May 16, 2014 / 10:35 AM / 4 years ago

L'Onu s'alarme de la situation dans l'est de l'Ukraine

GENEVE (Reuters) - Les observateurs des Nations unies en Ukraine ont constaté une détérioration alarmante de la situation des droits de l’homme dans l’Est et l’émergence de graves problèmes en Crimée, a déclaré vendredi Navi Pillay, Haut-Commissaire de l’Onu aux droits de l’homme.

Un barrage tenu par des pro-russes près de Slaviansk. Selon Navi Pillay, haut commissaire de l'Onu aux droits de l'homme, les observateurs des Nations unies en Ukraine ont constaté une détérioration alarmante de la situation des droits de l'homme dans l'est de l'Ukraine et l'émergence de graves problèmes en Crimée. /Photo prise le 15 mai 2014/REUTERS/Yannis Behrakis

Selon ce rapport, qui a d’emblée été rejeté par la Russie, la police et les autorités locales dans l’est de l’Ukraine ont délibérément contribué à des actes illégaux et à la prise de villes par des groupes armés.

“Ceux qui ont une influence sur les groupes armés responsables de la plupart des violences dans l’est de l’Ukraine doivent faire tout leur possible pour maîtriser ces hommes qui semblent déterminés à déchirer le pays”, a déclaré Navi Pillay dans une déclaration accompagnant le rapport de 37 pages.

Ce rapport, rédigé grâce aux informations collectées par 34 observateurs de l’Onu, couvre la période du 2 avril au 6 mai. C’est le deuxième de la mission. Le premier, publié le 15 avril, avait estimé que les russophones de l’Est ukrainien avaient menti en disant avoir été attaqués pour justifier une intervention de Moscou.

Le rapport dénonce aussi dans la région “une vague d’enlèvements et de détentions arbitraires de journalistes, militants, politiciens locaux, représentants des organisations internationales et membres de l’armée”.

Le ministère russe des Affaires étrangères a accusé les observateurs de manquer totalement d’objectivité et de suivre des “instructions politiques” afin d’innocenter les autorités en place à Kiev.

Le rapport, dit le ministère, “diabolise” les séparatistes pro-russes de l’Est et du Sud-Est ukrainiens tout en ignorant “les violations les plus grossières des droits humains par les autorités autoproclamées de Kiev.”

Ce rapport, dit Moscou, sème le doute sur l’indépendance et l’impartialité de la mission onusienne.

INTIMIDATIONS

Les observateurs de l’Onu disent craindre pour la sécurité des candidats à l’élection présidentielle du 25 mai alors que plusieurs d’entre eux disent avoir été l’objet d’intimidations et d’agressions. Un scrutin honnête et démocratique fera beaucoup pour ramener le calme, estiment les 34 observateurs.

Ils s’emploient parallèlement à vérifier des abus présumés commis par les forces gouvernementales ukrainiennes, ajoutant disposer d’informations crédibles concernant des cas de personnes arrêtées par l’armée qui s’apparentent à des disparitions forcées.

En Crimée, péninsule ukrainienne annexée en mars par la Russie, les observateurs s’inquiètent du traitement des journalistes, des minorités sexuelles, religieuses ou ethniques, des patients atteints du VIH et des ressortissants qui n’ont pas demandé la nationalité russe et sont exposés à des actes de harcèlement et d’intimidation.

Le rapport fait des recommandations pour le gouvernement à Kiev et aux autorités en Crimée mais ne dit rien sur ce que Moscou pourrait faire pour apaiser les esprits.

Gianni Magazzeni, responsable de la branche Amériques, Europe et Asie centrale pour le Bureau des droits de l’homme, précise que les observateurs agissent conformément à une résolution de l’Assemblée générale des Nations unies. Il n’a pas voulu dire ce qui était attendu de la Russie.

L’Allemagne a fait part de son inquiétude via le porte-parole de la chancelière Angela Merkel à propos d’un autre rapport sur le même thème et publié lundi par l’OSCE.

“Il y a des cas d’intimidation et, pire, de mauvais traitements, tortures, disparitions et meurtres, particulièrement dans l’est et le sud de l’Ukraine”, a déclaré Steffen Seibert. “Les accusations russes selon lesquelles les droits de la minorité russe sont violés ne sont pas étayés par ce rapport sur les droits de l’homme (...)”.

Tom Miles, Steve Gutterman et Stephen Brown; Jean-Stéphane Brosse et Danielle Rouquié pour le service français

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