May 9, 2014 / 8:09 AM / in 4 years

Hollande et Merkel veulent s'accorder sur les postes européens

PARIS (Reuters) - François Hollande et Angela Merkel tenteront ce vendredi d’accorder leurs violons sur la vaste redistribution des postes clés de l’Union européenne, en priorité la présidence de la Commission, qui interviendra après le scrutin du 25 mai.

Le déplacement ce vendredi de François Hollande sur l'île de Rügen, fief électoral d'Angela Merkel, va donner l'occasion au président français et à la chancelière allemande de tenter d'accorder leurs violons sur la vaste redistribution des postes clés de l'Union européenne, en priorité la présidence de la Commission, qui interviendra après le scrutin du 25 mai. /Photo d'archives/REUTERS/Wolfgang Rattay

Prévu pour coïncider avec la journée de l’Europe commémorant la déclaration fondatrice de Robert Schuman, le 9 mai 1950, ce déplacement de François Hollande sur l’île de Rügen, fief électoral de la chancelière, est aussi censé illustrer la complicité entre le président socialiste et la dirigeante conservatrice.

Croisière sur la Baltique, déambulation à travers la ville de Stralsund, visite d’une église, les équipes des deux dirigeants ont prévu un programme propice à des images à même de montrer la santé du partenariat franco-allemand.

Les dirigeants européens se réuniront le 27 mai pour analyser les résultats des élections européennes et le couple franco-allemand tentera de parvenir d’ici là à une position commune pour la présidence de la Commission, le choix se faisant à la majorité qualifiée - sans possibilité de veto britannique.

Angela Merkel et François Hollande “vont se préparer, ils voudront en discuter, en terme de méthode, s’assurer que la France et l’Allemagne soient d’accord à chaque étape”, dit un conseiller du chef de l’Etat qui rappelle que le futur président de la Commission sera désigné lors d’un sommet fin juin.

Le social-démocrate allemand Martin Schulz et le démocrate-chrétien luxembourgeois Jean-Claude Juncker, candidats de leurs groupes respectifs pour le poste, mènent une campagne électorale paneuropéenne et sont donnés au coude-à-coude pour remporter une majorité relative au Parlement européen.

ARME ATOMIQUE

Le libéral Guy Verhofstadt, un ex-Premier ministre belge, ainsi que les Verts, emmenés par l’Allemande Ska Keller et le Français José Bové, se rêvent en arbitres du duel.

Si les députés européens estiment que les urnes trancheront la question de savoir qui succèdera à José Manuel Barroso à la tête de l’exécutif européen, certains chefs d’Etat et de gouvernement font une lecture différente du traité de Lisbonne.

Ce texte dispose que les dirigeants de l’UE devront “tenir compte” des résultats des élections mais rien ne les oblige à choisir la tête de liste qui remportera le plus de sièges au Parlement, d’autant plus en cas de résultat serré.

Alain Lamassoure, tête de liste pour l’UMP en Ile-de-France, estime qu’ils ne pourront ignorer le verdict des urnes.

“On ne peut pas faire voter des dizaines de millions de gens pour M. Europe et dire en majesté qu’on ignore ce choix et qu’on prend quelqu’un d’autre. C’est impossible”, a-t-il récemment déclaré à quelques journalistes.

Selon une source parlementaire qui a récemment rencontré Angela Merkel, la chancelière, d’abord très rétive à l’idée de se voir imposer un nom par les députés, est désormais consciente qu’elle ne pourra pas s’opposer à leur choix.

Le Parlement dispose en effet d’une arme atomique si son choix est rejeté puisqu’il devra investir la Commission européenne dans son ensemble avant son entrée en fonction le 1er novembre prochain, après audition des membres de l’équipe.

MOSCOVICI COMMISSAIRE?

Les Etats membres entendent aussi peser sur la répartition des postes de commissaires et de directeurs des administrations de la Commission, même si ces choix sont officieusement arrêtés avec le futur président de l’institution.

Les tractations sont souvent tendues et les “petits” pays de l’Union présentent parfois d’anciens Premiers ministres et des candidats de poids afin que ceux-ci puissent s’imposer dans les portefeuilles jugés stratégiques comme le marché intérieur, l’économie, la concurrence ou l’énergie.

En France, l’ancien ministre des Finances Pierre Moscovici s’est porté candidat pour remplacer le commissaire sortant Michel Barnier, qui a échoué face à Jean-Claude Juncker à prendre la tête de liste du Parti populaire européen.

François Hollande doit néanmoins prendre en compte les ambitions de la députée socialiste Elizabeth Guigou, ex-ministre de la Justice et des Affaires européennes qui convoite le poste de Haut représentant pour les Affaires étrangères, occupé par la britannique Catherine Ashton.

A deux semaines d’un scrutin pour lequel le Front national est souvent donné en tête par les sondeurs, l’entourage du président juge le moment opportun pour convaincre l’opinion qu’il a joué un rôle décisif pour “réorienter” l’Europe vers la priorité donnée à la croissance, encore balbutiante en France.

François Hollande, qui dit ne pas vouloir aller aux élections présidentielles “en s’excusant”, entend revendiquer des succès comme la mise en oeuvre de l’union bancaire, la taxe sur les transactions financières, ou les deux ans de délai obtenus pour ramener le déficit de la France à 3% du PIB.

Avec Yves Clarisse

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