March 21, 2014 / 11:55 AM / 4 years ago

L'UE et l'Ukraine resserrent leurs liens face à Moscou

par Julien Ponthus

Le Premier ministre ukrainien par intérim, Arseni Iatseniouk, à Bruxelles. L'Union européenne et l'Ukraine ont signé vendredi le volet politique de leur accord d'association, un texte dont l'ambition est de sceller l'ancrage européen d'un pays dont la confrontation avec la Russie a des relents de Guerre froide. /Photo prise le 21 mars 2014/REUTERS/Yves Herman

BRUXELLES (Reuters) - L’Union européenne et l’Ukraine ont signé vendredi le volet politique de leur accord d’association, un texte dont l’ambition est de sceller l’ancrage européen d’un pays dont la confrontation avec la Russie a des relents de Guerre froide.

“C’est une journée historique pour mon pays et je suis convaincu que c’est une journée historique pour l’Union européenne tout entière”, a déclaré le Premier ministre ukrainien par intérim lors d’une cérémonie à Bruxelles.

“Nous voulons faire partie de la famille européenne et c’est une première étape pour que l’Ukraine parvienne à son but ultime, une adhésion pleine et entière”, a ajouté Arseni Iatseniouk, même si pour de nombreux dirigeants européens une adhésion, même à moyen terme, n’est pas encore d’actualité.

Le dirigeant ukrainien s’est réjoui de la suppression des droits de douanes européens, une disposition qui doit donner une bouffée d’air aux entreprises ukrainiennes en leur donnant accès à un marché de 500 millions de consommateurs.

Arseni Iatseniouk a mis à profit la tribune qui lui était offerte devant les dirigeants européens réunis au sommet pour mettre en garde l’Union sur le danger que constitue selon lui la politique étrangère du président russe Valdimir Poutine.

“Dieu seul sait quelle est la destination finale, est-ce l’Ukraine? Est-ce l’Union européenne?”, a-t-il dit, accusant Moscou de remettre en cause les frontières issues de la Seconde Guerre mondiale et de vouloir imposer un nouvel ordre “post-Guerre froide”.

Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a aussi salué une signature très symbolique.

“En novembre dernier, le refus de signer l’accord d’association avec l’Union européenne a donné lieu à une révolte populaire et un changement de direction politique et culturel”, a-t-il dit en référence à la chute de Viktor Ianoukovitch.

“Nous rendons hommage à ceux qui ont donné leur vie pour la liberté”, a dit l’ancien Premier ministre belge.

“DERNIER RESSORT”

Réunis pour leur sommet de printemps, les dirigeants des Vingt-Huit ont élargi leur “liste noire” des personnalités impliquées dans l’annexion de la Crimée mais sont resté un cran en deçà des sanctions annoncées par les Etats-Unis afin de ne pas compromettre la “désescalade” avec Moscou.

Ils se sont aussi accordés pour demander à la Commission de se pencher sur la délicate question d’éventuelles sanctions économiques et commerciales contre la Russie en cas d’aggravation de la crise.

La difficulté pour les Vingt-Huit, qui ont annulé le sommet bilatéral Russie-UE prévu en juin à Sotchi, tient à l’obligation qui leur est faite de se prononcer à l’unanimité.

Or, de la Finlande, qui partage 1.300 km de frontière et un passé conflictuel avec la Russie, à Chypre, dont le système bancaire dépend fortement des Russes, chaque Etat membre ou presque a des raisons de craindre pour ses propres intérêts.

Selon le Premier ministre belge, Elio di Rupo, de telles sanctions ne seraient de toute façon envisagées qu’en “dernier ressort”, car la volonté des Européens est d’éviter de braquer Moscou et de favoriser une sorte de crise politique.

L’Union s’est d’ailleurs largement résignée à ne pas exiger de la Russie qu’elle renonce à l’annexion de la Crimée.

“Nous savons tous qu’ils ne vont pas se retirer de la Crimée”, a admis Elio Di Rupo à son arrivé au Conseil.

L’objectif des Européens, a dit le socialiste belge, reste de circonscrire la crise et que la Russie n’intervienne pas à l’est de l’Ukraine, où vivent de nombreux russophones.

“Nous demandons (à la Russie) d’en rester là pour que nous puissions trouver une solution dans les semaines qui viennent”, a-t-il dit.

Avec Adrian Croft et Tangi Salaün pour le service français, édité par Yves Clarisse

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