April 2, 2014 / 11:09 AM / 5 years ago

Ségolène Royal, retour en grâce à l'Ecologie et l'Energie

PARIS (Reuters) - “Assagie, créative”, riche d’une “relation de proximité reconstruite” avec François Hollande selon ses proches, Ségolène Royal revient au gouvernement aux côtés du père de ses enfants à la tête d’un grand ministère de ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie.

"Assagie, créative", riche d'une "relation de proximité reconstruite" avec François Hollande selon ses proches, Ségolène Royal revient au gouvernement aux côtés du père de ses enfants à la tête d'un grand ministère de ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

La présidente de la région Poitou-Charentes, 60 ans, profite du refus des responsables d’Europe Ecologie-Les Verts d’entrer au gouvernement de Manuel Valls, même en échange d’un ministère alliant Ecologie et Energie, sur un dossier qui lui tient à coeur.

L’élève de François Mitterrand, qui a déjà occupé plusieurs postes ministériels, a affiché sa combativité dès dimanche soir en estimant que “l’avertissement très sévère” des urnes appelait un “très fort changement”.

Connue pour sa liberté de ton, Ségolène Royal court le risque que chacune de ses paroles soit commentée à la lumière de son passé intime avec le chef de l’Etat.

“En cas de problème, elle pourrait décrocher le téléphone pour appeler l’Elysée plutôt que le Premier ministre”, souligne un ami de l’ancien couple.

Ce retour sonne comme une revanche pour celle qui avait promis à ses électeurs de les emmener vers “d’autres victoires” au soir de sa défaite contre Nicolas Sarkozy au second tour de l’élection présidentielle, le 6 mai 2007.

Son parcours depuis lors a été émaillé de déceptions.

On la vit fondre en larmes devant les caméras après n’avoir recueilli que 7% des voix à la primaire socialiste de 2011, remportée par François Hollande. Battue huit mois plus tard aux élections législatives à La Rochelle, elle abandonna son rêve d’accéder à la présidence de l’Assemblée nationale.

Son retour en grâce est une conséquence de la séparation, en janvier, de François Hollande et sa compagne Valérie Trierweiler après les révélations du magazine Closer sur la liaison supposée entre le chef de l’Etat et l’actrice Julie Gayet.

La jalousie de l’ex-“première dame” envers la mère des enfants du président avait éclaté au grand jour dans un tweet assassin de juin 2012, où Valérie Trierweiler encourageait le rival de Ségolène Royal aux législatives, Olivier Falorni.

DES AIRS DE MADONE

“A la fois Parisienne et belle des champs, jeune pousse et vieux jeu”, selon son biographe Daniel Bernard, Marie-Ségolène Royal est née le 22 septembre 1953 à Dakar, au Sénégal, quatrième enfant d’une fratrie qui en comptera huit.

Après des études dans les Vosges, elle intègre Sciences Po Paris puis l’Ecole nationale d’administration, où elle rencontre François Hollande au sein d’une promotion “Voltaire” qui compte aussi de futurs ministres comme Michel Sapin, Jean-Pierre Jouyet et Dominique de Villepin.

Ségolène Royal rejoint François Mitterrand en 1982 comme chargée de mission à la Jeunesse, puis aux Affaires sociales. Elle reste à l’Elysée jusqu’en 1988, année où elle entre à l’Assemblée nationale comme députée des Deux-Sèvres après avoir conquis une circonscription réputée “ingagnable”.

Ministre de l’Environnement du gouvernement de Pierre Bérégovoy en 1992-1993, elle fait voter des lois sur la gestion des déchets ou les nuisances sonores et obtient du président un plan de sauvegarde du Marais poitevin.

Pendant les années de “gauche plurielle”, elle est successivement ministre déléguée à l’Enseignement scolaire puis à la Famille, où elle combat le bizutage et le racket, facilite l’accès à la pilule du lendemain et crée le congé paternité.

Députée du département rural des Deux-Sèvres pendant quinze ans, Ségolène Royal a été élue à la tête de la région Poitou-Charentes en 2004. Elle sera reconduite en 2010 et n’aura de cesse de vanter son bilan, jugeant possible d’élargir au niveau national ses expériences régionales.

En 2005, celle qui se réclame autant de Jeanne d’Arc que de la communarde Louise Michel, à qui certains attribuent des airs de madone, avait remporté haut la main la primaire socialiste.

Juste après la présidentielle perdue, Ségolène Royal a officialisé sa séparation d’avec François Hollande, avec qui elle affirme aujourd’hui avoir des relations apaisées, tout comme avec Martine Aubry, qui lui ravit d’un cheveu la place de première secrétaire du PS lors du congrès de Reims de 2008.

Edité par Yves Clarisse

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