March 23, 2014 / 8:25 PM / 4 years ago

Le FN prend Hénin-Beaumont et espère d'autres victoires

par Emmanuel Jarry

Le candidat Front national Steeve Briois a remporté dimanche dès le premier tour l'élection municipale à Hénin-Beaumont avec 50,26% des voix, devant le maire sortant Eugène Binaisse (divers gauche) 32,04% selon les résultats officiels annoncés en mairie. /Photo prise le 23 mars 2014/REUTERS/Pascal Rossignol

PARIS (Reuters) - Le Front national a conquis dimanche la ville d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) dès le premier tour des élections municipales et s’impose comme un acteur clef du second tour avec d’autres gains potentiels en perspective et nombre de triangulaires.

La liste du secrétaire général du FN, Steeve Briois, a rallié 50,26% des voix, loin devant le maire sortant divers gauche Eugène Binaisse (32,04%), dans cette ville de 27.000 habitants où le taux de chômage est proche de 18%.

Si la présidente du FN, Marine Le Pen, a fait d’Hénin-Beaumont, qui avait déjà failli tomber dans son escarcelle en 2009, un symbole de sa politique de conquête électorale, les estimations pour Marseille sont tout aussi spectaculaires.

Selon des résultats partiels, le FN devance dans la deuxième ville de France la liste du socialiste Patrick Mennucci, avec 22% des suffrages contre 21%, laissant le maire UMP actuel, Jean-Claude Gaudin, caracoler en tête avec 38% des voix.

“Ce premier tour a été marqué par un taux élevé d’abstention en particulier en milieu urbain, et par une progression du Front national”, ne pouvait que reconnaître dans la soirée le Premier ministre socialiste, Jean-Marc Ayrault.

“C’est une alerte pour la gauche toute entière”, a pour sa part déclaré le secrétaire national du Parti communiste, Pierre Laurent, co-leader du Front de gauche avec Jean-Luc Mélenchon.

Le gouvernement a d’ores et déjà perdu son pari d’empêcher le FN de conquérir la moindre ville et en est réduit à multiplier les appels au “front républicain” pour limiter les dégâts au second tour, dimanche prochain.

Des appels auxquels les dirigeants de l’UMP ont opposé une fin de non recevoir, fidèles à leur position “ni FN, ni PS”.

Dans ce contexte, le FN, qui a présenté 596 listes, soit 21.700 candidats, chiffre record pour le parti de Marine Le Pen, est en passe de prendre sa revanche des municipales de 2001 et 2008, lors desquelles il avait été très discret.

Il pourrait même faire mieux en nombre de victoires qu’en 1995, sa meilleure année électorale hors présidentielles - il avait alors conquis Toulon, Marignane et Orange.

“CRU ASSEZ EXCEPTIONNEL”

A Béziers, dans l’Hérault, le candidat du FN, l’ex-président de Reporters sans frontières Robert Ménard, a recueilli 44,70% des suffrages, loin devant son adversaire de droite.

A Saint-Gilles, dans le Gard, c’est la liste de l’avocat Gilbert Collard qui est en tête avec 42,36% des voix.

Le parti de Marine Le Pen est aussi en tête à Fréjus (Var), avec plus de 40% des suffrages, Perpignan (Pyrénées orientales) avec 34,2% des voix ou Forbach (Moselle), où la liste du vice-président du FN, Florian Philippot, était créditée de 35,75% des voix contre 33% au maire sortant socialiste, ainsi qu’à Digne (Alpes de Haute-Provence) et à Avignon (Vaucluse).

Dans nombre d’autres villes, ses listes sont en position de se maintenir au second tour, dimanche prochain, et de troubler le jeu entre la gauche et l’opposition UMP-UDI, comme à Reims, Villeneuve-sur-Lot, Mulhouse, Châlons-en-Champagne ou Carmaux.

“La règle est que nous nous maintiendrons, il peut y avoir une ou deux exceptions”, a déclaré Marine Le Pen sur France 2, laissant entendre qu’il pourrait y avoir ici où là, au niveau local, des tractations avec des responsables de l’UMP.

“C’est la fin de la bipolarisation de la vie politique française, le Front national arrive comme une grande force autonome, une grande force politique, plus seulement nationale, mais également locale”, a-t-elle estimé sur TF1. “Le Front national s’implante comme il voulait le faire, et il s’implante avec un cru assez exceptionnel.”

Le FN bénéficie de l’impopularité du gouvernement et du président François Hollande et des “affaires” à répétition dans lesquelles, à droite, l’UMP reste empêtrée.

Avant le premier tour, ses dirigeants disaient miser sur un vote sanction, dix à 15 victoires et l’élection d’un millier de conseillers municipaux.

Avec Pierre Savary à Lille et Service France, édité par Yves Clarisse

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