April 2, 2014 / 9:49 AM / in 4 years

Un gouvernement de seize ministres pour sortir de la crise

PARIS (Reuters) - Manuel Valls et François Hollande ont dessiné un gouvernement “de combat” resserré composé de 16 personnalités expérimentées, dont deux nouvelles figures seulement, avec un duo composé de Michel Sapin et d’Arnaud Montebourg pour piloter l’économie.

Pierre-René Lemas, secrétaire général de l'Elysée, lors de l'annonce du gouvernement dirigé par Manuel Valls, mercredi. Seize ministres siègeront dans le nouveau gouvernement avec notamment Michel Sapin aux Finances, Arnaud Montebourg à l'Industrie et Bernard Cazeneuve à l'Intérieur. /Photo prise le 2 avril 2014/REUTERS/Philippe Wojazer

L’ancienne compagne du président François Hollande, Ségolène Royal, et le maire de Dijon, François Rebsamen, font leur entrée dans cette équipe annoncée mercredi, où la parité est respectée.

L’Elysée présente cette équipe comme “l’un des gouvernements les plus resserrés de la Ve République, composé de personnalités ayant de l’expérience, certains bénéficiant d’une surface politique permettant de porter avec force leurs dossiers”.

Le précédent gouvernement de Jean-Marc Ayrault comptait 20 ministres de plein exercice et 17 ministres délégués.

“C’est très rapide, très simple, très clair”, a résumé François Hollande en quittant l’Elysée pour Bruxelles, où se tient un sommet européen, juste avant l’annonce du gouvernement.

Le premier conseil des ministres aura lieu vendredi à 10h00. Les noms des secrétaires d’Etat appelés à compléter le dispositif ne seront annoncés que la semaine prochaine.

Le nouvel exécutif dévoilé par le secrétaire général de l’Elysée, Pierre-René Lemas, qui reste finalement à son poste malgré des rumeurs de départ, fait la part belle aux proches du chef de l’Etat et à l’aile gauche du Parti socialiste, qui profite du refus des Verts de participer à l’aventure.

Arnaud Montebourg, chantre de la “démondialisation”, se retrouve avec Michel Sapin aux commandes d’un ministère de l’Economie bicéphale, signe de l’impatience d’un exécutif avide de résultats après la déroute subie aux élections municipales.

GAGES D’”EFFICACITÉ” À BERCY

Le ministère de l’Economie, “remodelé et rationalisé”, est “un gage d’efficacité”, assure un proche de François Hollande.

Nommé aux Finances et aux Comptes publics, c’est Michel Sapin qui sera chargé de négocier auprès de ses partenaires européens un éventuel délai pour la réduction des déficits au-delà de 2015, comme François Hollande l’a laissé entendre lundi.

A un poste qu’il a déjà occupé il y a 20 ans, il devra trouver un terrain d’entente avec Arnaud Montebourg, qui ne mâche ses mots à l’égard des “diktats” de l’Union européenne.

Le “troisième homme” de la primaire socialiste de 2011 ajoute l’Economie et le Numérique à son précédent portefeuille du Redressement productif.

Laurent Fabius et Jean-Yves Le Drian conservent leurs postes antérieurs, aux Affaires étrangères et à la Défense.

Le chef de la diplomatie, qui reste numéro deux du gouvernement, ajoute le “développement international” à son secteur afin de renforcer l’économie française à l’étranger, et récupère le commerce extérieur et le tourisme.

Ce dernier portefeuille sera confié à l’ex-ministre à l’Economie numérique, Fleur Pellerin, qui devrait aussi récupérer les Affaires européennes, selon une source gouvernementale.

Le ministère de l’Intérieur est confié à Bernard Cazeneuve, qui quitte le Budget après avoir mis la dernière main aux 50 milliards d’euros d’économies qui doivent être annoncés dans les jours à venir pour réduire le déficit public.

Un choix de compromis pour ce poste stratégique, objet d’un différend entre François Hollande et Manuel Valls qui souhaitaient chacun y placer un proche.

François Rebsamen était le candidat du président, Jean-Jacques Urvoas celui du Premier ministre.

Le sujet, qui pourrait augurer de crispations entre l’Elysée et Matignon, a sans doute été au menu de l’entretien de plus de deux heures entre François Hollande et Manuel Valls, mercredi matin à l’Elysée, juste avant l’annonce du gouvernement.

LE RETOUR DE ROYAL

Ségolène Royal, ancienne ministre et mère des enfants du président, fait son entrée à la tête d’un grand ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie.

Propulsée numéro trois du gouvernement, l’ex-candidate socialiste à la présidentielle en 2007 s’occupera en l’absence des Verts de ce secteur-clé dont elle s’est déjà occupée il y a 20 ans et pour lequel elle s’est beaucoup investie.

On s’étonne d’ailleurs encore mercredi à l’Elysée que les écologistes aient refusé ce “ministère en or” pour cause d’incompatibilité avec la ligne “droitière” de Manuel Valls.

Ami de l’ancien couple Royal-Hollande, François Rebsamen est le seul membre du gouvernement à ne pas avoir d’expérience ministérielle. Le maire de Dijon, réélu dimanche, est nommé ministre du Travail, de l’Emploi et du Dialogue social.

Benoît Hamon, figure de l’aile gauche du Parti socialiste, est promu à l’Education nationale, l’Enseignement supérieur et la Recherche, en remplacement de Vincent Peillon, candidat aux élections européennes du 25 mai dont la réforme des rythmes scolaires a provoqué une levée de boucliers.

La promotion de l’ancien porte-parole du PS est un signe envoyé aux élus socialistes qui ont vu d’un mauvais oeil la nomination de Manuel Valls, jugé trop à droite.

Caution “jeunesse” du gouvernement, la trentenaire Najat Vallaud-Belkacem prend la tête d’un grand ministère des Droits des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports.

LE FOLL NOUVEAU PORTE-PAROLE

Stéphane Le Foll, qui reste à l’Agriculture, lui succède au comme porte-parole du gouvernement.

Ce proche de François Hollande donnera un nouveau souffle à une fonction jugée essentielle après les problèmes de communication constatés sous le précédent gouvernement.

Confirmée au ministère de la Justice, Christiane Taubira n’est pas sanctionnée pour ses maladresses liées à l’affaire des écoutes de l’ancien président Nicolas Sarkozy. La garde des Sceaux doit maintenant mener à bien la réforme pour “une justice du XXIe siècle” qu’elle avait engagée, après avoir mené à bien la loi autorisant le mariage homosexuel.

Pas de changement non plus pour Marisol Touraine (Affaires sociales), Aurélie Filippetti (Culture) et Marylise Lebranchu (Décentralisation, Réforme de l’Etat et Fonction publique)

Sylvia Pinel, proche du président du Parti radical de gauche Jean-Michel Baylet, succède à l’écologiste Cécile Duflot au Logement. La Guadeloupéenne George Pau-Langevin est promue aux Outre-mer en remplacement de Victorin Lurel.

Avec Service France, édité par Yves Clarisse

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