May 21, 2014 / 12:07 PM / 5 years ago

Copé, sous pression, ne lâchera pas les rênes de l'UMP

PARIS (Reuters) - La pression monte sur Jean-François Copé à mesure des rebondissements de “l’affaire Bygmalion”, mais le président de l’UMP, dont les opposants réclament le départ, prépare une nouvelle contre-attaque pour le lendemain des européennes qui viserait implicitement Nicolas Sarkozy.

Jean-François Copé en campgne pour les élections européennes à Paris. La pression monte sur le président de l'UMP à mesure des rebondissements de "l'affaire Bygmalion", mais, faisant fi des opposants qui réclament le départ, il prépare une nouvelle contre-attaque pour le lendemain des européennes qui viserait implicitement Nicolas Sarkozy. /Photo prise le 21 mai 2014/REUTERS/Jacky Naegelen

Dès la parution des informations du Point en février sur des soupçons de surfacturation au profit de la société de communication Bygmalion, fondée par deux proches de Jean-François Copé, lors de la campagne de 2012 du président sortant, les langues ont commencé à se délier à l’UMP, mais en sourdine.

Plusieurs responsables du parti ne s’embarrassent plus de discrétion depuis les récentes révélations de Libération sur les quelque 20 millions d’euros que l’UMP aurait versés entre janvier et juin 2012 à Bygmalion pour des prestations, notamment 55 conventions, présumées fictives pour certaines.

La justice est saisie, mais le nombre croissant des détracteurs de Jean-François Copé, dont l’autorité est contestée depuis une élection interne entachée de soupçon, le pressent d’en tirer sans attendre les conséquences en passant la main.

“On est tous tombés de l’armoire : des petits arrangements, on était certains à y penser, mais des sommes pareilles, c’est un choc. La situation n’est pas tenable”, dit un responsable.

Le député-maire de Meaux, qui estime que le succès “sans précédent” de la droite aux élections municipales de mars a assis sa légitimité, refuse d’envisager un tel scénario. Son mandat à la tête de l’UMP expire en novembre 2015.

COPÉ PROMET LA PERMANENCE

“Dès le lendemain des élections européennes, je veillerai personnellement à ce que toute la transparence soit faite”, a réaffirmé mercredi Jean-François Copé dans le cadre de “Questions d’Info” sur Public Sénat.

Une mise au point qui sonne comme une menace dans une nouvelle stratégie de défense succédant aux récriminations - incomprises de ses proches mêmes - consécutives aux allégations du Point. Jean-François Copé avait alors conditionné l’ouverture des comptes de l’UMP, mis sous séquestre dans l’intervalle, au vote de propositions de loi imposant la transparence aux partis.

Désormais, le président de l’UMP concède des “interrogations” sur la gestion des comptes du parti en 2012 et se pose implicitement en victime d’infractions présumées qui auraient pu maquiller des dépassements de frais de campagne, plafonnés officiellement à 22,5 millions d’euros.

“Je ne suis absolument pas au fait, dans mes fonctions de président, de la gestion quotidienne de l’UMP dans sa dimension comptable”, a-t-il dit mercredi.

Un rapport financier a été demandé au directeur général du parti, Eric Cesari, un proche de Nicolas Sarkozy, et sera présenté au bureau politique la semaine prochaine, précise-t-il.

“La question est de savoir exactement ce qu’il en est des flux financiers entre la campagne présidentielle et le parti. (...) Si je vous dit que j’ai des interrogations, c’est que je n’ai pas de réponses”, a-t-il souligné mercredi.

Il a estimé que tous les scénarios étaient “légitimes”, à l’exception de celui, en cour au sein du parti, qui voudrait que le président de l’UMP se soit assuré un “trésor de guerre”.

“IL FAUT QU’ON SOIT PROPRE”

Plusieurs élus, très remontés contre le président de l’UMP, l’accusent de vouloir détourner le viseur vers Nicolas Sarkozy et l’équipe de campagne de 2012, dont son bras droit Jérôme Lavrilleux était le directeur adjoint.

“Tout est bon, c’est ‘sauve-qui-peut’”, dit l’un d’eux. “Il doit rendre des comptes sans attendre”, insiste un autre.

L’ancien Premier ministre Alain Juppé, discret jusqu’à présent sur le sujet à l’instar de François Fillon, a déploré mardi soir sur TF1 une situation “détestable”.

Et à la suite du député Lionel Tardy, féroce à l’égard de Jean-François Copé, les “fillonistes” Valérie Pécresse, Eric Ciotti, Bernard Debré demandent que les responsables présumés soient sanctionnés sous peine d’une déflagration à l’UMP.

“Il faut qu’on soit propre! Ceux qui sont sales, tachés, devront rendre des comptes et s’en aller”, a déclaré Bernard Debré sur i>Télé.

Gilles Carrez, président de la Commission des finances de l’Assemblée, s’est lui aussi montré très sévère sur Europe 1.

“C’est quand même pas compliqué de vérifier qu’une convention facturée a eu lieu ou non! Il faut le vérifier, et au plus vite. (...) Le président de l’UMP s’est engagé à faire cette transparence : il doit la faire le plus rapidement possible”, a-t-il dit.

“Si la direction démontre qu’elle a été abusée ou que c’est une tempête dans un verre d’eau, on gardera la même direction. Sinon, il faudra changer”, a-t-il ajouté.

Edité par Yves Clarisse

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