May 1, 2014 / 2:08 PM / 5 years ago

Le FN appelle à dire "non" à l'Union européenne le 25 mai

PARIS (Reuters) - Marine Le Pen, qui vise la première place pour le Front national aux élections européennes, a appelé jeudi à la mobilisation le 25 mai contre “les fossoyeurs” de Bruxelles qui précipitent selon elle la France “sur la voie du sous-développement” avec la complicité des “docteurs Maboul de l’UMPS”.

Le Front national a transformé jeudi son traditionnel rassemblement parisien du 1er-Mai en hommage à Jeanne d'Arc en meeting anti-européen. Marine Le Pen, qui vise la première place pour le FN aux élections européennes, a appelé à la mobilisation le 25 mai contre "les fossoyeurs" de Bruxelles qui précipitent selon elle la France "sur la voie du sous-développement" avec la complicité des "docteurs Maboul de l'UMPS". /Photo prise le 1er mai 2014/REUTERS/Charles Platiau

Après le succès des élections municipales de mars, la présidente du FN a transformé le traditionnel rassemblement du 1er-Mai de la formation, en hommage à Jeanne d’Arc, en meeting anti-européen où elle attaqué avec véhémence l’exécutif et l’UMP, premier parti d’opposition.

Selon un sondage CSA diffusé le 25 avril, le FN est en tête des intentions de vote pour les européennes avec 24% devant l’UMP (22%) et le Parti socialiste (20%). D’autres enquêtes donnent l’UMP et le FN au coude à coude dans un scrutin où une forte abstention menace.

“Le 25 mai prochain, mettez fin à ce système qui vous méprise (...), tournez le dos au déshonneur de la capitulation”, a lancé Marine Le Pen devant plusieurs centaines de partisans rassemblés place de l’Opéra, à Paris, une effigie géante de Jeanne d’Arc derrière elle avec ce slogan: “Non à Bruxelles, oui à la France”.

“Ne tombez pas dans le piège infernal de l’abstention, ne me décevez pas, allez voter!”, a-t-elle plaidé avec insistance.

La dirigeante du FN, les maires de sa formation nouvellement élus à ses côtés sur l’estrade, ainsi que les têtes de liste aux européennes, a raillé la servilité présumée de François Hollande et Manuel Valls face aux “fossoyeurs de la France”.

Le chef de l’Etat a enfilé “le costume de sous-préfet européen laissé à l’Elysée par son prédécesseur” que “Mme (Angela) Merkel et M. (José Manuel) Barroso lui ont demandé d’enfiler”, a-t-elle déclaré sous les sifflets lors d’un discours de 45 minutes ponctué du slogan “On est chez nous!”

La charge était tout aussi violente pour l’UMP qui “a mis à genoux la nation pendant dix ans”. “L’UMPS”, a-t-elle poursuivi, “s’est vautrée dans la soumission à l’Union européenne et à l’Allemagne”.

LA “TRAHISON INDUSTRIELLE” D’ALSTOM

“Ils espèrent l’abstention la plus élevée possible et tirer de cette abstention la preuve de votre consentement” pour “pouvoir continuer entre eux leur petit jeu de massacre”: “Vous n’allez pas leur faire ce cadeau, quand même!”

Après avoir longuement vanté le génie séculaire français, célébré le peuple français, “ce peuple de lions, lorsqu’ils ne sont pas gouvernés par des ânes”, Marine Le Pen a stigmatisé l’UE, qui foulerait aux pieds “le patriotisme économique” et imposerait aux Français une austérité mortifère.

“Qui décide à votre avis de la politique draconienne d’austérité de 50 milliards que vient de nous présenter François Hollande?”, a-t-elle dit, avant de lancer: “La France, en nation libre, doit dire ‘non’”.

Elle a dénoncé la “trahison industrielle” selon elle à l’oeuvre dans le dossier Alstom, dont les activités Energie sont convoitées par l’américain General Electric et l’allemand Siemens. Un “fleuron” victime d’un “euro trop cher qui ruine notre compétitivité”.

La monnaie unique européenne, dont le FN veut sortir, a de nouveau été au coeur des critiques de Marine Le Pen, alors que le gouvernement français entend se saisir de la question du niveau trop élevé de l’euro auprès de ses partenaires européens.

La dirigeante du FN s’en est prise aussi à la directive controversée sur les travailleurs détachés qui met les Français “impitoyablement en concurrence avec des travailleurs payés une misère”, au processus d’élargissement et à l’espace Schengen.

“On entre dans notre pays comme dans un moulin”, a-t-elle lancé, dénonçant des “vagues massives d’immigration”.

“Nous mènerons un combat sans faiblesse contre la commission de Bruxelles parce qu’elle ruine le moral des Français et obstrue l’avenir de la France”, a-t-elle conclu, alors que les militants scandaient “Marine présidente!” et entonnaient la Marseillaise.

Auparavant, les responsables du FN, les maires et les candidats du mouvement aux européennes avaient défilé avec des militants du Palais Royal à la place de l’Opéra devant une banderole “La France avance”. Le FN revendique 20.000 participants, la police a fait état de 5.300 personnes.

Deux militantes Femen ont tenté de perturber le départ du cortège avant d’être écartées par les forces de l’ordre.

Sophie Louet

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