en Irlande du Nord et en République tchèque, le Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni a réussi une percée, gagnant plus de 90 nouveaux sièges lors des municipales organisées en même temps que le vote continental, selon des résultats partiels. /Photo prise le 22 mai 2014/REUTERS/Cathal McNaughton

L’Irlande et la République tchèque s’expriment à leur tour avant que le processus de désignation des députés au Parlement de Strasbourg se poursuive samedi et dimanche dans le reste des vingt-huit Etats membres.

Les résultats complets seront connus dimanche soir et donneront une cartographie précise des forces en présence au sein du bloc où les anti-Européens pourraient gagner du terrain face aux formations traditionnelles.

Le Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP) de Nigel Farage a réussi une percée, gagnant plus de 90 nouveaux sièges lors des municipales organisées en même temps que le vote continental, indiquent des résultats partiels.

Si cette tendance se confirme, voire si elle est amplifiée pour le scrutin européen lors des résultats définitifs dimanche soir, le Premier ministre David Cameron risque de se trouver dans une position délicate à un an des législatives.

Une enquête de YouGov, vendredi, donne 14% des intentions de vote pour l’UKIP lors de ces prochaines élections tandis que travaillistes et conservateurs sont tous deux à 34%.

Une partie du camp conservateur demande à Cameron d’adopter une position plus ferme et de renégocier les traités européens pour rendre à la Grande-Bretagne une autonomie accrue à l’égard de Bruxelles.

Aux Pays-Bas, le populiste Geert Wilders, leader du parti anti-islam PVV, semble essuyer un revers inattendu puisque les sondages le plaçaient en tête du scrutin.

Le dirigeant d’extrême-droite obtiendrait un peu plus de 12% des suffrages et arriverait en quatrième position derrière les centristes, les chrétiens démocrates et les libéraux du Premier ministre Mark Rutte.

Wilders a immédiatement mis son échec sur le compte de l’abstention avec un taux de participation à 35%. Selon lui, les électeurs ont montré “leur mépris et leur désintérêt pour l’Union européenne”, a-t-il commenté. “Les Pays-Bas ne sont pas devenus plus pro-européens”.

DOUBLER LA REPRÉSENTATION

Selon les projections des instituts de sondage, les formations d’extrême-droite et de la gauche radicale qui dénoncent les mesures d’austérité depuis la crise dans la zone euro pourraient remporter environ 25% des sièges, soit le double de leur représentation actuelle parmi les 751 élus.

L’enceinte parlementaire devrait néanmoins rester dominée par les partis traditionnels de centre-droit, de centre-gauche, les libéraux et les écologistes.

Les marchés financiers n’ont guère montré d’inquiétude face à la perspective d’un vote contestataire car celui-ci ne sera pas de nature à remettre en cause les politiques budgétaires restrictives.

La France s’attend à voir un bon résultat du Front national qui est donné au coude à coude avec l’UMP tandis que le Mouvement 5 Etoiles (M5S) apparaît comme la principale menace pour le Parti démocrate de Matteo Renzi, le président du Conseil italien.

Des scénarios similaires devraient se produire en Autriche et au Danemark tandis qu’en Grèce, le parti Syriza (gauche radicale) d’Alex Tsipras menace la stabilité de la coalition gouvernementale droite-gauche conduite par Antonis Samaras afin de mettre en oeuvre le plan de sauvetage financier imposé par l’UE et le FMI.

Les grandes familles politiques européennes se sont mises d’accord sur le fait que le camp vainqueur pourrait désigner son candidat, soit Jean-Claude Juncker pour le centre-droit, soit Martin Schultz pour le centre-gauche, au poste de président de la Commission européenne en remplacement de Jose Manuel Barroso.

Malgré tout, les choses pourraient ne pas être aussi simples car Cameron, qui a promis un référendum sur le maintien dans l’UE en cas de victoire aux législatives en 2015, considère l’un et l’autre prétendants comme trop fédéralistes, indiquent des sources britanniques.

“Il est vraiment important que le prochain président de la commission soit enclin aux réformes. Il (Cameron) va s’entretenir avec les autres dirigeants européens à propos d’autres candidats”, ajoutent les mêmes sources.

La chancelière allemande Angela Merkel soutient en principe Jean-Claude Juncker mais elle a admis que des semaines de négociations pourraient être nécessaires avant que soit désigné un candidat.

Pierre Sérisier pour le service français

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