May 4, 2014 / 3:23 PM / in 4 years

Siège de la police attaqué et détenus libérés à Odessa

ODESSA/KIEV (Reuters) - Le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk s’est rendu dimanche à Odessa, grand port de la mer Noire où des affrontements entre séparatistes et partisans du gouvernement de Kiev ont fait vendredi une quarantaine de morts, pour la plupart des militants prorusses.

Les violences ont repris dimanche après-midi à Odessa, grand port ukrainien de la mer Noire, quand une foule de manifestants pro-Kremlin ont attaqué un bâtiment de la police afin de libérer une trentaine de leurs camarades arrêtés après les heurts de l'avant-veille. /Photo prise le 4 mai 2014/REUTERS/Gleb Garanich

Les violences ont repris dimanche après-midi, quand une foule de manifestants pro-Kremlin ont attaqué un bâtiment de la police afin de libérer une trentaine de leurs camarades arrêtés après les heurts de l’avant-veille.

“Les Russes n’abandonneront pas les leurs !”, criaient les militants qui ont forcé la grille du bâtiment et brisé des fenêtres. D’autres scandaient “Russie, Russie !” et “Nous ne pardonnerons pas !”.

La police d’Odessa a précisé qu’une trentaine de militants détenus depuis vendredi avaient été relâchés à la suite de cette attaque. Des manifestants ont offert à plusieurs policiers, qui les ont acceptés sous les acclamations de la foule, les rubans de Saint-Georges, rayés de noir et d’orange, devenus le symbole des militants prorusses.

Dans la matinée, le Premier ministre Iatseniouk avait accusé la Russie d’être derrière les affrontements de vendredi, qui ont provoqué la mort d’au moins 42 personnes, dont 37 militants prorusses piégés dans l’incendie criminel de la Maison des syndicats où ils s’étaient réfugiés.

Le chef du gouvernement s’en est également pris aux policiers de la ville, laissant entendre qu’ils étaient plus intéressés par les pots-de-vin que par le maintien de l’ordre. S’ils avaient fait leur travail, a-t-il dit, “ces organisations terroristes auraient échoué”. Il a annoncé de prochains limogeages au sein des forces de sécurité d’Odessa.

“Il y a eu des dizaines de victimes, du fait d’une action bien préparée et organisée contre le peuple, contre l’Ukraine et contre Odessa”, a affirmé le Premier ministre.

LES VIOLENCES LES PLUS GRAVES DEPUIS FÉVRIER

Il a rejeté les accusations de Moscou selon lesquelles le gouvernement de Kiev a provoqué le bain de sang en tentant d’occuper militairement une série de villes sous le contrôle des séparatistes dans l’Est.

“Le processus de dialogue avait commencé mais il a été étouffé par le bruit des tirs des fusils automatiques de fabrication russe”, a lancé Iatseniouk.

Les violences de vendredi à Odessa, ville largement russophone mais où les nouvelles autorités de Kiev comptent de nombreux partisans, sont les plus graves depuis la chute du président Viktor Ianoukovitch en février à la suite de l’insurrection du Maïdan à Kiev.

Le Kremlin a accusé le gouvernement ukrainien et ses alliés occidentaux d’être responsables des morts d’Odessa.

Dans l’est du pays, où l’armée ukrainienne a lancé une offensive contre les militants prorusses, une correspondante de Reuters a fait état de coups de feu dimanche matin sur la route reliant Kharkiv à Izioum, où les forces de Kiev ont pris un point de contrôle des séparatistes.

Mais rien n’indiquait que les soldats ukrainiens poursuivaient leur avance à Kramatorsk, Donetsk et Slaviansk, bastion des militants pro-Kremlin.

Près de la ville de Marioupol, également dans l’Est, cinq soldats ukrainiens qui tenaient un point de contrôle ont été drogués samedi par de la nourriture qui leur avait été offerte des habitants. Capturés ensuite par des hommes armés, ils ont été libérés dimanche.

Une élection présidentielle est prévue le 25 mai en Ukraine mais l’organisation du scrutin paraît très difficile dans les régions troublées de l’Est et du Sud.

Les séparatistes comptent pour leur part organiser un référendum d’autodétermination le 11 mai dans la région de Donetsk.

L’Union européenne a demandé samedi une enquête indépendante sur les violences à Odessa.

Eric Faye et Guy Kerivel pour le service français

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