April 28, 2014 / 6:45 AM / 4 years ago

Hollande demande des engagements à GE et Siemens sur Alstom

PARIS (Reuters) - François Hollande a reçu lundi matin des représentants de General Electric et devait rencontrer en début de soirée ceux de Siemens afin d’obtenir des engagements de la part des deux groupes, qui sont en concurrence pour racheter les activités énergie d’Alstom.

Arrivée à l'Elysée du président de General Electric, Jeff Immelt, et de la patronne de la filiale française du groupe américain, Clara Gaymard. Au lendemain de la décision d'Alstom de se donner jusqu'à mercredi pour choisir entre General Electric et Siemens qui sont en concurrence pour racheter ses activités énergie, François Hollande devait demander lundi des engagements aux deux postulants. /Photo prise le 28 avril 2014/REUTERS/Philippe Wojazer

Ces rencontres interviennent au lendemain de la décision du français, fabricant d’équipements électriques et de trains, de se donner jusqu’à mercredi pour choisir entre les deux postulants, qui cherchent à mettre la main sur des activités représentant 70% de ses ventes globales et employant près de 9.000 personnes en France.

François Hollande a reçu le président de General Electric (GE), Jeff Immelt, accompagné de Clara Gaymard, PDG de GE France, en présence du ministre de l’Economie Arnaud Montebourg.

Le chef de l’Etat a rappelé lors de cette réunion qu’il serait particulièrement vigilant sur les conséquences d’un éventuel rapprochement en matière d’emploi, de localisation des activités - dans l’énergie comme dans les transports - et d’indépendance énergétique du pays, a-t-on déclaré de source proche du dossier.

De même source, on estime que GE a apporté des premiers éléments de réponse mais qu’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour que le groupe américain réponde aux exigences de l’Etat.

A l’issue de la rencontre avec François Hollande, le groupe américain s’est dit prêt à collaborer avec l’Etat français.

“Nous avons eu une discussion ouverte, chaleureuse et constructive(...). Nous avons entendu et comprenons son point de vue et nous sommes prêts à travailler ensemble”, a déclaré Jeff Immelt dans un communiqué.

Le chef de l’Etat doit également voir à 18h00 le président du directoire de Siemens, Joe Kaeser, et Martin Bouygues, le PDG de Bouygues, premier actionnaire d’Alstom, à 19h15.

ALSTOM SEMBLE TOUJOURS PENCHER POUR GE

Après cette rencontre avec Hollande, le conseil de surveillance de Siemens se réunira mardi pour décider de présenter formellement ou non une offre à Alstom.

Siemens, qui a troublé dimanche les discussions entre GE et Alstom en se disant prêt “à échanger sur les questions stratégiques soulevées par une coopération future” avec le français, semblait avoir les faveurs du gouvernement et a bénéficié lundi du soutien de Berlin.

Reste que GE a fait une offre ferme à Alstom, contrairement à Siemens. Le conseil d’administration du groupe devrait ainsi se réunir mardi et engager des négociations exclusives avec le géant américain, estime une source proche du dossier.

Alstom n’a pas commenté ces informations.

Le ministre de l’Economie Arnaud Montebourg, qui a menacé de s’opposer à une vente des activités énergie d’Alstom, dispose de moyens limités pour bloquer une transaction.

Sur RTL, il a jugé “prématuré” d’évoquer la possibilité d’une nationalisation temporaire d’Alstom si les offres de GE et de Siemens ne répondaient pas aux attentes du gouvernement.

Selon une source industrielle au fait des discussions entre Alstom et GE, la véritable inquiétude du gouvernement ne porte pas sur l’offre de GE elle-même mais sur l’avenir d’Alstom Transport. “Ils ne pensent pas que la société pourra survivre seule”, estime cette source.

“ON MANGE LE FRUIT, ON RECRACHE LE NOYAU”

Une source proche du gouvernement confirme cette inquiétude, estimant que “le point qui pose aujourd’hui vraiment question dans l’offre de GE, c’est ce qu’il restera d’Alstom après”.

“Les membres du conseil d’Alstom ont les yeux qui brillent devant un gros paquet de cash, mais à part ça, ils vont en faire quoi ? (...). L’opération avec GE, c’est un rachat qui se fiche du noyau qui est recraché. On mange le fruit, on recrache le noyau et on se fiche de la façon dont on l’arrose”, ajoute cette source.

En 2004, l’Etat était venu au secours d’Alstom, au bord du dépôt de bilan, en entrant provisoirement au capital de l’industriel à hauteur de 21%. Ces 21% ont été rachetés par Bouygues en 2006 pour deux milliards d’euros. Interrogé lundi sur une éventuelle répétition du scénario, le ministre du Travail François Rebsamen s’est montré prudent. “Je pense que rien n’est inenvisageable à cet instant mais c’est vrai qu’en 2004 l’Etat n’avait pas été encore endetté par Nicolas Sarkozy comme il l’a été de 2007 à 2013”, a-t-il estimé sur France Inter.

La branche énergie Alstom regroupe des pôles assurant la fabrication de turbines pour centrales électriques et de systèmes de transmission de l’électricité, qui sont les plus rentables du groupe, ainsi que les éoliennes.

Avec la contribution de Marine Pennetier, de Matthieu Protard et de Natalie Huet, édité par Jean-Michel Bélot

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