May 21, 2014 / 9:04 AM / 4 years ago

SNCF et RFF sommés de s'expliquer sur le cas des TER trop larges

PARIS (Reuters) - Les “patrons” de la SNCF et de Réseau ferré de France (RFF) sont sommés de s’expliquer sur l’affaire des Trains express régionaux (TER) trop larges qui obligent à raboter 1.300 quais dans les gares françaises, pour un coût de 50 millions d’euros.

Un nouveau Train express régional (TER) Regiolis d'Alstom en gare de Strasbourg. 'Les "patrons" de la SNCF et de Réseau ferré de France (RFF) ont été sommés de s'expliquer sur l'affaire de ces nouveaux TER trop larges qui obligent à raboter 1.300 quais dans les gares françaises, pour un coût de 50 millions d'euros. /Photoprise le 21 mai 2014/REUTERS/Vincent Kessler

Le Canard enchaîné a révélé que la SNCF avait commandé 2.000 rames plus larges que les rames actuelles et que quelque 1.300 quais anciens étaient trop étroits pour les accueillir.

La commission du développement durable de l’Assemblée nationale a aussitôt décidé d’auditionner Guillaume Pepy et Jacques Rapoport, les présidents de la SNCF et de RFF, le 4 juin, a annoncé son président, Jean-Paul Chanteguet (PS).

Le rapporteur général de la commission des Finances de l’Assemblée, Valérie Rabault (PS), a réclamé pour sa part la démission de Guillaume Pepy. “Je pense qu’il doit démissionner. 50 millions d’euros c’est beaucoup d’argent et on est la risée de la presse internationale”, a-t-elle déclaré dans les couloirs de l’Assemblée nationale.

Le secrétaire d’Etat aux Transports, Frédéric Cuvillier, a demandé une “enquête interne” aux dirigeants des deux entreprises publiques, qui se sont engagés à lui remettre un rapport complet le 26 mai.

“Cette enquête devra déterminer à quel moment il est apparu que les quais devaient être adaptés pour permettre les circulations de ces nouveaux trains, comment les experts ont décelé cette nécessité, comment les décisions ont été prises et enfin comment les régions en ont été informées”, disent la SNCF et RFF dans un communiqué commun.

LA SÉPARATION RFF-SNCF RESPONSABLE ?

Le gouvernement et plusieurs responsables politiques ont dénoncé les dysfonctionnements d’un système ferroviaire où les fonctions de gestion (RFF) et d’utilisation des rails (SNCF) sont distinctes et jugé que cette affaire justifiait totalement la future réforme ferroviaire.

Guillaume Pepy et Jacques Rapoport, qui reconnaissant un “défaut d’anticipation”, estiment eux aussi que le problème des rames des TER est “significatif des dysfonctionnements dus à la séparation, depuis dix-sept ans, des deux établissements publics.”

Ils réitèrent donc leur soutien à la réforme ferroviaire qui sera examinée le 16 juin par les députés. Mais les principaux syndicats de cheminots, qui manifesteront jeudi à Paris contre ce projet, affirment qu’elle fera au contraire éclater le système en trois entités autonomes.

Le Premier secrétaire du Parti socialiste avait le premier évoqué mercredi matin sur i>Télé la démission des dirigeants de la SNCF et de RFF.

“La responsabilité des dirigeants est engagée”, a estimé Jean-Christophe Cambadélis. “Je crois qu’il ne faut pas laisser passer ça. (...) Quand il y a une telle erreur qui coûte tellement d’argent, on en tire les conséquences.”

PAS DE “BOULETTE”, SELON RFF

Le président de RFF a nié pour sa part toute “boulette”, assurant que le confort du transport, notamment l’accueil de personnes à mobilité réduite, nécessitait aujourd’hui des rames au “maximum du gabarit possible”.

Les quais “ont 150 ans d’âge, les trains sont neufs : à chaque nouveau matériel roulant, il faut adapter l’infrastructure”, a-t-il plaidé sur Europe 1.

“Cette modification va coûter 50 millions (...), soit 1% du coût du matériel roulant”, a-t-il précisé, ajoutant que le budget annuel de RFF était de huit milliards d’euros.

Selon Le Canard enchaîné, RFF a tenté d’obtenir le soutien financier des régions pour raboter les quais.

Mais Jacques Rapoport a affirmé que les dépenses seraient financées dans le cadre normal du financement du réseau et qu’elles n’auraient “aucun impact ni sur les voyageurs, ni sur le prix du billet, ni sur le contribuable”.

Il a confirmé cet engagement dans une lettre adressée mercredi à Alain Rousset, le président de l’Association des régions de France.

Pour Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement, l’affaire des trains trop larges “justifie d’autant plus” le projet de réforme ferroviaire qui doit être examiné en première lecture à l’Assemblée nationale le 16 juin.

Dans la perspective de l’ouverture du secteur à la concurrence, la réforme prévoit notamment la création d’un groupe public industriel intégré. Il sera composé d’un établissement public à caractère industriel et commercial (Epic) nommé “SNCF” et de deux Epic, “SNCF Réseau”, le gestionnaire d’infrastructure - l’actuel RFF - et “SNCF Mobilités”, qui exploitera les trains.

L’établissement mère sera dirigé par un directoire composé des présidents de SNCF réseau et SNCF Mobilités, nommés par l’Etat.

Sophie Louet, avec Elizabeth Pineau et Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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