April 4, 2014 / 1:27 PM / 4 years ago

Les Verts craignent un enterrement de l'écotaxe

PARIS (Reuters) - Europe Ecologie-Les Verts s’inquiète vendredi de l’annonce par la nouvelle ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, d’une prochaine remise à plat de l’écotaxe qui ressemble, selon le parti écologiste, à un “enterrement de première classe”.

A Bain-de-Bretagne, en octobre dernier. Europe Ecologie-Les Verts s'inquiète vendredi de l'annonce par la nouvelle ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, d'une prochaine remise à plat de l'écotaxe qui ressemble, selon le parti écologiste, à un "enterrement de première classe". /Photo prise le 15 octobre 2013/REUTERS/Stéphane Mahé

Pour EELV, l’écotaxe léguée par Nicolas Sarkozy doit être revue de fond en comble, en particulier le partenariat public-privé attribué à Ecomouv’, entreprise gestionnaire qui continue à être rémunérée alors que la taxe est suspendue.

Mais un abandon pur et simple de la taxe poids lourds serait “irresponsable” car “la France a besoin de cette recette annuelle” destinée au financement des infrastructures de transports, ajoute-t-il dans un communiqué.

Ségolène Royal a dit pour sa part ne pas comprendre la polémique suscitée par son souhait de remettre à plat l’écotaxe et assure que le gouvernement attendra la remise d’un rapport parlementaire dans quinze jours avant toute décision.

A peine nommée, la ministre de l’Ecologie a rallumé la controverse sur cette taxe qui avait mis à l’automne 2013 la Bretagne dans la rue.

La mise en oeuvre de ce dispositif destiné à taxer à partir du 1er janvier 2014 les poids lourds de plus de 3,5 tonnes et à financer les infrastructures de transport avait été suspendue en octobre dernier par l’ex-Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

“La remise à plat de l’écotaxe n’a aucune raison de soulever une polémique. C’est une méthode de respect et du temps donné à l’écoute”, s’est justifiée Ségolène Royal sur Twitter.

“Et d’ailleurs un rapport parlementaire est rendu dans 15 jours dont le gouvernement prendra connaissance avant les décisions”, a-t-elle ajouté.

INQUIÉTUDES POUR ECOMOUV’

Des députés ont reproché à la nouvelle ministre d’avoir rouvert ce dossier délicat sans attendre la remise du rapport de la mission parlementaire créée à l’Assemblée pour essayer de trouver un consensus sur l’application de l’écotaxe.

Jeudi à Poitiers, Ségolène Royal a estimé que l’écologie ne devait pas être “punitive” et que les Français “ont déjà beaucoup payé d’impôts supplémentaires”.

“On ne doit pas taxer des gens s’ils n’ont pas le choix de prendre le transport propre”, a-t-elle insisté, disant vouloir trouver d’autres solutions de financement.

Le président de la communauté d’agglomération de Metz, Jean-Luc Bohl, a rappelé vendredi à Manuel Valls que la création de l’écotaxe était aussi un engagement de l’Etat en matière d’emplois pour la Lorraine.

La société Ecomouv’, qui doit assurer la perception de cette taxe, a été installée dans l’agglomération de Metz pour compenser les pertes d’emplois dues aux restructurations militaires.

“La décision unilatérale du précédent gouvernement de suspendre l’écotaxe sous la pression d’une frange de la population de l’ouest de la France a eu de graves conséquences à l’Est”, souligne Jean-Luc Bohl, dans une lettre au nouveau Premier ministre qui a été transmise à la presse.

“Soyez certain que nous saurons nous mobiliser si nécessaire, pour rappeler à l’Etat ses engagements, protéger nos emplois et faire entendre la voix de la Lorraine”, conclut le maire UDI de Montigny-lès-Metz.

Seuls 156 salariés en CDI travaillent aujourd’hui chez Ecomouv’ au lieu des quelque 330 prévus. Le maintien de 150 agents des douanes chargés de recouvrir l’écotaxe est également suspendu à la décision du gouvernement, souligne Jean-Luc Bohl.

Ecomouv’ s’est implantée en février 2012 sur l’ancienne base aérienne 128, dans le cadre d’un dispositif destiné à compenser les 5.000 emplois supprimés dans l’agglomération par le plan de restructuration des armées de 2008. En cas d’abandon du projet du projet, l’Etat devrait verser 800 millions d’euros de pénalité à Ecomouv’.

Gérard Bon, avec Gilbert Reilhac à Strasbourg, édité par Sophie Louet

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