March 24, 2014 / 10:54 AM / in 4 years

Marseille, le symbole de l'échec du Parti socialiste

MARSEILLE (Reuters) - Marseille devait être pour le Parti socialiste l’arbre qui allait cacher la forêt de la défaite aux élections municipales.

Patrick Mennucci, candidat socialiste à la mairie de Marseille, après s'être adressé à ses sympathoisants au soir du premier tour des élections municipales. Contrairement aux sondages, Patrick Mennucci est arrivé très loin du maire UMP sortant, Jean-Claude Gaudin, avec 20,77% des suffrages, contre 37,64%, et même derrière le candidat du Front national Stéphane Ravier (23,16%). Son échec apparaît comme le symbole de celui du PS à l'échelle nationale. /Photo prise le 23 mars 2014/REUTERS/Jean-Paul Pélissier

Les résultats du premier tour du scrutin ont fait de la deuxième ville de France le symbole d’un échec national qui pourrait prendre des allures de déroute au soir du second tour.

Le PS, qui détenait quatre des huit secteurs de la ville, pourrait n’en conserver qu’un seul, celui de Samia Ghali, candidate malheureuse à la primaire socialiste pour la mairie, dans les quartiers Nord de la ville.

Patrick Mennucci, pourtant légitimé par le scrutin interne d’octobre dernier, arrive en effet troisième avec 20,77% des voix, très loin derrière la maire UMP sortant Jean-Claude Gaudin (37,64%), mais surtout derrière le FN Stéphane Ravier, qui obtient 23,16% des suffrages exprimés.

Pire encore pour le candidat socialiste, il est devancé de près de 12 points dans son propre premier secteur par l’UMP Dominique Tian.

Dans le IIIe secteur annoncé comme celui qui pouvait faire basculer l’élection, la ministre déléguée aux Personnes handicapées, Marie-Arlette Carlotti, est également nettement distancée par le sortant UMP Bruno Gilles qui affiche 15 points d’avance après le premier tour.

Les candidats du PS arrivent également en troisième position derrière l’UMP et le FN dans les VIe et VIIe secteur.

Ce VIIe secteur, traditionnellement acquis à la gauche, est d’ailleurs ouvertement convoité par le FN Stéphane Ravier qui y est arrivé en tête avec 32,88%.

LE PS N’Y CROIT PLUS

Alors que le PS s’était allié avant le premier tour avec les écologistes, la gauche marseillaise est apparue divisée avec un Front de Gauche qui recueille 7,1% et les listes citoyennes de l’ancien président de l’OM Pape Diouf qui dépasse les 5%.

Patrick Mennucci a lancé dès dimanche soir un appel au rassemblement avec ces deux listes.

“Les hommes et les femmes de progrès, la société civile et tous les Républicains doivent impérativement réunir leurs forces pour rouvrir l’espoir du changement à Marseille dimanche prochain”, a-t-il déclaré.

Mais son ancienne rivale pour la primaire socialiste, Samia Ghali, n’a pas caché que, pour elle, les jeux étaient faits.

Si l’UMP marseillaise se refuse à tout triomphalisme, sa victoire pourrait pourtant être historique dimanche prochain.

“Une élection n’est jamais pliée, mais nous sommes dans des conditions très favorables”, a déclaré à Reuters Bruno Gilles, l’adversaire de Marie-Arlette Carlotti. “On peut se retrouver avec un scénario quasi catastrophique pour la gauche marseillaise, avec six secteurs pour la droite, un pour le FN et un seul pour le PS.”

Marseille était pourtant l’une des priorités du gouvernement et du PS qui pensaient pouvoir faire basculer la ville après 19 ans de gestion de l’UMP Jean-Claude Gaudin.

François Hollande a reçu a plusieurs reprises à l’Elysée des élus marseillais, notamment les centristes et Pape Diouf.

Plusieurs ministres, dont celui de l’Intérieur Manuel Valls, étaient venus apporter leur soutien à Patrick Mennucci, un soutien dénoncé par Jean-Claude Gaudin.

“Le score de M. Mennucci a une saveur un peu particulière”, a dit Jean-Claude Gaudin à l’issue du premier tour. “Il est désavoué et désavoue en même temps le gouvernement qui a tout fait pour le soutenir. Même le président de la République l’a aidé à constituer sa liste. C’est un échec !”

Stéphane Ravier, le candidat FN, souligne lui aussi “l’échec cinglant du candidat du gouvernement”.

Avec seulement 53,53% de participation, l’abstention a été l’une des clefs de ce premier tour et a principalement concerné l’électorat de gauche. 

Edité par Yves Clarisse

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