May 2, 2014 / 5:23 PM / 4 years ago

Combats en Ukraine à Slaviansk, trois morts à Odessa

SLAVIANSK Ukraine (Reuters) - L’armée ukrainienne a tenté vendredi de passer à l’offensive à Slaviansk mais elle n’a guère progressé et a perdu deux militaires, qui se trouvaient à bord de deux hélicoptères abattus, selon Kiev, par des missiles sol-air tirés par les séparatistes pro-russes de cette ville de l’Est.

L'armée ukrainienne a tenté vendredi de passer à l'offensive à Slaviansk mais elle n'a guère progressé et a perdu deux militaires, qui se trouvaient à bord de deux hélicoptères abattus, selon Kiev, par des missiles sol-air tirés par les séparatistes pro-russes de cette ville de l'Est. /Photo prise le 2 mai 2014/REUTERS/Baz Ratner

Selon les séparatistes, les forces ukrainiennes ont tué trois de leurs combattants et deux civils en tout début de journée, mais, d’après eux, les militaires n’ont pris aux rebelles que cinq postes de contrôle.

A Odessa, grande ville portuaire ukrainienne des bords de la mer Noire, essentiellement russophone, trois personnes ont été tuées et 15 autres blessées au cours de heurts entre manifestants pro-russes et partisans de l’unité ukrainienne, a indiqué la police, qui a fait état de jets de cocktails molotov, de pavés et d’”engins explosifs”.

Barack Obama, qui s’exprimait en compagnie de la chancelière Angela Merkel à Washington, a appelé Moscou à faire le nécessaire pour amener les séparatistes à déposer les armes et a jugé scandaleux qu’ils détiennent des observateurs internationaux.

Pour le président américain, la notion de soulèvement spontané des russophones de l’Est ukrainien est démentie par l’utilisation, à Slaviansk, de missiles sol-air par les séparatistes.

La Russie, qui se réserve le droit d’intervenir pour protéger les populations russophones, a accusé le pouvoir à Kiev d’ouvrir le feu sur des civils et d’anéantir les efforts de paix entrepris dans le cadre de l’accord de Genève avec cette “opération punitive”. Elle a réclamé la tenue d’une réunion extraordinaire du Conseil de sécurité consacrée à la situation en Ukraine.

Porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov a déclaré que le Kremlin était “extrêmement inquiet” pour la population russophone de Slaviansk et pour son émissaire Vladimir Loukine, envoyé dans le sud-est de l’Ukraine pour tenter d’obtenir la libération de sept observateurs militaires européens retenus par les pro-russes. Loukine n’est pas entré en contact avec les autorités russes depuis le début de l’opération ukrainienne.

Le président ukrainien par intérim, Olexander Tourtchinov, a affirmé que les garde-frontières avaient repoussé dans la nuit des “saboteurs armés” russes qui tentaient de s’introduire dans le sud-est de l’Ukraine.

Les journalistes de Reuters présents dans Slaviansk, place forte des séparatistes pro-russes, ont entendu des tirs et vu un hélicoptère ouvrir le feu avant le lever du jour. En milieu de journée, la ville était calme. Les commerces étaient fermés et les miliciens séparatistes patrouillaient dans les rues.

Les blindés ukrainiens ont pris position dans les faubourgs mais l’essentiel de cette ville de 130.000 habitants restait aux mains des rebelles.

Selon le président ukrainien, l’opération militaire ne s’est pas déroulée aussi vite que prévu en raison du recours par les insurgés à des “boucliers humains” et de la présence de tireurs embusqués dans des immeubles d’habitation.

Aux abords sud de Slaviansk, huit véhicules ukrainiens de transport de troupes ont bloqué une route mais ont été confrontés à une foule d’habitants leur criant de partir. Des rebelles ont érigé de nouvelles barricades à l’aide d’arbres abattus.

LES MISSILES, PREUVE D’UNE IMPLICATION RUSSE, SELON KIEV

Des responsables ukrainiens ont déclaré que l’armée avait démantelé des barrages rebelles et que la ville était désormais “fermement encerclée”.

Le ministère ukrainien de la Défense a annoncé que deux hélicoptères de combat Mi-24 avaient été abattus par des missiles sol-air portatifs alors qu’ils patrouillaient dans la nuit autour de Slaviansk. Deux membres d’équipage ont été tués et d’autres blessés. Viatcheslav Ponomariov, maire autoproclamé de Slaviansk, a affirmé qu’un pilote avait été capturé, ce qu’ont dit également des responsables de la sécurité d’Etat (SBU). Un troisième hélicoptère, un appareil de transport Mi-8, a été touché par des tirs et un passager a été blessé, selon le ministère de la Défense.

Pour le SBU, l’utilisation de missiles sol-air portatifs est la preuve que “des spécialistes militaires étrangers entraînés et hautement qualifiés” opèrent dans le secteur et “pas seulement, contrairement à ce qu’affirme la Russie, des civils dotés d’armes qu’ils ont prises dans des armureries”.

Les séparatistes pro-russes ont proclamé l’échec de cette offensive ukrainienne.

A Louhansk, le ministère de l’Intérieur affirme en revanche être parvenu à convaincre les séparatistes de quitter les bureaux du procureur et le siège de la télévision qu’ils occupaient depuis mardi.

L’UE INQUIÈTE

Les autorités provisoires ukrainiennes accusent la Russie d’orchestrer en sous-main cette agitation séparatiste dans l’est de l’Ukraine depuis la destitution le 22 février du président pro-russe Viktor Ianoukovitch.

La Russie, qui a massé des dizaines de milliers de soldats le long de la frontière selon l’Otan, dément toute implication dans ces troubles. Elle se réserve toutefois le droit d’intervenir pour protéger les populations russophones si elle les juge menacées par les “fascistes” qui, selon elle, ont pris le pouvoir à Kiev avec l’aide des pays occidentaux.

Rappelant que Vladimir Poutine avait prévenu que toute “opération punitive” serait considérée comme un “acte criminel”, son porte-parole Dmitri Peskov a déclaré que c’était en train de se produire à Slaviansk, ce qui “anéantit de fait le dernier espoir de survie de l’accord de Genève”.

Signé le 17 avril par l’Ukraine, la Russie, les Etats-Unis et l’Union européenne, l’accord prévoit notamment un désarmement des milices et la libération des bâtiments publics illégalement occupés. Chaque camp accuse l’autre de ne pas le respecter.

Avec Natalia Zinets et Elizabeth Piper à Kiev; Bertrand Boucey et Eric Faye pour le service français

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