April 27, 2014 / 8:51 PM / 5 years ago

Evacuation de musulmans et pillages à Bangui

BANGUI (Reuters) - Environ 1.300 musulmans ont quitté Bangui dimanche sous la protection de soldats africains de maintien de la paix et leur quartier a été pillé par des centaines de chrétiens après leur départ.

Des centains de chrétiens pillent le quartier PK12, dans le nord de Bangui, après l'évacuation d'environ 1.300 musulmans dimanche sous la protection de soldats africains de maintien de la paix. Ce quartier était l'une des dernières poches musulmanes de la capitale de la Centrafrique. /Photo prise le 27 avril 2014/REUTERS/Emmanuel Braun

Le quartier PK12 dans le nord de Bangui était l’une des dernières poches musulmanes de la capitale de la Centrafrique, déchirée par des violences à caractères ethnique et religieux depuis que des rebelles essentiellement musulmans regroupés au sein de la Séléka ont renversé le président François Bozizé en mars 2013.

“Nous partons pour sauver nos vies”, a déclaré à Reuters Mohamed Ali Mohamed, qui est né et a grandi dans ce faubourg, pendant que d’autres musulmans attachaient de gros bidons aux camions prêts à les emmener vers le nord de la Centrafrique.

Certains de ceux qui n’ont pas pu emmener leur voiture ont préféré la brûler sur place plutôt que de la laisser aux chrétiens.

Tandis que les musulmans préparaient leur départ, des centaines de chrétiens ont patienté derrière des cordes installées par des militaires congolais de la force africaine de maintien de la paix, la Misca. Parmi eux se trouvaient des femmes et des enfants mais aussi des hommes armés de machettes ou d’arcs et de flèches.

Une fois les musulmans partis, ces chrétiens ont envahi le quartier et détruit et pillé des maisons sous le regard des soldats africains. Beaucoup scandaient “Libération! Libération!”

“C’est une honte mais on ne peut rien y faire”, a déclaré Dieudonné Bignilaba, un chrétien de Bangui.

“Pendant des années, nous avons vécu ensemble mais ce sont eux qui ont apporté les armes ici pour nous tuer”, a-t-il ajouté.

DES MUSULMANS NE VEULENT PAS PARTIR

Durant leurs mois de présence à Bangui, les rebelles de la Séléka ont multiplié les exactions, ce qui a entraîné la création de milices chrétiennes et animistes, les anti-balaka.

Avec le départ en janvier du chef de la Séléka, Michel Djotodia, soumis à de fortes pressions internationales, les violences entre communautés ont franchi un palier supplémentaire malgré la présence de près de 2.000 militaires français et de 6.000 soldats et policiers africains.

Le Haut Commissaire de l’Onu pour les réfugiés, Antonio Guterres, a jugé en février que la Centrafrique était en train de sombrer dans un “nettoyage ethnico-religieux”.

Sous la protection des forces étrangères, des milliers de musulmans ont ainsi fui Bangui. Ces évacuations ont été critiquées récemment par le ministère centrafricain de la Réconciliation, selon lequel cet exode encadré par la communauté internationale fait le jeu des rebelles musulmans désireux de créer un Etat indépendant dans le nord du pays.

Représentant en Centrafrique de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), l’agence onusienne impliquée dans ces évacuations, Giuseppe Loprete a déclaré que les musulmans vivant près de la mosquée centrale et dans le quartier PK5 ne voulaient quant à eux pas partir.

Bertrand Boucey pour le service français

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