April 3, 2014 / 9:24 AM / 5 years ago

Pierre Moscovici prêt à mettre son expérience au service de l'UE

PARIS (Reuters) - Pierre Moscovici s’est dit jeudi prêt à mettre son expérience au service de la Commission européenne, où l’ex-ministre de l’Economie et des Finances entend faire “aimer l’Europe” par des Français gagnés par l’euroscepticisme.

Pierre Moscovici s'est déclaré jeudi prêt à mettre son expérience au service de la Commission européenne, confirmant que François Hollande avait évoqué avec l'ex-ministre de l'Economie et des Finances sa nomination à Bruxelles. /Photo prise le 12 octobre 2013/REUTERS/Jonathan Ernst

Pierre Moscovici n’a pas été repris dans le nouveau gouvernement mais un poste de commissaire à Bruxelles lui est promis, a-t-on assuré de source gouvernementale.

“D’autres aventures m’attendent au service de notre pays”, a confirmé l’intéressé à l’issue d’une rencontre avec le nouveau Premier ministre Manuel Valls.

“Avoir été ministre des Finances pendant deux ans après avoir été ministre des Affaires européennes et vice-président du Parlement européen et parlementaire depuis 20 ans, ça me donne une expérience, un capital que je veux mettre au service de mon pays”, a-t-il ajouté.

“Tout ce que je fais et toutes les décisions qui ont été prises l’ont été en bonne intelligence, en confiance, en amitié avec le président”, a-t-il expliqué. “S’il souhaite me confier d’autres responsabilités au service du pays, nous en avons parlé, et je suis évidemment disponible.”

GUIGOU AUSSI CANDIDATE

La députée socialiste Elizabeth Guigou, ex-ministre de la Justice et des Affaires européennes, a toutefois fait savoir jeudi qu’elle était elle aussi candidate pour Bruxelles.

“J’ai fait connaître mon intérêt et je persiste”, a-t-elle dit à Reuters, ajoutant qu’elle pourrait occuper “toutes sortes de postes” à la Commission. “A ma connaissance, la décision n’est pas prise.”

Mais l’ex-ministre des Finances, qui a obtenu de la Commission européenne un délai de deux ans supplémentaires pour ramener les déficits publics français à 3% du PIB, ainsi que d’autres ministres agissent comme si les jeux étaient faits.

Après des années de politiques d’austérité qui, dans nombre de pays, ont renforcé l’euroscepticisme, Pierre Moscovici a expliqué qu’il souhaitait à Bruxelles “faire aimer l’Europe”.

“C’est à cela que j’aspire maintenant à me consacrer pleinement”, a-t-il dit lors de la passation de pouvoirs à Bercy avec son successeur Michel Sapin, qui a annoncé jeudi son intention de négocier un nouveau délai pour la résorption des déficits publics français.

Le nouveau ministre des Finances a d’ailleurs semblé considérer comme acquise la nomination de Pierre Moscovici au poste de commissaire aux Affaires économiques et financières, un choix qui appartient pourtant au président du futur exécutif européen dont la désignation interviendra sans doute en juin.

“C’est un nouveau départ qui te ramènera beaucoup à Bercy”, a-t-il dit lors de la passation de pouvoir.

Pierre Moscovici devrait donc remplacer le commissaire français sortant Michel Barnier, qui a échoué, face l’ancien Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, à prendre la tête de liste du Parti populaire européen (PPE) pour les élections européennes.

NOUVELLE COMMISSION LE 1ER NOVEMBRE

Jean-Claude Juncker sera confronté dans les urnes au candidat du Parti socialiste européen (PSE), l’Allemand Martin Schulz, actuel président du Parlement européen, et à celui des libéraux, l’ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt.

Le futur président de la Commission sera désigné par les dirigeants européens lors d’un prochain sommet et il choisira ensuite, avec les gouvernements des Vingt-Huit, les 27 autres membres de son équipe.

La répartition des portefeuilles lui appartient, même si les “grands” pays pèsent d’un poids important dans le choix.

Les chefs d’Etat et de gouvernement doivent prendre en compte les résultats des élections européennes pour choisir le remplaçant de José Manuel Barroso.

Ils estiment néanmoins que les traités ne les obligent en rien à choisir nécessairement comme président de la Commission européenne la tête de liste du parti qui remportera le plus de sièges au Parlement européen.

La nouvelle Commission entrera en fonction le 1er novembre 2014, après avoir obtenu l’investiture du Parlement européen, qui auditionnera chaque candidat commissaire séparément.

Les députés européens peuvent se prononcer contre la nomination d’un membre de la Commission mais ce vote n’est pas contraignant. En revanche, si leur opposition n’est pas prise en compte, ils peuvent refuser d’investir l’exécutif européen.

Yves Clarisse, avec Julien Ponthus, Chine Labbé, Jean-Baptiste Vey et Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

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