April 20, 2014 / 6:18 PM / in 4 years

Personne n'est "pris en traître" au PS, juge Bruno Le Roux

PARIS (Reuters) - Les socialistes savaient que le gouvernement allait présenter un vaste plan d’économies et doivent défendre la politique mise en oeuvre, a déclaré dimanche Bruno Le Roux, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, où la fronde s’étend.

Le président François Hollande et son Premier ministre, Manuel Valls. Bruno Le Roux, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, où la fronde s'étend, a déclaré dimanche que les députés socialistes savaient que le gouvernement allait présenter un vaste plan d'économies et doivent donc défendre la politique mise en oeuvre. /Photo prise le 15 avril 2014/REUTERS/Philippe Wojazer

Le Premier ministre, Manuel Valls, a en partie détaillé mercredi le plan d’économies de 50 milliards d’euros sur trois ans qui doit permettre à la France d’honorer ses engagements européens de réduction du déficit et de financer la baisse du coût du travail prévue par le “Pacte de responsabilité et de solidarité”.

Des députés proches de la maire de Lille, Martine Aubry, et d’autres issus de l’aile gauche du Parti socialiste avaient déjà réclamé un changement de cap après la déroute aux élections municipales. Ils ont récidivé cette semaine.

Près de 90 élus socialistes, dont 82 députés, ont adressé jeudi une lettre à Manuel Valls, dans laquelle ils dénoncent des “reculs sociaux” avec le gel des prestations sociales et une “mise à mal des services publics”.

A neuf jours du vote sur le programme de stabilité qui définira la trajectoire des finances publiques, le 29 avril, Bruno Le Roux a assuré que les députés seraient écoutés mais a aussi appelé les frondeurs à assumer la politique menée.

“Cet examen que nous allons avoir le 29, le président l’annonce depuis plusieurs mois. Personne n’a été pris en traître”, a-t-il dit sur i>Télé. “Nous savions l’ampleur du plan, que (le président) souhaitait un nouvel acte pour doper la compétitivité des entreprises.”

Le ministre du Travail, François Rebsamen, avait tenu des propos semblables un peu plus tôt dans la journée sur Canal+.

“Ils ont été élus sur une ligne politique, c’est une ligne politique qu’ils connaissaient”, a-t-il souligné. “S’ils pensaient que c’était facile, il ne fallait pas se revendiquer du PS et du président.”

Le programme de stabilité, qui sera présenté mercredi en conseil des ministres, prévoira de ramener le déficit de la France à 3% en 2015, 0,2 point de plus que l’engagement pris l’an dernier, mais un objectif conforme aux règles européennes.

La veille, une délégation de députés socialistes sera reçue par le Premier ministre, a dit Bruno Le Roux, qui n’entend pas convier les plus véhéments des parlementaires PS.

“Les députés turbulents, bien souvent, prennent les initiatives de leur coté. Moi je veux rassembler”, a-t-il dit, ajoutant qu’il attendait un geste pour les “petites retraites” et les classes moyennes.

“La réunion que j’aurais mardi est une réunion de responsables du groupe et qui veulent mouiller le maillot, qui veulent aller discuter et défendre la politique qui est mise en oeuvre”, a-t-il ajouté.

Gregory Blachier, édité par Bertrand Boucey

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