April 23, 2014 / 7:19 PM / 4 years ago

La majorité demande encore des gages sur le plan d'économies

par Elizabeth Pineau

Le ministre des Finances Michel Sapin et le secrétaire d'Etat au Budget Christian Eckert, mercredi à la sortie de l'Elysée. Les députés socialistes devraient approuver mardi prochain le plan de 50 milliards d'euros d'économies présenté mercredi en conseil des ministres mais les difficultés du gouvernement à réunir sa majorité sur ce dossier sont lourdes de risques pour l'avenir. /Photo prise le 23 avril 2014/REUTERS/Philippe Wojazer

PARIS (Reuters) - Les députés socialistes devraient approuver mardi prochain le plan de 50 milliards d’euros d’économies présenté mercredi en conseil des ministres mais les difficultés du gouvernement à réunir sa majorité sur ce dossier sont lourdes de risques pour l’avenir.

La concertation engagée par le Premier ministre, Manuel Valls, pour contrer un début de fronde dans la majorité s’est poursuivie lors d’une réunion du groupe PS à l’Assemblée, où le ministre des Finances, Michel Sapin, a présenté la trajectoire budgétaire de la France pour 2015-2017.

Selon leur chef de file, les députés socialistes ont demandé des inflexions sur quatre points principaux: les petites retraites, les petits salaires dans la fonction publique, les contribuables les plus modestes - afin qu’ils ne se retrouvent pas imposables - ainsi qu’une remise en cause du gel annoncé des prestations liées au plan pauvreté.

Les ajustements devront se faire sans hausse des prélèvements obligatoires, a précisé Bruno Le Roux.

La balle est maintenant dans le camp du gouvernement, qui doit proposer des amendements à un plan d’économies sur lequel des députés PS réservent leur vote.

“Je ne vote pas, je vais vous dire pourquoi. Qu’est ce que nous cherchons? Le bon chemin pour l’économie française et une ligne juste pour les Français. Aujourd’hui le dosage n’est pas le bon”, a ainsi déclaré à la presse Christian Paul.

Ce député est un des signataires d’une lettre adressée au Premier ministre par des élus de l’aile gauche du PS ou proches de la maire de Lille, Martine Aubry, et même du ministre de l’Economie, Arnaud Montebourg, demandant au gouvernement de limiter à 35 milliards d’euros les économies envisagées.

Après avoir reçu une dizaine de députés PS mardi, Manuel Valls s’est entretenu mercredi avec des élus radicaux de gauche et écologistes.

Les Verts, qui oscillent entre abstention et vote contre, ont fait savoir qu’ils prendraient une décision en réunion de groupe mardi prochain.

Une certaine confusion régnait mercredi sur l’état des troupes PS, dont une partie était en vacances, alors que des élus UMP et UDI ont au contraire laissé entendre qu’ils pourraient soutenir le plan gouvernemental.

LE ROUX ESPÈRE UNE MAJORITÉ ABSOLUE

Le centriste Philippe Vigier a fait savoir que le groupe UDI se prononcerait en fonction de la capacité du gouvernement à “prendre dès maintenant des engagements clairs accompagnés d’un calendrier précis quant aux réformes structurelles à engager (réforme des retraites, réforme territoriale, réforme de l’Etat, réforme de l’assurance maladie et du système de soins)”.

Bruno Le Roux a dit pour sa part “rechercher d’abord le soutien de la totalité des députés socialistes”.

“L’adoption par une majorité cohérente et absolue à l’Assemblée nationale donnera à la France une voix plus forte pour discuter demain au niveau européen”, a-t-il estimé.

Si le vote de mardi prochain n’est que consultatif, la fronde augure de joutes féroces pour des textes aussi importants que le projet de loi de finances rectificative, avec un vote prévu en juin, et le budget 2015, à l’automne.

“La difficulté, ce serait l’absence de dialogue et le fait qu’aujourd’hui il y ait un gouvernement arc-bouté, qui dirait à sa majorité, ‘vous n’avez pas d’autre choix que de faire ce que nous disons’”, a tempéré Bruno Le Roux. “C’est cette discussion qui évite, demain, les difficultés”.

La députée Annick Lepetit a pour sa part mis en avant la “liberté de vote” de chaque élu.

“Nous avons l’habitude, depuis deux ans, d’avoir des discussions, et finalement la majorité vote”, a-t-elle rappelé.

En visite à Carmaux, la ville de Jean Jaurès, figure tutélaire du Parti socialiste français, François Hollande a dit comprendre l’impatience de son camp, tout en maintenant le cap des réformes engagées.

“J’entends les interrogations. Elles sont là, y compris de mes propres amis”, a déclaré le chef de l’Etat dans un discours dans lequel il a promis davantage de “justice sociale”.

“Nous avons été élus, j’ai été élu, pour redresser la France (...) C’est difficile”, a-t-il reconnu, appelant à “continuer la marche et même l’accélérer” pour le “sursaut” d’une “France qui a “besoin de réformes”.

“Le pire risque c’est de ne pas en prendre, c’est de laisser faire”, a poursuivi l’impopulaire président, qui avait déclaré la semaine dernière à Paris vouloir maintenir le cap “quoi qu’il en coûte et quoi qu’il m’en coûte”.

Edité par Emmanuel Jarry

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