March 26, 2014 / 2:18 PM / 4 years ago

Le soufflet électoral appelle la cohérence, juge Hollande

PARIS (Reuters) - Le message de défiance envoyé par les électeurs français à l’exécutif lors du premier tour des élections municipales a été entendu, a dit mercredi à ses ministres François Hollande, qui entend améliorer la “cohérence” du gouvernement.

Le message de défiance envoyé par les électeurs français à l'exécutif lors du premier tour des élections municipales a été entendu, a dit mercredi à ses ministres François Hollande, qui entend améliorer la "cohérence" du gouvernement. /Photo prise le 26 mars 2014/REUTERS/Charles Platiau

Une volonté qui sonne implicitement comme l’annonce d’un remaniement prochain de l’équipe du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, dont le départ est réclamé par une partie de la majorité, après que l’entourage du président a déclaré mardi que le président passerait “à l’action” en avril.

“Le président de la République a souligné que, sans attendre dimanche, il convenait d’entendre les Français quand ils s’expriment et même quand ils s’abstiennent de le faire”, a déclaré la porte-parole du gouvernement.

Trois jours après un scrutin marqué par une forte abstention, un recul du Parti socialiste et une poussée du Front national, le chef de l’Etat a invité à “travailler au redressement de ce pays avec plus de rapidité, de force, de cohérence et de justice sociale”, a dit Najat Vallaud-Belkacem.

A son image, les 38 membres du gouvernement de Jean-Marc Ayrault ont tenté de faire bonne figure dans la cour de l’Elysée, où des journalistes ont demandé à certains d’entre eux s’ils venaient de vivre leur “dernier conseil des ministres”.

“On travaille”, a sobrement commenté Jean-Marc Ayrault.

L’entourage du Premier ministre, dont plusieurs responsables socialistes ont demandé le départ, ne s’avoue pas vaincu et a fait valoir qu’il était le mieux placé pour porter la ligne social-démocrate de François Hollande.

JUSTICE SOCIALE

La ministre du Logement, Cécile Duflot, est intervenue pendant le conseil pour déplorer le mauvais score de la majorité aux municipales, notamment dans sa ville natale de Villeneuve-Saint-Georges, dans le Val-de-Marne.

“Ce qui a nourri les déceptions, selon elle, c’est le désespoir économique et social. Elle a réclamé un second souffle en mettant l’accent sur le besoin de ‘justice sociale’”, a rapporté son entourage.

“La justice sociale” semble en effet au coeur du message présidentiel dans cette difficile période d’entre-deux tours, où les commentaires sont sévères, y compris au sein de la majorité.

Selon des sources gouvernementales, François Hollande devrait annoncer rapidement une baisse d’impôts pour les ménages. Envisagée depuis plusieurs mois, cette piste se concrétiserait d’ici avril, quand doivent être présentés le pacte de responsabilité et le programme de stabilité de la France.

Najat Vallaud-Belkacem a annoncé à ce sujet des éléments pour “la semaine prochaine”.

“Les décisions en la matière ne sont pas prises, l’objectif à terme c’est d’aller vers une baisse de la fiscalité des ménages après une période de stabilisation”, a-t-elle dit, sans s’avancer sur une éventuelle baisse de la fiscalité dès 2014.

QUI À MATIGNON?

La porte-parole du gouvernement a aussi vanté les résultats du gouvernement, pas assez mis en valeur selon l’Elysée, notamment en matière de logement.

En cette période très délicate, “le président m’a donné une impression de solidité, de lucidité et de responsabilité et c’est de cela dont les Français ont besoin”, a-t-elle souligné.

Le cas de l’avenir de Jean-Marc Ayrault n’a selon elle pas été évoqué au conseil.

“Le Premier ministre est aux commandes et on est responsables collectivement des choix faits par le gouvernement”, a-t-elle commenté.

Des ténors de la majorité réclament un changement à Matignon, qui pourrait dépendre de l’ampleur du désaveu subi par le Parti socialiste dimanche prochain.

“Je ne vois pas trop comment il pourrait rester, sauf si on sauve une trentaine de villes, ce à quoi personne ne croit vraiment”, dit une source au Parti socialiste.

Les noms du ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, et du chef de la diplomatie, Laurent Fabius, circulent avec de plus en plus d’insistance pour le remplacer.

Mais le choix de Manuel Valls ne serait pas sans conséquences.

L’entourage de Cécile Duflot, connue pour son inimitié envers le ministre de l’Intérieur, a souligné que le nommer Manuel Valls “ne serait pas la bonne symbolique” ni “le bon message” aux Français en réponse à leur vote.

Elizabeth Pineau et Julien Ponthus

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