March 20, 2014 / 3:29 PM / 4 years ago

L'exécutif français suspendu aux résultats des municipales

PARIS (Reuters) - “Confiants mais prudents” : telle est la formule consacrée dans l’entourage du Premier ministre à quelques jours des élections municipales, premier test depuis le début d’un quinquennat de François Hollande entamé dans la douleur.

Vue du palais de l'Elysée. Le pouvoir exécutif est suspendu aux résultats des élecitons municipales des 23 et 30 mars. "Confiants mais prudents" : telle est la formule consacrée dans l'entourage du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, à quelques jours de ce premier test électoral depuis le début du quinquennat de François Hollande. /Photo d'archives/REUTERS/Christian Hartmann

Malgré leurs faibles cotes de popularité, chef de l’Etat et chef du gouvernement espèrent que les dégâts resteront limités pour les socialistes dans un scrutin aux enjeux locaux par définition.

En recevant les agences de presse mardi dans son bureau, Jean-Marc Ayrault affichait une sérénité circonspecte, se félicitant de la mobilisation du PS dans la campagne tout en s’inquiétant de deux inconnues déterminantes : le niveau d’abstention et le score du Front national.

“Je suis très prudent. Mon sentiment, c’est que les Français veulent que ce soit d’abord une élection locale. C’est logique : c’est quand même le choix pour six ans d’un maire et d’une équipe municipale”, analysait-il à cinq jours du scrutin.

“Après, je ne dis pas qu’il y aura aucun électeur qui ne donnera pas son sentiment, son désappointement, son mécontentement par rapport à la politique nationale”.

Dans un entretien à radio J diffusé jeudi, le Premier ministre appelle la droite à tout faire pour éviter l’élection de maires Front national, un appel implicite au “front républicain” rejeté par l’UMP.

“MAUVAISE HUMEUR”

En attendant le verdict des urnes, l’exécutif prend le pouls grâce aux sondeurs et aux remontées du terrain.

“Dans le porte-à-porte, les gens disent : ‘Je ne suis pas content de Hollande et de la politique du gouvernement mais en même temps je ne vais pas me tromper de vote quand même’”, veut croire Jean-Marc Ayrault.

Pour le Premier ministre, “la manifestation de mauvaise humeur, c’est l’abstention et ceux qui peuvent être tentés par l’extrême droite”.

L’UMP, elle, “n’attire pas”, affirme celui qui aime étriller l’opposition lors des questions d’actualité à l’Assemblée nationale, où il dirigea longtemps le groupe socialiste.

L’abstention, annoncée par certains sondages en hausse de 10 points par rapport à 2008, inquiète aussi l’Elysée.

“Les élections, ça se joue sur la mobilisation. Et là, ce n’est pas de très bon augure”, dit un membre de l’entourage présidentiel. “C’est terrible d’avoir le FN en position d’arbitre”.

Sur les conséquences du scrutin pour le gouvernement, les spéculations vont bon train, même si le maintien de Jean-Marc Ayrault à la tête d’une équipe réduite désignée courant avril constitue le scénario le plus souvent prédit.

AYRAULT SE PROJETTE DANS L’AVENIR

Sur son avenir à Matignon, l’ancien maire de Nantes reste muet, tout en se projetant dans l’avenir.

En annonçant, par exemple, un meeting “en avril, dans le Grand Ouest” avec le candidat socialiste à la Commission européenne, Martin Schultz, dans le cadre de la campagne des élections européennes du 25 mai.

En cette année “charnière” sur le plan économique, Jean-Marc Ayrault appelle à “mettre le turbo” et s’affiche en grand ordonnateur du “Pacte de responsabilité” voulu par François Hollande, présenté en avril.

Nombre de ministres parient sur son maintien à la tête du gouvernement “resserré” qu’il appelle lui-même de ses voeux.

“Jean-Marc Ayrault a mis en place tout qui est extrêmement difficile, ça devrait devenir plus simple maintenant”, dit un ministre expérimenté.

“Gouvernement resserré ou pas, peu importe, c’est la politique qu’on mène qui compte. Cela dit, moins de ministres et des secrétaires d’Etat, ça peut être important pour une cohésion d’équipe. On a perdu du temps au début car on ne se connaissait pas”, ajoute-t-il.

Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’institut de sondages Ifop, estime que la proximité des élections européennes de mai pourrait jouer un rôle.

“Le remaniement étant un fusil à un ou deux coups, on peut penser que le président de la République, avec une bonne résistance de la gauche, quelques victoires de la gauche, pourrait attendre les élections européennes ou procéder à un remaniement technique”, a-t-il dit à Reuters.

Un autre membre du gouvernement montre des signes d’impatience.

“L’ambiance est particulière, on serre les dents”, dit-il. “J’essaie de ne pas me laisser perturber, j’ai une feuille de route, je la déroule, je regarde devant, je ne lâche pas”.

“Ce qui est compliqué, c’est l’extérieur, les affaires nationales successives, nos interlocuteurs qui se demandent si on sera encore là dans un mois. Ce serait bien que cet épisode-là ne s’éternise pas”, ajoute-t-il.

Le président de la République aura le dernier mot. Et bien malin qui peut deviner ce qu’il prépare, rappelle une ministre.

“S’il y en a un dont je ne sais pas ce qu’il pense et qui cache son jeu, c’est bien François Hollande”, dit-elle.

Avec Julien Ponthus et Pauline Mével, édité par Yves Clarisse

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