March 24, 2014 / 12:07 PM / 5 years ago

Le Front national arbitre du second tour des municipales

HENIN-BEAUMONT, Pas-de-Calais (Reuters) - Steeve Briois, symbole de la poussée du Front national aux élections municipales, savoure son accession à la mairie d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), ravie à la gauche dès le premier tour et annonciatrice d’autres victoires potentielles.

Steeve Briois, symbole de la poussée du Front national aux élections municipales, savoure son accession à la mairie d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), ravie à la gauche dès le premier tour et annonciatrice d'autres victoires potentielles. Il s'agit d'une première pour le parti de Marine Le Pen, qui n'avait jamais remporté au premier tour une ville de plus de 10.000 habitants. /Photo prise le 23 mars 2014/REUTERS/Pascal Rossignol

Il s’agit d’une première pour le parti de Marine Le Pen, qui n’avait jamais remporté au premier tour une ville de plus de 10.000 habitants.

Le FN, qui n’était présent que dans moins de 600 communes, est arrivé en tête dans 16 villes et a réalisé des scores élevés lui permettant de se maintenir au second tour dans 315 communes de plus 1.000 habitants.

“C’est plus qu’un pari réussi”, dit le vice-président du FN Florian Philippot, arrivé en tête à Forbach (Moselle), où il devra cependant batailler pour pouvoir l’emporter.

Le parti frontiste espère engranger d’autres victoires à Béziers, Fréjus, Tarascon, Saint-Gilles, voire Perpignan, où le score risque d’être serré, et dépasser largement ses conquêtes de 1995, lorsqu’il avait remporté Orange, Toulon et Marignane.

“Le FN transforme l’essai des présidentielles, a gagné une ville dès le premier tour - ça n’était jamais arrivé pour une ville de plus de 10.000 habitants - et est en tête dans toute une série de villes. Il est plus que jamais l’arbitre du second tour entre le PS et l’UMP”, analyse Frédéric Dabi, de l’Ifop.

Il souligne que le score de 5% pour le FN sur l’ensemble de la France “est un vrai trompe-l’oeil par rapport à son potentiel réel” car “seul un Français sur trois avait la possibilité de voter” pour le parti frontiste.

Dès dimanche soir, les leaders du parti se sont projetés vers l’avenir, jugeant que le FN avait fait la démonstration qu’il était perçu comme capable de gouverner et prédisant d’autres surprises aux prochaines régionales et cantonales.

UN SÉISME À VENIR AUX EUROPÉENNES ?

Mais Marine Le Pen a surtout en tête les élections européennes de mai, pour lesquelles plusieurs sondages ont montré que le FN pourrait arriver en tête. “Elles seront fondamentales”, a dit la présidente du FN aux journalistes.

Pour le politologue Thomas Guénolé, plus que le succès aux municipales - le FN n’est en mesure de l’emporter que dans dix villes, dit-il -, c’est ce scrutin qui sera marquant.

“C’est annonciateur, probablement, d’un séisme politique plus grave aux élections européennes, où le FN, cette fois, pourra présenter des listes partout”, dit-il.

Louis Aliot, le vice-président du FN arrivé en tête à Perpignan, estime qu’après sa “claque” aux municipales, le PS “ne pourra faire l’économie d’une dissolution de l’Assemblée nationale” si la gauche était balayée au scrutin européen.

A Hénin-Beaumont, Steeve Briois, 41 ans, élu avec 50,26% des voix, s’est efforcé lundi matin de balayer les peurs des habitants qui n’ont pas voté pour lui, tout en enchaînant les interviews en face de l’Hôtel de ville.

BRIOIS S’EFFORCE DE RASSURER

Au Café de La Paix, Robert, 60 ans, retraité de la fonction publique, dit avoir très peur pour l’avenir d’Hénin-Beaumont, redoutant que personne “ne vienne investir dans une ville FN”.

“Je vis dans une ville qui va être connue uniquement parce que des extrémistes la dirigent. Quand je pense à l’histoire (de la ville minière), à mes parents, grands-parents... Heureusement qu’ils ne voient pas cela !”, s’exclame-t-il.

“L’Etat sera obligé de travailler avec nous, et tout le monde verra ce que nous ferons, et nous ferons les choses proprement”, rétorque Steeve Briois.

Il a déjà annoncé qu’il remplacerait le directeur général des services de la mairie mais qu’il dirigerait la ville “en respectant l’opposition”.

Au menu de la journée du futur maire, une visite de la mairie le matin, une rencontre avec ses colistiers, puis dans l’après-midi avec le maire PS sortant Eugène Binaisse pour fixer le conseil municipal d’élection probablement samedi prochain.

Non loin, la radio locale organise un débat sur le thème “le FN est-il maintenant un parti comme un autre ?”.

A l’autre bout de la France, à Marseille, le candidat FN Stéphane Ravier a lui aussi créé la surprise en arrivant en deuxième position avec 23,16% des suffrages exprimés, derrière le maire UMP sortant, Jean-Claude Gaudin (37,60%), mais devant le socialiste Patrick Mennucci troisième (20,77%).

“J’avais annoncé un tremblement de terre marseillais, il est arrivé. C’est une grande satisfaction d’être devant le candidat du pouvoir”, dit-il à Reuters.

Arrivé en tête dans le VIIe secteur des quartiers Nord détenu par le PS, Stéphane Ravier espère remporter cette mairie de secteur dimanche prochain, ce qui serait une première.

Autre signe de sa poussée dans le Sud-Est, le FN peut prétendre à la victoire finale dimanche prochain à Tarascon (Bouches-du-Rhône), où Valérie Laupies devance avec 39% le sortant divers droite Lucien Limousin qui plafonne à 34%.

avec Gérard Bon Sophie Louet et Emmanuel Jarry à Paris, François Rosnoblet à Marseille, édité par Yves Clarisse

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